Agression au CH Dron de Tourcoing : le tribunal juge l'enquête incomplète et renvoie le dossier

Les urgences du CH Dron à Tourcoing. / © MaxPPP
Les urgences du CH Dron à Tourcoing. / © MaxPPP

Le tribunal correctionnel de Lille devait juger ce lundi trois personnes accusées de violences sur des médecins du CH Dron de Tourcoing. Mais il a estimé l'enquête incomplète et a décidé de renvoyer le dossier.

Par YF avec Hélène Tonneillier


Ce sont trois membres d'une même famille qui devaient être jugés ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lille. Une soeur et deux frères : Sourour A., 34 ans, est accusée d’avoir jeté au sol une interne en médecine et maintenu les poignets d'une médecin urgentiste pendant que Hamdi A., 18 ans, lui arrachait une poignée de cheveux ; Sabri A., 36 ans d'avoir donné des coups de poing à un médecin. Ils avaient accompagné leur père aux urgences du Centre Hospitalier Dron, à Tourcoing, la nuit du 15 au 16 octobre, et s'étaient violemment heurtés au personnel médical qui tardait à le prendre en charge, selon eux.


Sabri A. étant actuellement hospitalisé, seuls Sourour A. et Hamdi A. se sont présentés au tribunal ce lundi. A la barre, ils ont nié les violences envers les médecins. Ils accusent au contraire ces derniers de les avoir pris à parti et violentés. Et d'avoir menti... Des propos qui ont fait vivement réagir la procureure, Elsa Gaussin, qui a requis des peines de 6 à 12 mois de prison ferme, deux des prévenus ayant déjà un casier judiciaire.

Des "manques" dans l'enquête

Mais le tribunal a finalement renvoyé le parquet à "mieux se pourvoir", estimant que "ce dossier n'est pas en état d'être jugé" et qu'il y a des "manques dans cette enquête", la défense ayant fait valoir que certains témoins n'avaient pas été entendus (autres membres de la famille présents, vigiles intervenus et reste du personnel médical présent). Le parquet a désormais deux possibilités : soit il demande un complèment d'enquête, soit il renvoie le dossier à un juge d'instruction. L'avocat des prévenus, Me Guillaume Ghestem, avait dénoncé des "pressions politiques" autour du dossier, se référant notamment aux propos tenus ce lundi matin par la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, lors d'un déplacement à Maubeuge. "La violence n'est pas acceptable et j'espère que la condamnation sera non seulement ferme mais exemplaire", avait-elle déclaré.

Marisol Touraine s'exprime à Maubeuge sur les violences au CH Dron

Le Dr Hacene Moussouni, chef du service des urgences au CH Dron, s'est dit "déçu" et déplore "une réponse frustrante" de la justice.

Le personnel du CH Dron réagit à la décision du tribunal

"L'ensemble de l'équipe était en attente d'une décision nette pour passer à autre chose", a-t-il ajouté. La procédure devrait prendre en effet plusieurs mois désormais...

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