Belgique : la sûreté des centrales nucléaires en question

La polémique sur la prolongation des centrales nucléaires vieillissantes n'existe pas qu'en France. En Belgique, malgré des micro fissures détectées dans certains réacteurs, l'agence fédérale de contrôle a donné son feu vert pour la poursuite de leur exploitation. Notre reportage.

Par @f3 nord

Les deux plus vieux réacteurs nucléaires de Belgique ne répondent pas aux nouvelles normes sismiques européennes, définies après l'accident de Fukushima. Pourtant, la poursuite de l'exploitation de Doel 1 et Doel 2, qui datent de 1975, a été décidée par le gouvernement et doit être bientôt entérinée par le Parlement belge.

En face de cette centrale située non loin d'Anvers, Lillo est une petite agglomération d'une quarantaine d'habitants. Ici pas d'opposition à la centrale, elle fait partie du paysage "Pourquoi j'aurais peur ?", s'interroge cet habitant. "C'est des centrales normalement bien protégées."

Des micro fissures dans plusieurs réacteurs 

Pourtant, la centrale de Doel est dans la ligne de mire des antinucléaires. En 2012, des défauts ont été détectés lors d'un contrôle. Des micro fissures ont été repérées dans la cuve du réacteur numéro 3. Même cas de figure dans un des réacteurs de la centrale de Tihange à l'est du pays
Après des mois d'arrêt, et une série de tests, l'agence fédérale de contrôle, le gendarme belge du nucléaire a donné son feu vert en novembre 2015 pour le redémarrage.
"Aujourd'hui, on a pu démontrer après trois ans d'analyses techniques et scientifiques que la présence de ces micro fissures n'a aucun impact sur la sûreté", affirme Sébastien Berge, porte-parole de l'agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). "On va vivre avec, on ne peut pas réparer la cuve, on ne peut pas la remplacer. Les micro fissures sont présentes, elles vont y rester. Ça ne pose aucun problème, que ce soit en fonctionnement normal ou en scénario accident"

Les anti-nucléaires demandent la fermeture immédiate de certains réacteurs 

Un accident, c'est bien ce qui inquiète Leo Tubbax, militant anti nucléaire. Son combat, il va même jusqu'à le mener devant les tribunaux
"La première chose à faire, c'est de fermer immédiatement Doel 3 Tihange 2 qui ont été ouverts en dépit du bon sens, et en dépit de la sécurité de la population belge", revendique le porte-parole de l'association "Nucléaire Stop Kernenergie". "Un gouvernement qui est tant préoccupé de sécurité, qui met des militaires à tous les coins de rues, dans toutes les gares, dans tous les bâtiments importants, il peut quand même faire un petit peu attention aux risques nucléaires, non ?"

La moitié de l'électricité belge est nucléaire

Le parc nucléaire belge est géré par le géant de l'énergie Engie  Electrabel. Le groupe affirme investir 300 millions d'euros chaque année pour la maintenance de ses centrales. 
"Nous, notre responsabilité en tant qu'exploitant, c'est d'exploiter nos centrales en toute sûreté, en bon père de famille", défend Anne-Sophie Hugé,
porte-parole d'Engie Electrabel. "Effectivement, la décision de prolonger ou d'arrêter de produire de l'électricité est une décision politique. Une centrale nucléaire n'est pas conçue pour arrêter de produire à une certaine date anniversaire, mais c'est au politique de décider". 

En Belgique, plus de la moitié de l'électricité provient du nucléaire. Le gouvernement a récemment décidé de prolonger de 10 ans la durée de vie des deux plus vieilles unités, les réacteurs Doel 1 et 2 ont plus de 40 ans d'activité. En 2025, le pays devrait sortir du nucléaire mais d'ici là , tout peut changer

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