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Souchez, ville martyre de la Grande guerre

Ce qu'il reste de Souchez en 1918 après quatre ans de combats et de pilonnage d'obus
Ce qu'il reste de Souchez en 1918 après quatre ans de combats et de pilonnage d'obus

En mai 2015, Souchez accueillera un centre d'interprétation de la Première guerre mondiale. Un hommage posthume à cette ville martyre de la Première guerre mondiale, située entre les collines de Lorette et de Vimy. 

Par @F3nord

Souchez est une rescapée. Située entre les collines de Vimy et de Lorette, cette petite ville de de 2500 habitants aujourd'hui a failli être rayée de la carte en 1918. Un village anéanti, un tas de ruine dont le seul vestige est un bout de croix en grès, un bloc de pierre qui a résisté à quatre ans de combats d'une violence inouïe. 

Dès l'automne 1914, les Allemands vont en faire une forteresse imprenable. En mai 1915,lors de la deuxième bataille de l'Artois, les alliés voudront s'en emparer. On se battra jusque dans le cimetière.

Souchez n'est plus qu'une dégoûtante bouillie de bois, de pierres, d'ossements, concassés et pétris dans la boue.


Dans son livre "Un hiver à Souchez ( 1915-1916 )", écrit en 1917, le journaliste Jean Galtier-Boissière raconte : 
« Le paysage est si hideux, si hors nature que je me demande si je ne rêve pas : c'est une vision d'infernal cauchemar, le lugubre décor de quelque conte fantastique d'Edgar Poë.
Ce ne sont pas des ruines : il n'y a plus de mur, plus de rue, plus de forme. Tout a été pulvérisé, nivelé par le pilon. Souchez n'est plus qu'une dégoûtante bouillie de bois, de pierres, d'ossements, concassés et pétris dans la boue. (...) Quelques flots de ruines émergent seuls de la boue ; néanmoins les obus ennemis s'acharnent à fouiller sans pitié les entrailles du bourg assassiné... »

La reconnaissance posthume de Souchez

"Le secteur de la boue", c'est aussi comme cela que les Poilus avaient surnommé Souchez. Un martyre qui vaudra au village d'être cité à l'ordre de la Nation et de recevoir la Croix de Guerre. Ultime reconnaissance, Souchez accueillera en mai 2015 un centre d'interprétation de la  Première guerre mondiale.

Notre reportage retrace l'histoire tragique du village martyre. 

Souchez, village martyr de la Grande Guerre
Florence Mabille & Patrick Duluc

 

Extrait du chapitre XII du livre d'Henri Barbusse, "Le Feu"

«  Le village a disparu. Jamais je n’ai vu une pareille disparition de village. Ablain-Saint-Nazaire et Carency gardent encore une forme de localité, avec leurs maisons défoncées et tronquées, leurs cours comblées de plâtras et de tuiles. Ici, dans le cadre des arbres massacrés — qui nous entourent, au milieu du brouillard, d’un spectre de décor — plus rien n’a de forme : il n’y a pas même un pan de mur, de grille, de portail, qui soit dressé, et on est étonné de constater qu’à travers l’enchevêtrement de poutres, de pierres et de ferraille, sont des pavés : c’était ici, une rue !

On dirait un terrain vague et sale, marécageux, à proximité d’une ville, et sur lequel celle-ci aurait déversé pendant des années régulièrement, sans laisser de place vide, ses décombres, ses gravats, ses matériaux de démolitions et ses vieux ustensiles : une couche uniforme d’ordures et de débris parmi laquelle on plonge et l’on avance avec beaucoup de difficulté, de lenteur. Le bombardement a tellement modifié les choses qu’il a détourné le cours du ruisseau du moulin et que le ruisseau court au hasard et forme un étang sur les restes de la petite place où il y avait la croix. »

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