Belgique : des journalistes de la RTBF arrêtés en plein reportage sur un centre de migrants

Les journalistes de la RTBF ont du arrêter de filmer rapidement. / © Capture d'écran RTBF
Les journalistes de la RTBF ont du arrêter de filmer rapidement. / © Capture d'écran RTBF

Deux journalistes et trois techniciens de la RTBF ont été arrêtés par la police alors qu'ils réalisaient un reportage sur l'action de l'association Not In My Name, qui milite contre l'ouverture d'un centre de rétentions pour familles et enfants migrants. 

Par Jeanne Blanquart

Le directeur de l'information de la RTBF parle d'une "entrave grave et exceptionnelle à la liberté d'information". Mardi matin, une équipe de la RTBF composée de deux journalistes et de trois techniciens ont été interpellés par la police et emmenés au commissariat alors qu'ils réalisaient un reportage sur le collectif Not In My Name, qui milite contre l'ouverture d'un centre fermé pour familles et enfants de migrants, à Steenokkerzeel, à proximité de l'aéroport de Zaventem.




Tout s'est passé très vite. Alors que le journaliste belge s'apprêtait à réaliser un direct, "on nous a demandé d'arrêter de filmer", témoigne le journaliste Himad Messoudi à nos confrères de La Libre. "Puis, cinq minutes après, on nous a carrément pris notre matériel. Même mon téléphone, je vous avoue que je vous parle d'une montre connectée." Les membres de l'équipe sont colsonnés, les mains derrière le dos, et embarqués dans le fourgon de police. 

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"De vraies questions se posent"


Pourquoi les policiers ont-ils procédé à cette interpellation ? "Nous n'avons pas eu d'action particulièrement violente. Rien du tout. Nous avons simplement filmé ce qui se passait. Même chose pour le groupe de personnes Not In My Name qui, de façon très pacifique, a pris possession des lieux", poursuit le journaliste. "La police nous a empêchés de faire notre travail."

Le matériel de tournage était par ailleurs estampillé "RTBF", ne laissant aucun doute sur la profession et l'employeur de l'équipe de tournage. "Mon cadreur et moi avions nos cartes de presse sur nous : elles ne nous ont jamais été demandées", précise Himad Messoudi. L'équipe a finalement été libérée vers 14h30. 



Pour le moment, le ministère de l'Intérieur n'a pas réagi. 



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