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“Ce sont des enfants de la France” : un Roubaisien se bat pour faire revenir les enfants de sa sœur, retenus en Syrie

Le camp de réfugiés d'Al-Hol (Syrie), le 17 février 2019. / © BULENT KILIC / AFP
Le camp de réfugiés d'Al-Hol (Syrie), le 17 février 2019. / © BULENT KILIC / AFP

Aux côtés de trois avocats, il fait partie des 70 familles à avoir porté plainte contre la France, devant l'ONU.

Par Quentin Vasseur

"J'ai le cœur serré de devoir me retourner contre mon pays", confie Amine Elbahi. Ce Roubaisien, frère d'une Nordiste retenue en Syrie, fait partie des 70 familles qui ont déposé plainte contre l'État français devant le comité des Droits de l'Enfant de l'ONU.
 
Cette plainte, portée par les avocats Marie Dosé, Martin Pradel et William Bourdon "s'inscrit dans un contexte où le président de la République a fait marche arrière sur les conditions de retur des enfants" souligne-t-il.

 

"Ils n'ont pas demandé à être nés là-bas !"


Lui-même dénonce la détention "arbitraire" de son neveu Abdal Rahman (4 ans) et de sa nièce Houriya (2 ans) au camp d'Al-Hol, en Syrie, "leurs conditions de survie ne sont pas assurées". Des enfants dont il a posté les photos sur Twitter, afin de "montrer aux gens de qui on parle, de montrer leur visage".
 

Surtout, il dénonce l'attitude de personnalités politiques comme Nicolas Dupont-Aignan, qui déclarait il y a quelques jours sur BFMTV que les enfants de djihadistes détenus en Syrie devaient "rester là-bas" car ils n'étaient "plus français". "On parle d'enfants ! C'est une monstruosité de les considérer comme des gamins dangereux, comme des bombes à retardement ! Ils n'ont pas demandé à être nés là-bas !"

 


Longtemps réticente sur ce sujet sensible, la France s'est dite à l'automne ouverte au rapatriement des enfants, qui sont une centaine dans les camps en Syrie, à commencer par les orphelins. Mais sans pourtant donner de calendrier.

 

"Ce sont des enfants de la France, qu'elle le veuille ou non"


Amine Elbahi, lui, constate qu'Emmanuel Macron n'a pas avancé sur cette question alors qu'il l'avait interpellé dessus il y a deux ans. "Il y a une volonté de ne pas répondre à la question des enfants."
 

"Ce sont des enfants de la France, qu'elle le veuille ou non" martèle le Roubaisien, qui pointe le "risque de causer un préjudice" en laissant les enfants en Syrie. "Est ce qu'on veut leur dire plus tard que la France les a rejetés, comme le répètent les recruteurs de l'État islamique à ceux qu'ils veulent attirer ?"

Quant à leur mère, qui se trouve également dans ce camp kurde, Amine Elbahi estime qu"elle doit être judiciarisée en France".

La question du retour des enfants de jihadistes fait de nouveau débat en France. La semaine dernière, nous avions également recueilli le témoignage de Lydie Maninchedda, une habitante de Libercourt qui en appelait à "l'humanité" d'Emmanuel Macron pour faire rapatrier ses trois petits-enfants, âgés d'un à cinq ans et retenus également au camp d'Al-Hol depuis la mort de leur mère.


 

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