Cet article date de plus de 7 ans

Le Nord-Pas de Calais moins touché par l'effondrement de la production automobile ?

La production des groupes automobiles français a encore reculé dans l'Hexagone en 2013, tombant au plus bas depuis le milieu des années 1990, mais elle devrait légèrement remonter cette année. Le site de Maubeuge, à contre-courant, lui tient le choc.
1,45 million de voitures et de véhicules utilitaires légers sont sortis l'an dernier des usines françaises de PSA Peugeot Citroën et de Renault, soit 12,2% de moins qu'en 2012, selon des chiffres publiés mercredi par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). En y ajoutant Smart, filiale de l'allemand Daimler implantée en Moselle, et le japonais Toyota dans le Nord, la production sur le sol français s'est montée à 1,74 million d'unités, précise le CCFA qui ne donne pas de comparaison pour 2012.

La production nationale a ainsi atteint son plus bas niveau depuis les années 1996-97, selon le CCFA. La France, qui occupait traditionnellement en Europe la deuxième marche du podium derrière l'Allemagne, a aussi rétrogradé derrière l'Espagne et est talonnée par la Grande-Bretagne. PSA Peugeot Citroën, a subi une chute plus forte que Renault: elle a atteint 15,7% contre 5% pour la marque au losange sur l'année. "La fermeture d'Aulnay compte pour les deux-tiers de la baisse de la production chez PSA", explique Denis Schemoul, analyste chez IHS Automotive, en référence à la fermeture de ce site en région parisienne.

La production du site de Rennes, touché par un plan de restructuration plus large des activités du groupe, a reculé d'un tiers, celle de Sochaux a reculé de 9%, tandis qu'elle est stable ou en légère hausse à Poissy et Mulhouse, selon l'analyste. Les usines de Renault n'ont pas non plus connu les mêmes cadences: celles de Flins et de Dieppe ont été dopées par le succès de la citadine Clio IV, la production de Maubeuge (qui fabrique des utilitaires) a légèrement
progressé, tandis que celle des autres sites est en baisse, a encore précisé M. Schemoul.

Reprise en 2014

La différence entre les deux constructeurs s'explique aussi par le fait que "PSA est plus présent que Renault dans les pays d'Europe du Sud" où les marchés automobiles sont à la peine depuis plusieurs années. Après avoir chuté durant les trois premiers trimestres de l'année, le nombre de voitures particulières et de véhicules utilitaires légers sortis des usines françaises de PSA et de Renault s'est redressé de 8,6% sur un an au quatrième trimestre, à 385.710 véhicules.

M. Schemoul table sur une légère reprise de la production automobile française cette année, de 3%, dans la foulée du redressement des ventes sur le Vieux continent. Renault table ainsi sur un petit plus de 1% au niveau des immatriculations de voitures neuves. "On a touché le fond en 2013", estime-t-il.

PSA comme Renault se sont d'ailleurs engagés à augmenter leurs volumes de fabrication en France. Le premier a promis de ne pas fermer d'usine supplémentaire dans l'Hexagone d'ici 2016 et à faire sortir environ un million de véhicules de ses lignes d'assemblage, en échange des efforts consentis par ses salariés dans le cadre d'un nouveau plan social conclu l'an dernier. Il fabriquera aussi un modèle Opel pour son partenaire américain General Motors à Sochaux à partir de cette date. Il réfléchit en revanche à supprimer une ligne de montage à Mulhouse et une autre
à Poissy.

La marque au losange, qui a aussi conclu un accord avec ses syndicats, espère de son côté monter à 710.000 unités par an à la même échéance. Elle  va profiter de ses partenariats avec Daimler, pour qui elle produit déjà des utilitaires en France, et avec le japonais Nissan qui a choisi Flins dans les Yvelines pour assembler sa citadine Micra à partir de 2016.

En dehors de France, la tendance est plus positive pour les deux groupes. La production de PSA a augmenté de 5,4% en 2013 et celle de Renault (en incluant Dacia et Renault Samsung Motors) de 7,8%. Résultat, la production mondiale de PSA a glissé de 2,7%, tandis que celle de Renault a progressé de 5,3%.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
automobile économie