COP26. Dans les Hauts-de-France, les mini-forêts poussent comme des champignons au cœur des villes

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Pour répondre aux enjeux environnementaux, de plus en plus de collectivités ont choisi de planter des mini-forêts en zone urbaine. C'est le cas dans les Hauts-de-France où la région a lancé un plan d'action en ce sens l'an dernier visant à planter un million d'arbres d'ici 2023.

Partout en France, de plus en plus de collectivités décident de planter des micro-forêts en zone urbaine. Dans la région Hauts-de-France, 265 projets ont émergé depuis la mise en place en mai 2020 du plan "1 million d'arbres en Hauts-de-France" porté par le conseil régional et pour lequel il a investi plus de 2 millions d'euros.

Dans la Somme, la ville d'Abbeville a récemment œuvré dans ce sens en permettant la création de 4 mini-forêts sur son territoire. Au total, 3 600 arbres plantés à proximité des écoles Platanes, Les Cardamines, Jean Moulin et Dany Pruvot. Fin octobre, 600 élèves scolarisés dans les établissements concernés ont notamment mis la main à la pâte. L'occasion de les sensibiliser à l'importance d'un tel projet. "C'est une méthode qui a déjà été initiée dans plusieurs grandes villes de France, elle a pour but de créer des îlots de fraîcheurs, d'améliorer le cadre de vie, de fixer le taux de carbone et de favoriser la venue de nouvelles espèces", explique Michel Blondin, adjoint à la mairie d'Abbeville. 

Différentes essences ont été choisies au préalable : chêne pédonculé, hêtre, tilleul à petites feuilles, merisier sauvage, charme, orme champêtre, noisetier commun, prunellier, fusain d’Europe. La plantation s'effectue selon la méthode Miyawaki, du nom d'un botaniste japonais. "Quand on plante des arbres, habituellement c'est pour faire du bois. Là, ce n'est pas le cas, c'est pour faire de l'ombre et créer des îlots de fraîcheur donc c'est une méthode où les arbres sont plantés très serrés en alternant les différentes essences", détaille Michel Blondin.

Une micro-forêt à la place d'anciens bâtiments

Dans l'Oise, l'implantation de mini-forêts a séduit également la ville de Nogent-sur-Oise. Après la destruction des tours Calmette en 2018, la commune a décidé de planter des arbres à l'endroit où trônaient les trois anciens bâtiments. Ainsi, une micro-forêt va prendre place rue du Professeur Calmette sur une surface de 2500 m² à partir de mi-décembre. "C'était une vraie volonté de la ville, d'apporter des zones de fraîcheur en milieu urbain. Ici, à quelques mètres, il y a d'autres bâtiments, une école, un centre de jeunesse... L'objectif est de capter du CO2, cette initiative nous paraissait la plus appropiée pour cet espace", confie Didier Caron, adjoint à la mairie de Nogent-sur-Oise en charge de la transition écologique.

Pour la plantation, la municipalité a fait appel à Trees-Everywhere, une entreprise spécialisée. "La Ville prend en charge la préparation du terrain, la surveillance et l’arrosage durant deux ans. Trees-Everywhere se charge de financer le reste du projet en trouvant des partenaires", indique l'adjoint à la mairie. La ville a reçu l'aide de la région dans le cadre du plan "1 million d'arbres en Hauts-de-France" et propose également aux habitants de parrainer un arbre. Mi-décembre, ils sont d'ailleurs invités à venir planter les 6500 arbres prévus afin que chacun puisse s'approprier le lieu. Une aire de jeux pour enfants sera également construite sur cet espace.

Des entreprises spécialisées dans la plantation d'arbres

Grâce à ces initiatives favorables à la protection de l'environnement, de plus en plus d'entreprises comme Trees-Everywhere se sont lancées dans la plantation d'arbres. C'est le cas de Bee Forest créée en 2019 par Mathieu Verspieren, ingénieur en sciences de la terre et de l'environnement. Cette année, plusieurs projets de mini-forêts ont vu le jour comme à Wasquehal, Marcq-en-Barœul et Roubaix dans le Nord ou encore à Marck-en-Calaisis dans le Pas-de-Calais. "Planter un arbre, c'est un signe d'espérance pour l'avenir, c'est construire des espaces de nature pour demain, c'est favoriser la biodiversité et c'est important de le faire aujourd'hui. Si on veut recréer de la biodiversité c'est la chose à faire, la forêt et les zones humides sont les espaces sur terre où il y en a le plus", affirme le créateur de Bee Forest. 

L'entreprise travaille avec des collectivités, mais aussi des entreprises et des particuliers. Sur la dernière saison, 30 000 arbres ont été plantés dont 17 000 avec des écoliers. "Ce qui nous tient à cœur, c'est vraiment la dimension citoyenne, créer du lien entre les gens, mobiliser les associations. Mais la dimension pédagogique est très importante aussi. Une mini forêt c'est un super support pour connecter les enfants et ainsi toucher les parents", affirme Mathieu Verspieren.

Sur cette saison de plantation d'octobre 2021 à mars 2022, de nombreux projets sont en cours : 45 000 plantations d'arbres sont prévues sur une quinzaine de communes des Hauts-de-France, mais aussi dans les Yvelines et en Normandie.

Grâce au plan "1 million d'arbres en Hauts-de-France", 122 803 arbres ont été plantés et 253 910 arbustes ont été ou vont être plantés selon les derniers chiffres recensés par la Région. Les communes peuvent déposer un ou plusieurs dossiers de subvention pour des projets seront réalisés d'ici 2023. Le conseil régional s'engage également à planter des arbres sur les espaces dont elle a la propriété.

Dans le cadre de la COP26, France 3 Hauts-de-France lance l'opération #LesHautsEnVert du 1er au 14 novembre. Retrouvez chaque jour nos reportages en lien avec la protection de l'environnement sur notre hdf.france3.fr.