CARTE. En Hauts-de-France, le risque de tremblement de terre existe dans certaines communes

En Hauts-de-France, la partie sud du département du Nord est la zone où les séismes sont les plus fréquents (photo d'illustration). / © François Lo Presti / AFP
En Hauts-de-France, la partie sud du département du Nord est la zone où les séismes sont les plus fréquents (photo d'illustration). / © François Lo Presti / AFP

Après les séismes survenus dans la région de Montélimar et de Strasbourg les 11 et 12 novembre, peut-on craindre qu'un phénomène semblable se produise dans les Hauts-de-France ? Selon le code de l'Environnement, le Nord est le département le plus sujet aux tremblements de terre dans notre région.

Par Valentin Pasquier

Survenu en Ardèche ce 11 novembre, un séisme de magnitude 5,4 sur l'échelle de Richter a détruit des habitations, blessé quatre personnes au Teil (Ardèche) et a été ressenti jusqu'à Montpellier et Nîmes. Le lendemain, l'agglomération strasbourgeoise a été le théâtre d'un autre séisme d'une puissance moindre - de magnitude 3,3 - qui n'a heureusement engendré aucun blessé. Peut-on craindre qu'un tremblement de terre similaire se produise en Hauts-de-France ?

 

 

Les risques sismiques classés de 1 à 5

En France, le risque sismique d'une zone est calculé en fonction de la fréquence et de l'intensité des séismes dont elle est victime. Ces relevés ont permis l'écriture de l'article D563-8-1 du code de l'Environnement qui divise les communes françaises en zones classées sur une échelle de 1 sur 5, allant de zone de sismicité "très faible" à "forte".

Selon ce dernier, dont les dernières modifications datent de 2015, les régions françaises les plus propices aux mouvements de terrain sont la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin, classés zones de "sismicité forte". Il s'agit du dernier échelon sur l'échelle de 1 à 5. En métropole, les séismes sont plus fréquents dans les Pyrénées, une grande partie de l'est de la vallée du Rhône, et le Sundgau en Alsace, classés zones de "sismicité moyenne", soit de niveau 4.
 
  1. Zone de sismicité très faible
  2. Zone de sismicité faible
  3. Zone de sismicité modérée
  4. Zone de sismicité moyenne
  5. Zone de sismicité forte
 

 

Le Nord particulièrement concerné

Dans cette palette, les communes Hauts-de-France se teintent de trois couleurs différentes (blanc, jaune et orange), comme vous pouvez le constater sur la carte interactive ci-dessous. En l'agrandissant, vous pourrez voir si votre commune est concernée par un éventuel risque.

 


Chargés d'orange sur la carte, l'Avesnois, le Cambrésis et le Valenciennois sont classés en zone sismicité modérée (niveau 3). Cette partie sud du département du Nord, ainsi que trois communes avoisinantes du Pas-de-Calais (Bourlon, Epinoy, Oisy-le-Verger et Sauchy-Lestrée) représentent la zone des Hauts-de-France où les séismes sont les plus fréquents. Il s'agit du même niveau que celui des communes de Schiltigheim et du Teil, épicentres des récents séismes.

À l'exception des zones citées, la quasi-totalité de l'ex-région Nord-Pas-de-Calais ainsi que l'extrême nord de l'Aisne sont concernés par une probabilité faible (niveau 2, en jaune). Seules y échappent les communes du sud du Pas-de-Calais, du Touquet à Bapaume, en passant par Montreuil et Hesdin, classées niveau 1.
 

La Picardie peu sujette aux séismes

Resté blanc, l'Oise est le seul département dont aucune commune n'est concernée par la réglementation parasismique (zone de sismicité très faible, niveau 1).

La Somme pourrait presque copier son voisin, mais quatorze communes situées au nord-est de Péronne sont classées à "sismicité faible" (niveau 2). L'Aisne est le département picard le plus concerné par les mouvements de terrain, puisqu'environ 70 communes du nord de la Thiérache, situées au-dessus de la vallée de l'Oise, sont considérées comme des zones à sismicité faible (niveau 2).
 

 

Les séismes modérés peu fréquents en France métropolitaine

La sismicité en France n'a guerre évolué depuis des siècles. Entre 2000 et 2019, plus de 62 500 séismes ont secoué le teritoire métropolitain, selon le Réseau national de surveillance sismique (Renass). L'immense majorité de ces séismes (97%), qualifiés de "très mineurs" car de magnitude inférieure à 3, ne sont même pas ressentis par la population.

Pour retrouver un tremblement de terre aussi puissant que celui du Teil, qualifié de "modéré", il faut remonter à 2003 : la ville de Rambervillers (Vosges), actuellement en zone de "sismicité modérée" (niveau 2), avait alors été l'épicentre d'un séisme de magnitude 5,4. Depuis 2000, seuls seize séismes de magnitude supérieure à 5 ont sévi en France.
 

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