À Château-Thierry dans l’Aisne, l'ambition d’une ferme verticale : faire pousser 8 millions de plantes sans terre

La ferme verticale Jungle à Château-Thierry dans l’Aisne fait croître des herbes aromatiques hors terre sous la lumière de LED. Les ambitions de l’entreprise sont claires : produire 8 millions de plantes chaque année et devenir numéro un des fermes verticales maraîchères dans l'Hexagone.

Dans cet entrepôt, l'entreprise Jungle fait pousser des herbes aromatiques et micro-pousses sur des plateaux empilés les uns au-dessus des autres.
Dans cet entrepôt, l'entreprise Jungle fait pousser des herbes aromatiques et micro-pousses sur des plateaux empilés les uns au-dessus des autres. © AFP

Dans un vaste entrepôt d'une zone industrielle de l’Aisne, herbes aromatiques et micro-pousses prospèrent sur des plateaux empilés les uns au-dessus des autres, sous la lumière rosée et violacée des LED horticoles. C’est ce qu’on appelle une ferme verticale et l’entreprise à sa tête se nomme Jungle.

Fondée en 2016 par l'ex-financier Gilles Dreyfus et l'entrepreneur Nicolas Séguy, c’est à Château-Thierry que cette start-up ouvre son premier site.

Une ferme verticale, comment ça marche ?

La ferme de Château-Thierry fonctionne en hydroponie, c'est-à-dire sans terre, les plants poussant sur un substrat et recevant de l'eau chargée en nutriments. Le tout éclairé de LED horticoles, dans une atmosphère chaude et humide. Cette ferme est en réalité bien loin d’être une jungle car rien n’est laissé au hasard. Tous les paramètres sont gérés via des ordinateurs par ces agriculteurs 2.0.

On règle le spectre et l’intensité de la lumière selon la variété de la plante. On reproduit la lumière du soleil. En terme de climat, on gère la température, l’humidité, la circulation de l’air, etc.

Mickaël Mitterrand, responsable de la recherche et développement chez Jungle et chef de culture


Deux "tours" de production, avec des plateaux sur dix mètres de haut, fonctionnent actuellement. Un robot est à la manœuvre pour manipuler les plateaux disposés sur quinze niveaux, les faire monter et descendre et contrôler leur état sanitaire.

Quelles plantes sont produites ?

Dans ses tours, Jungle fait pousser des herbes aromatiques (basilic, persil, coriandre, ciboulette) mais aussi des micro-pousses (moutarde, radis pourpre, shiso rouge, wasabi) et des salades (laitue, roquette).

Un plant de basilic produit chez Jungle.
Un plant de basilic produit chez Jungle. © AFP

Ces produits, qui jouent sur l'ultra-frais, sont destinés à la grande distribution. La société a signé un accord-cadre avec Monoprix et ses herbes sont déjà proposées dans certains magasins parisiens. Jungle négocie aussi avec Intermarché.

"On va répondre aux usages et aux nouveaux besoins des consommateurs avec des plantes sans pesticides, qui ont du goût, qui sont vivantes, qui sont traçables et qui, surtout, sont produites très près de là où elles sont vendues et consommées", vante Gilles Dreyfus. Une façon de limiter l’impact écologique des importations.

Une production annuelle de 8 millions de plantes

Jungle a de grandes ambitions. L’entreprise veut devenir numéro un des fermes verticales maraîchères de France. "D'ici la fin de l'année, on aura dix-neuf tours dans cet entrepôt", vante Mickaël Mitterrand. Sachant qu’une tour peut produire 400 000 plantes par an, une fois toutes les structures montées, la production annuelle sera de 8 millions de plantes.

"On a une productivité extrêmement importante, car on optimise tous les paramètres", souligne Gilles Dreyfus. En pleine terre, vous avez 3 à 5 récoltes maximum de basilic par an. Nous, nous en avons 14". Jungle vient de lever 42 millions d'euros pour prendre son envol. L’entreprise prévoit également d’ouvrir deux autres entrepôts d'ici à fin 2022, dans l'ouest et le sud de la France.

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