Des associations naturalistes dénoncent des arrêtés de destruction des blaireaux dans la Somme et le Pas-de-Calais

Comme dans le Pas-de-Calais, la préfecture de la Somme renouvelle l'arrêté pour réguler la population de blaireaux sur 10 circonscriptions, à la demande des agriculteurs et des chasseurs. L'espèce n'est pas protégée, au grand dam des associations naturalistes.
© Philippe Clément/MAXPPP
Dans la Somme, la consultation publique pour un projet d'arrêté de destruction de 1500 blaireaux s'est terminée le 6 mai 2019.
Les opérations de tir et de piégeage débutent ce samedi 22 juin pour s'achever le 15 septembre 2019.

Arrêté préfectoral Somme portant sur la régulation du blaireau


Les associations GDEAM-62, LPO 62 et GON Nord Pas de Calais tirent la sonnette d'alarme. Dans un communiqué, elles dénoncent une chasse abusive. 
 

Le Pas de Calais et la Somme visés


Selon elles, "le blaireau d'Europe fait l'objet d'une campagne permanente et massive de destruction dans la Somme". Les chiffres parlent d'eux-même. Déjà en 2018, la destruction de 1500 blaireaux étaient autorisée pour 1349 blaireaux capturés, 1156 en 2016 par piégeage et 153 par tir en 2017. 
Dans le Pas de Calais, le constat est le même. La destruction de 90 blaireaux était autorisée en 2017 pour finalement n'en tuer que 44 par tir et piégeage. Un nouvel arrêté a pourtant autorisé en 2018 un quota de 60 animaux.

Pourquoi les blaireaux sont-ils mal-aimés ?


Les chasseurs considèrent les blaireaux comme des rivaux. Les agriculteurs leur reprochent de causer des dégâts aux cultures de blé, d'avoine, d'orge et surtout de maïs. Ces cultures n'intéressent en fait l'animal que durant quelques semaines par an.
Il est aussi accusé de provoquer des dégâts sous les infrastructures de par ses terriers. Les galeries d'un terrier de blaireau deviennent effectivement un risque pour le matériel agricole en cas d'éboulement. 
À la demande des chasseurs et des agriculteurs, des arrêtés sont donc pris chaque année pour réguler leur population. Piégeage et tir de nuit sont autorisés. Un mode de chasse dénoncé par les défenseurs d'animaux qui voient là une pratique d'un autre âge et contestable en terme de souffrance animale.
 

Le blaireau, une espèce à protéger ?


Pour finir, les 3 associations demandent l'arrêt des mesures exceptionnelles de destruction dans le Pas de Calais et la Somme, et à ce que le blaireau d'Europe soit inscrit sur la liste des espèces protégées. Le traitement d'éventuels problèmes localisés devra rester possible dans le cadre du régime de destruction dérogatoire et spécifique aux espèces protégées.

À noter que le blaireau est protégé dans plusieurs pays dont l'Espagne, la Grande-Bretagne, le Luxembourg, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande et le Portugal.
Il n'est chassable que dans quelques régions d'Autriche et de Bulgarie, en Suisse et en France.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vie associative société