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Ecosse: les partisans de l'indépendance pour la première fois en tête dans les sondages

© ANDY BUCHANAN / AFP
© ANDY BUCHANAN / AFP

Les partisans de l'indépendance de l'Ecosse sont pour la première fois en tête dans un sondage publié dimanche, un coup de tonnerre, à onze jours du référendum, pour le camp du non qui doit désormais mettre les bouchées double.

Par YF avec AFP

Selon ce sondage YouGov/Sunday Times, le oui remporte 47% (+5 points) d'opinions favorables contre 45% (-3) pour les partisans du maintien de l'Ecosse au sein du Royaume-Uni, 6% restant encore indécis et 1% annonçant ne pas vouloir voter. "L'Ecosse est confrontée à un choix très très important. Si les gens pensaient pouvoir rester chez eux et ne pas avoir besoin d'aller voter non pour éviter la séparation, ils ne peuvent plus le penser aujourd'hui", a déclaré dimanche matin sur la BBC le ministre conservateur des Finances George Osborne. "Nous n'allons pas partager la livre avec une Ecosse séparée du reste du Royaume-Uni", a-t-il ensuite menacé, reprenant l'argument-clé brandi depuis des mois par Londres.

L'ancien ministre des Finances Alistair Darling, directeur de la campagne "Better Together" ("Mieux Ensemble"), a également reconnu que ce dernier sondage annonçait un référendum "très serré". Les partisans du maintien au sein du Royaume-Uni s'apprêtent à présenter leur dernier va-tout en détaillant de nouveaux transferts de pouvoir au Parlement écossais. "Vous allez voir dans les prochains jours un plan d'action pour donner plus de pouvoirs à l'Ecosse. Plus de pouvoirs fiscaux, plus de pouvoirs sur les dépenses (publiques), davantage de propositions pour des pouvoirs portant sur le système de protection sociale", a fait valoir le ministre des Finances. 

 

Des promesses raillées par le camp du oui. La numéro deux du Parti national écossais (SNP) Nicola Sturgeon a ainsi accusé "la campagne du non de prendre les Ecossais pour des imbéciles". S'ils "avaient sérieusement l'intention de fournir de nouveaux pouvoirs importants à l'Ecosse, alors pourquoi attendre jusqu'à 10 jours avant le scrutin et un sondage donnant le oui en tête pour le proposer ?", a-t-elle demandé. Le Premier ministre écossais et leader des indépendantistes Alex Salmond a qualifié ces propositions de "mesure désespérée" alors "que des centaines de milliers d'Ecossais ont déjà voté par la poste".

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David Cameron sur la sellette


Néanmoins, le camp du oui s'est bien gardé de crier victoire d'autant qu'un autre sondage, Panelbase, qu'il avait lui-même commandé, donne le non en tête (48%) devant le oui (44%) et 8% d'indécis. Jugeant ces résultats "extrêmement positifs et encourageants", Nicola Sturgeon a annoncé que le camp du oui allait s'attacher à convaincre ces prochains jours les personnes âgées du bien fondé de l'indépendance. L'enquête d'opinion YouGov/Sunday Times montre en effet que le oui est majoritaire chez les 16-59 ans et que seuls les 60 ans et plus plébiscitent le maintien dans l'union avec Londres à 59%.

Cette avance de deux points du camp de l'indépendance, si elle n'est pas une garantie de victoire puisqu'elle entre dans la marge d'erreur de 3% reconnue par le sondage, renforce d'une manière spectaculaire le suspense autour de ce référendum d'autodétermination, en donnant des chances sérieuses au SNP du Premier ministre écossais Alex Salmond d'entrer dans l'histoire. Elle met également une pression accrue sur les épaules du Premier ministre britannique David Cameron qui a répété la semaine dernière ne pas vouloir démissionner en cas de victoire du oui. "Ca ne porte pas sur l'avenir du gouvernement britannique à Westminster. Ni sur mon avenir ou celui de David Cameron ou de quiconque", a été contraint de rappeler à nouveau Georges Osborne dimanche. Le Sunday Times a également rapporté que la reine Elizabeth II "s'intéressait de très près" au référendum et avait demandé qu'on la tienne au courant quotidiennement.

Trois questions clés autour du référendum écossais

Le pétrole. La découverte de gisements dans la Mer du Nord, au large des côtes écossaises, à la fin des années 70, a donné davantage d'assises aux revendications indépendantistes. Selon le gouvernement britannique, les ressources restantes pourraient se chiffrer entre 11 et 21 milliards de barils équivalent pétrole (bep), mais le gouvernement écossais préfère reprendre les estimations, plus optimistes, de la fédération du secteur Oil & Gas UK, qui table sur 15 à 24 milliards de bep. La valeur des réserves est ainsi évaluée par les autorités écossaises à un maximum de 1.500 milliards de livres. Les patrons des géants du pétrole BP et Shell ont ouvertement plaidé pour l'union, alors que les indépendantistes comptent bien sur les réserves pétrolières de la mer du Nord, malgré leur déclin, pour assurer la prospérité du nouveau pays.

La monnaie. Si l'Ecosse devient indépendante, quelle monnaie utilisera-t-elle ? Les indépendantistes aimeraient conserver la Livre Sterling, mais les Britanniques ne l'entendent pas de cette oreille. Les Ecossais créeront-ils du coup leur propre monnaie ou se rapprocheront-ils de la zone euro ? Le président du géant bancaire britannique HSBC a d'ores et déjà prévenu que les incertitudes liées à la politique monétaire pourraient entraîner une "fuite des capitaux" d'Écosse, si cette région se prononçait pour l'indépendance.

L'Union Européenne. Une Ecosse indépendante sera-t-elle de fait membre de l'Union Européenne ? A priori non. Elle devra, comme certains pays d'Europe de l'Est, se porter candidate à l'adhésion, ce qui prendra un certain temps. L'emblématique secteur du scotch whisky s'inquiète : le géant des alcools Diageo, qui fabrique le célèbre Johnnie Walker aussi bien que des single malt prisés comme le Lagavulin et le Talisker, se demande ce qu'il adviendra entre autres de l'accès au marché unique européen et du soutien aux exportations actuellement assuré par le Royaume-Uni. Les dirigeants européens se sont bien gardés jusqu'ici d'apporter leur soutien au "oui" écossais. Et pour cause. L'indépendance des Ecossais pourrait encourager les revendications des Catalans en Espagne ou celle des Flamands en Belgique, et menacer l'unité de certains pays membres.

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