• MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • SPORT
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

Saint-Quentin : une pétition contre une algue verte qui prolifère dans le canal

© capture MesOpinions Cochet Laetitia
© capture MesOpinions Cochet Laetitia

Les amoureux de la pêche sont nombreux dans la région, comme la famille Cochet qui s'adonne à sa passion dans le canal de Saint-Quentin dans l'Aisne depuis des années. Elle vient de lancer une pétition pour signaler la présence d'algues vertes qui prolifèrent dans cet espace aquatique. 

Par Halima Najibi

82 pêcheurs ont signé la pétition de Laetitia Cochet adressée à l'Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA). L'objet de leur mécontentement ? La présence d'une algue, le myriophylle héterophylle, dans le canal de Saint-Quentin et ses environs. Pour ces amoureux de la pêche, leur loisir est devenu difficile à pratiquer. Cette plante vivace est capable de se développer à la fois en dessous et au-dessus de la surface de l'eau. Bien qu'elle ne soit pas nocive pour le milieu, son développement lié aux conditions météorologiques empêche les pêcheurs de pratiquer correctement leur passion. 

"A quoi bon prendre sa carte de pêche si on ne peut plus pratiquer"

La famille Cochet, dont la maison est située aux abords du canal de Saint-Quentin dans le petit village de Fontaine-Lès-Clercs, pratique la pêche depuis plusieurs années. Et la passion est partagée par tous ses membres. Le pêcheur raconte : "J'ai 46 ans et je pêche depuis 30 ans, le canal est à 50 mètres de chez moi. Nous payons, pour l'ensemble de la famille, 130 euros pour nos cartes de pêche. Sur le canal, 80% de la surface est impacté par cette algue. Si elle ne gêne pas la navigation fluviale des péniches qui se mettent au milieu, elle a des incidences sur la pratique des sports nautiques, comme la pêche ou même l'aviron ou le canoë kayak. Ça fait comme un tapis au-dessus de l'eau."

Difficile de naviguer ou même pêcher dans ces conditions. "On arrive tant bien que mal à pêcher grâce aux trous créés par l'écluse qui coupe à certains endroits ce tapis vert", poursuit le passionné qui ajoute : "Mais, franchement, vous imaginez une autoroute où il n'y aurait plus qu'une seule voie pour circuler ? Et bien c'est la même chose pour nous. Alors à quoi bon payer une carte de pêche, si la pratique de notre passion est compromise." 

"Tout le monde a conscience du problème mais il n'y a pas de solution"

L'algue invasive a commencé sa prolifération en milieu d'année dernière. La famille Cochet a alerté la Fédération de pêche de l'Aisne, les Voies navigables de France et la mairie de Saint-Quentin. "Mais nos échanges sont restés infructueux", signale le père de famille : "Les deux solutions qui nous ont été données est de pêcher plus loin au niveau du Vieux Port, il y a moins de problèmes liés aux proliférations végétales à cet endroit, en sachant que je n'ai pas de voiture, ou bien de nettoyer l'endroit où l'on pêche par des travaux de bûcheronnage, d'arrachage de la végétation. J'estime que ce n'est pas à moi de faire ce travail."

José Galope, de l’AAPPMA de Saint-Quentin a conscience du problème, "mais la manoeuvre du faucardage par un bateau est assez limitée dans le temps.Un faucardeur ne peut couper que jusqu'à une profondeur de 1m50 environ, de plus il faut ensuite exporter l'algue coupée et cette opération a un coût très important", a-t-il déclaré au pêcheur. Pour rappel il y a quelques années ce dispositif a éte mis en place au niveau du Quai du Vieux-Port pour un coût de 80 000€.  Contaté par téléphone, le président de l'AAPPMA de Saint-Quentin José Galope nous a dit la même chose, "pour l'instant, on n'a pas de solution à ce problème, mais avec VNF on cherche toujours. Il faut un bateau spécial et non un faucardeur pour nettoyer le canal de Saint-Quentin car cette algue va repousser, mais le coût de cette opération est énorme entre 350 000€ à 400 000€".    

Sur le même sujet

Enquêtes de région : “Notre cher patrimoine”

Les + Lus