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Après Paris et Bruxelles, les “gilets jaunes” se mobilisent à Londres (mais pas pour les mêmes raisons)

Les "gilets jaunes" ont défilé à Londres contre l'austérité. / © Tolga AKMEN / AFP
Les "gilets jaunes" ont défilé à Londres contre l'austérité. / © Tolga AKMEN / AFP

A Londres, samedi 12 janvier, deux cortèges de "gilets jaunes" se sont mobilisés... mais leurs revendications étaient diamétralement opposées. Le premier, plutôt à gauche, s'opposait à l'austérité tandis que le second se mobilisait en faveur du Brexit.

Par MD avec AFP

Ils étaient plusieurs centaines à arpenter les rues de la capitale britannique, samedi, et beaucoup étaient vêtus d'un gilet jaune. Dénoncer l'austérité, réclamer des élections générales anticipées : les revendications des manifestants ne sont pas les mêmes de l'autre côté de la Manche, mais le symbole utilisé est semblable.

Le cortège a défilé dans le calme jusqu'à Trafalgar Square, dans le centre-ville, au son de tambours et aux cris dans les mégaphones. "May doit partir", "Le Royaume-Uni est brisé. Élections générales maintenant", "Tories dehors !" : sur les pancartes s'affichaient les slogans des "gilets jaunes" made in London qui demandent, pour beaucoup, le départ des conservateurs, au pouvoir depuis 2010.

"Pour moi, c'est une marche contre l'austérité. Nous avons tout simplement été crucifiés", a déploré Delia Hazrati, une quinquagénaire travaillant dans le secteur de la santé à Whitstable, au sud de l'Angleterre. Elle dit avoir été inspirée par le mouvement français des "gilets jaunes".
 

"Je pense que nous avons très urgemment besoin d'un changement de gouvernement. Le Royaume-Uni tombe en miettes, rien ne fonctionne plus", a insisté Stephen Hamer, 59 ans, un enseignant à la retraite. 

Deux "gilets jaunes" français avaient été invités à participer au rassemblement, organisé par l'organisation classée à gauche "People's Assembly Against Austerity", avec le soutien du parti travailliste d'opposition, de syndicats et d'une organisation contre le racisme.  

"Je pense que le mouvement des « gilets jaunes » en France est le même que celui qui peut se développer en Angleterre, c'est-à-dire les gens en ont marre de la pauvreté, l'injustice sociale, financière", a déclaré l'un d'eux, Erick Simon, 57 ans. Sur son gilet était inscrit le message "Peuple anglais, le jaune vous va bien".
 

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, plusieurs milliers de manifestants se sont mobilisés le même jour. Ils ont, eux, tenus à répondre aux propos polémiques de Macron sur le "sens de l'effort", notamment en "venant le chercher chez lui", au Touquet.

 

Extrême droite


D'un autre côté, des dizaines de militants pro-Brexit, dont certains proches de l'extrême droite, ont également manifesté à Londres, revêtus eux aussi de gilets jaunes. Certains arboraient le drapeau britannique, l'Union Jack. 

La mobilisation de ces "gilets jaunes" était jusque-là restée minime, mais certains groupes ont été vivement critiqués après avoir insulté ou intimidé journalistes et députés aux abords du parlement. Les élus ont commencé, mercredi, à y débattre de l'accord sur le Brexit.
 
Quelques dizaines de "gilets jaunes" ont, eux, manifesté pour le Brexit également à Londres. / © Daniel LEAL-OLIVAS / AFP
Quelques dizaines de "gilets jaunes" ont, eux, manifesté pour le Brexit également à Londres. / © Daniel LEAL-OLIVAS / AFP

Un homme d'une trentaine d'années a été arrêté samedi pour "trouble à l'ordre public", selon la police, après que la députée conservatrice Anna Soubry, favorable à un second référendum, a été traitée de "nazie". Les autorités n'ont pas confirmé qu'il s'agissait de James Goddard, l'une des figures de proue du mouvement, comme l'affirment les médias britanniques.

Ces actes ont été condamnés par le gouvernement et amené plus de 50 députés à écrire une lettre à la patronne de Scotland Yard pour exprimer leur "vive préoccupation face à la détérioration de la situation en matière de sécurité aux abords du parlement".

La semaine dernière, des "gilets jaunes" réunis à Londres ou Manchester avaient repris des slogans de l'English Defence League (EDL), un groupe marginal d'extrême droite affirmant lutter contre la menace islamiste, selon le quotidien The Independant.

 

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