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Le père Arthur plante symboliquement une croix dans le campement de Roms de Croix pour "toucher le coeur des élus"

Le père Arthur, un prêtre lillois qui vient en aide aux Roms, a symboliquement apporté jeudi une croix dans le campement de Croix (Nord), partiellement évacué la veille, pour dénoncer les multiples expulsions et "toucher le coeur" des élus.
Ces expulsions, "c'est un rouleau compresseur. On ne comprend pas. Mais ils ont quoi dans leur coeur ?", a déclaré Arthur Hervet, se disant "excédé" après les évacuations des campements de Lille-sud, de Roubaix, et celle partielle de Croix mercredi matin.

Ils ont besoin d'aller à l'école, de manger, de sourire.


"Nous n'avons plus que la croix aujourd'hui. J'ai apporté cette croix dans la ville de Croix, nous allons l'entourer et faire une prière. (...) Au nom du pape
François, au nom de toute l'Eglise, nous ne pouvons pas accepter cela, que les enfants ne soient pas pris en compte. Ils ont besoin d'aller à l'école, de manger, de sourire
", a-t-il poursuivi, entouré d'enfants.


C'est aberrant, il n'y a plus que Dieu qui peut nous écouter.


"Il faut que nos gouvernants nous écoutent, il faut qu'ils nous écoutent. Seigneur, touche le coeur de nos dirigeants", a-t-il exhorté, avant de prier, accompagné de la quinzaine de familles Roms encore présentes sur le terrain, quasiment vidé et rendu boueux par la pluie. "Je ne comprends pas, j'ai de la violence dans mon coeur. J'ai l'impression qu'il peut se passer n'importe quoi (...), c'est une population qui se laisse trop faire, qui est pacifique, qui ne demande qu'une chose, pouvoir venir en France et vivre en France, scolariser les enfants (...). C'est aberrant, il n'y a plus que Dieu qui peut nous écouter", s'est exclamé le père Arthur.

"Seigneur, viens changer la parole des élus, pour qu'ils arrêtent de se disputer, et qu'ils aient une position commune afin que cette population ne soit pas toujours marginalisée, chassée, exclue de notre société et qu'enfin ces 15.000 hommes qui sont en France soient intégrés", a également prié Jacques Moynot, père franciscain et aumônier des Roms.

"On ferme un bidonville, on en ouvre un autre", a déploré Bruno Mattéi, du collectif Solidarité Roms, qui devait "déchirer page par page" la circulaire interministérielle d'août 2012 encadrant les évacuations de bidonvilles pour dénoncer un "chiffon de papier" et réclamer son application.

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