Débordements à Bruxelles : "rien n'a été fait pour arrêter les hooligans", selon plusieurs responsables de l'opposition belge

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Écrit par France3 Nord Pas-de-Calais web

Polémique en Belgique après que plusieurs centaines de hooligans sont venus semer le trouble dimanche sur la place de la Bourse, lieu de recueillement des Belges après les attentats du 22 mars. 

Ils étaient entre 350 et 500 selon les sources. Tout de noir vêtus, parfois encagoulés, bouteilles de bière à la main, salut fasciste pour certains. Des hooligans venus de plusieurs clubs de foot de Belgique ont pris possession de la place de la Bourse à Bruxelles dimanche, aux cris de : « On est chez nous, on est chez nous ! » et de « Fuck IS (Islamic State) ». En quelques minutes, ils ont investi ce lieu devenu le mémorial des victimes des attentats de du 22 mars, alors que plusieurs centaines de personnes s'y étaient rassemblées pour se recueillir.

Un troublant "laisser faire" des forces de police belges

Les forces de police observent, mais n’interviennent pas. Les hooligans, qui s'étaient donné rendez-vous à Vilvorde avant de rejoindre Bruxelles en train, sont même arrivés sur la place de la Bourse précédés d’une voiture de police, gyrophare allumé, comme une escorte. Le troublant "laisser faire" des forces de l'ordre belges suscite une vive polémqiue Outre-Quiévrain

"Rien n’a été fait pour les empêcher de s’y rendre" selon le bourgmestre de Bruxelles

Le maire PS de Bruxelles a été le premier à  dégainer dès dimanche dans les médias belges. « Je suis scandalisé de constater que de telles crapules aux visées de nazis viennent provoquer les habitants sur les lieux de leur hommage. C’est une honte pour le pays. Nous avons été prévenus hier par la sûreté de leur venue possible [place de la Bourse] et je constate que rien n’a été fait pour les empêcher de s’y rendre. », a déploré Yvan Mayeur, qui a aussiôt demandé une « réaction du gouvernement fédéral ».

Le Ministre de l'Intérieur Jan Jambon dans le viseur

L'édile, qui s'est dit "scandalisé", vise particulièrement Jan Jambon, le Ministre de l'Intérieur, pour lequel Bruxelles avait reçu les renforts nécessaires pour faire face à cette situation. « Les policiers étaient présents pour se prémunir d’une autre menace », s'indigne le maire. "Une menace qui avait justifié l'annulation de la marche. Le ministre de l'Intérieur le sait et je suis outré d'apprendre qu'il a eu l'aplomb de prétendre qu'on était prêt à faire face à ces hooligans". La grande "marche contre la peur" prévue avait en effet été annulée à la demande des autorités fédérales en raison des menaces pour la sécurité et de la surcharge de travail des policiers belges depuis les attaques terroristes du 22 mars.

Selon Yvan Mayeur, la police des chemins de fer aurait dû empêcher les supporteurs d’embarquer dans des trains à destination de Bruxelles. Or c'est justement Jan Jambon qui exerce la tutelle sur cette police des chemins de fer.

Le parti nationaliste NVA refuse de condamner pas les débordements

La polémique s’est envenimée avec le refus de la NVA – le parti auquel appartient M. Jambon – de signer un communiqué des partis démocratiques flamands condamnant les incidents de dimanche, rapporte Le Monde. Bart De Wever, maire d’Anvers et président de la formation nationaliste, n’a pas apposé sa signature sur un texte cosigné par quatre de ses homologues afin, a-t-il expliqué, de « ne pas donner trop d’importance aux hooligans et parce qu’il n’y a pas eu de condamnation commune des attentats ».

Incompréhensible de ne pas avoir arrêté les hooligans à Vivorde

Le député-bourgmestre MR d'Etterbeek, commune bruxelloise, est de son côté monté au créneau lui aussi, pour dénoncer l'inaction des autorités à empêcher la venue des hooligans sur le sur le lieu de recueillement de la place de la Bourse.  Vincent De Wolf a jugé dimanche totalement incompréhensible que tout n'ait pas été fait pour les arrêter avant leur arrivée à Bruxelles, et en particulier à Vilvorde. "Quand on voit que ces gens se rassemblent à deux endroits à Vilvorde, affichant des comportements séditieux, tenant des propos racistes, en violation de la loi sur le racisme et la xénophobie, qu'attend-t-on pour les arrêter au moins administrativement", a commenté M. De Wolf, interrogé par l'agence Belga.

Chef de file libéral, Vincent De Wolf a aussi estimé que c'était une "faute évidente" du bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, de ne pas avoir fait en sorte d'"éviter cet exemple de rassemblement désastreux pour l'image de Bruxelles et de la Belgique".

Le premier ministre, Charles Michel, a pour sa part  condamné "fermement ces débordements" : "Je demande le respect à un moment de deuil pour tout le pays. Il est tout à fait inapproprié que des manifestants rompent (la période de) recueillement à la Bourse à Bruxelles. Les gens se réunissent pour trouver un réconfort."

Les hooligans ont été dispersés vers 16h dimanche. Une dizaine d'entre eux a été interpellé.