Accueil des gens du voyage : le Nord et le Pas-de-Calais à la traîne

© Claudine Crenn / France 3 Champagne-Ardenne
© Claudine Crenn / France 3 Champagne-Ardenne

L'accueil et l'accompagnement des gens du voyage a connu "des progrès" mais ils sont "lents et inégaux" en fonction des régions, a relevé mercredi la Cour des comptes dans son rapport annuel. Le Nord et le Pas de Calais n'ont pas assez de places disponibles.

Par Jeanne Blanquart avec AFP

Depuis octobre 2012, "des progrès réels sont intervenus, mais ils ont été lents et sont de portée inégale", selon la Cour, qui recommande "de poursuivre les efforts constatés en améliorant la connaissance de cette population et de ses problématiques spécifiques".

Le nombre de places dans les aires d'accueil réservées aux gens du voyage a "sensiblement" augmenté, atteignant 26 873 places fin 2015, soit 25% de plus qu'en 2010. Un constat "globalement satisfaisant", pour la Cour des comptes, même s'il existe des disparités entre les régions. 

Pas assez de places

Dans le Nord-Pas de Calais, mais aussi en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, le nombre de places disponibles est en-dessous des objectifs fixés par la loi Besson instituant un schéma d'accueil des gens du voyage et une obligation pour les communes de créer des places de stationnements réservées. Seuls 17 départements ont "totalement rempli leurs obligations".

Par ailleurs, la Cour des comptes souligne que de nombreuses aires sont "peu fréquentées" à cause de leur situation géographique "inadaptée". "Si près de 70% des places prévues pour les aires d'accueil ont été créées, seulement 55 à 60% d'entre elles sont réellement occupées alors même que des stationnements illicites demeurent", a observé la Cour.

Une quasi sédentarisation

Par ailleurs, selon elle, la quasi-sédentarisation de plus en plus de gens du voyage "impose de considérer le développement de l'offre d'habitat comme un but de même importance que l'accompagnement de la mobilité". La Cour cite plusieurs études démontrant un lien "de plus en plus étroit" entre les gens du voyage et leur territoire. En cause, le besoin de scolarisation des enfants, la précarité financière, et l'absence de garantie de retrouver un emplacement ailleurs.

Selon la Cour des comptes, cette situation doit amener à redéfinir "des objectifs d'accueil et d'accompagnement des gens du voyage en prenant notamment en compte le besoin d'un habitat adapté". La Cour préconise également d'assurer au niveau national "la coordination de l'organisation
des grands passages
" avec les associations, la désignation d'un "délégué interministériel pour l'hébergement et l'accès au logement" et d'augmenter le "rôle de coordination" des préfets de région.

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