Attentats de Bruxelles : “brisé”, Fayçal Cheffou, confondu à tort comme terroriste, témoigne face caméra

"Je suis un homme brisé, j'ai envie de parler pour expliquer ce qui s'est passé" / © RTBF
"Je suis un homme brisé, j'ai envie de parler pour expliquer ce qui s'est passé" / © RTBF

Fayçal Cheffou, qui avait été inculpé "d'assassinats terroristes" après les attentats de Bruxelles, donne à la RTBF sa première interview à la télévision. Il était soupçonné (à tort) d’être le troisième auteur des attentats de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, avant d'être libéré. 

Par YR

"Je suis un homme brisé". Poursuivi à tort par la justice belge qui le soupçonnait d'avoir participé aux attaques terroristes de mars à Bruxelles, Fayçal Cheffou sort de son silence. La RTBF livre le récit d'un homme qui veut rétablir la vérité auprès de l'opinion. 
"On m'a changé, on m'a détruit, je ne peux plus dormir. Ca tourne sans cesse dans ma tête". Le 24 mars, deux jours après les attentats de Bruxelles, Fayçal Cheffou était arrêté devant le palais de justice belge. "J'ai vu des policiers qui tremblaient me tenir en joue, j'ai cru que j'allais me faire abattre". Il était suspecté d'être "l'homme au chapeau", un individu au bob et à l'attitude étrange aux abords du métro de l'aéroport de Zaventem, juste après la série d'explosions qui a fait 130 morts le 22 mars. 

"Je suis toujours inculpé" 

"J'étais le parfait coupable" raconte l'homme qui affirme avoir été blessé et mis nu dans une cellule et n'avoir pas eu tout de suite accès aux soins médicaux. Il avait alors entamé une grève de la faim pour dénoncer ces mauvais traitements. "J'en veux aux médias qui m'ont mis dans cette situation, j'en veux à la police qui n'a pas travaillé comme elle devait travailler. Aujourd'hui, pas d'excuses, et pire, je suis toujours inculpé".
Extraits de la vidéosurveillance où l'on voit l'homme au chapeau / © © Police fédérale belge
Extraits de la vidéosurveillance où l'on voit l'homme au chapeau / © © Police fédérale belge
Le chauffeur de taxi qui avait accompagné les terroristes à l'aérport avait affirmé avoir reconnu Cheffou sur une photo de vidéosurveillance présentant "l'homme au chapeau". Fayçal Cheffou en veut aux policiers belges : "C'est dingue, à partir d'une photo c'est emballé, c'est pesé... Dans cette parano on n'arrive plus à réfléchir, les policiers raisonnaient avec leur émotion plutôt qu'avec leur raison. Le vrai travail de vérification n'a pas été fait par les enquêteurs mais par le juge d'instruction."

Un alibi crédible 

L'enquête du parquet fédéral belge s'est poursuivi en l'inculpant, sans parvenir à rassembler le moindre élément convainquant sur la culpabilité de Fayçal Cheffou. Mais selon Olivier Martins, l'avocat de Fayçal Cheffou, le suspect est parvenu à présenter un alibi solide qui a pu être vérifié par les enquêteurs. "Il a donné un alibi au niveau de la téléphonie, disant qu'il était chez lui au moment des attentats", avait-t-il expliqué à la RTBF. Les perquisitions avaient également fait chou blanc, de quoi convaincre le parquet à libérer Fayçal Cheffou

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