Il y a 100 ans, des soldats ennemis fraternisaient : appel à souscription pour ériger un monument en leur mémoire

Cimetière militaire à Neuville-Saint-Vaast / © MaxPPP
Cimetière militaire à Neuville-Saint-Vaast / © MaxPPP

Lors du premier hiver de la Grande Guerre des soldats Allemands et Français ont fraternisé à Noël et quelques jours avant, sur la ligne de front. Un moment de l'histoire sur lequel est revenu Christian Carion, dans son film Joyeux Noël. 

Par @F3nord

Aujourd'hui, le réalisateur est à l'origine d'un nouveau projet : à Neuville-Saint-Vaast, près d’Arras, un monument va être érigé à la mémoire de ses soldats qui ont fraternisé à Noël 1914.

Si la majeure partie du financement est assuré par les collectivités, une contribution de tout un chacun est également bienvenue. A Noël 1914, mais aussi en décembre 1915, des fraternisations entre soldats ont ainsi eu lieu sur la ligne de front. Le 10 décembre 1915 à Neuville, le petit-fils octogénaire d'un poilu a lu, dans les carnets de son grand-père qu'un "déluge" ce jour-là, avait poussé les soldats à sortir des tranchés et à fraterniser. "En 1992, j'ai découvert les fraternisations de Noël 1914, dans le livre d'Yves Buffetaut, Batailles de Flandres et d'Artois (Tallandier, 1992), explique Christian Carion. J'apprends que des soldats français ont applaudi un ténor bavarois le soir de Noël, que d'autres ont joué au football avec les Allemands le lendemain, qu'il y a eu des enterrements en commun dans le no man's land, des messes en latin."

"Le seul monument sur la planète commémorant un acte de paix pendant un conflit"

"Ce fait historique, le réalisateur de Joyeux Noël veut qu'il soit reconnu. D'où l'idée du monument. Il fait écho à un courrier d'un soldat, Louis Barthas, tonnelier dans l'Aude :  « La même communauté de souffrance rapproche les coeurs, fait fondre les haines, naître la sympathie entre gens indifférents et même adversaires. Ceux qui nient cela n'entendent rien à la psychologie humaine. Français et Allemands se regardèrent, virent qu'ils étaient des hommes tous pareils. (...) Peut-être un jour sur ce coin de l'Artois on élèvera un monument pour commémorer cet élan de fraternité entre des hommes qui avaient l'horreur de la guerre et qu'on obligeait à s'entre-tuer malgré leur volonté. »

Extrait du film Joyeux Noël. / ©
Extrait du film Joyeux Noël. / ©
Le projet qui s'établit autour de 700.000 euros peut donc être financé à hauteur de 50 000 euros par les particuliers. Le montant de la participation financière est libre et donne droit à une déduction fiscale des deux tiers. "Au delà des institutions publiques et privées, nous souhaitons profondément que de « simples citoyens » de France, Grande Bretagne, Allemagne et d’ailleurs, puissent participer à la construction d’un monument commémorant un acte « populaire » réprimé par les autorités de l’époque", explique Christian Carion. Si le projet n'est pas mené à son terme, les donateurs particuliers seront remboursés. 

Avec le soutien de Guillaume Canet

Guillaume Canet, acteur du film "Joyeux Noël" de Christian Carion, soutient cette action et a enregistré un message vidéo pour inciter à participer. 
canet

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