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Elections législatives en Belgique : les regards tournés vers les écologistes

Des panneaux électoraux en Belgique / © Ali Benbournane
Des panneaux électoraux en Belgique / © Ali Benbournane

Les Belges élisent ce dimanche leurs députés, en même temps que leurs eurodéputés, un scrutin dont les écologistes, crédités de bons sondages, pourraient tirer profit pour s'imposer comme une force incontournable dans la formation du futur gouvernement.
 

Par AFP

Comme au niveau européen, le dernier renouvellement du Parlement belge remonte à 2014. Il avait débouché sur l'installation d'une coalition de centre-droit dirigée par le libéral francophone Charles Michel, qui s'est effondrée fin 2018 après le départ des nationalistes flamands de la N-VA.

Cette année, Ecolo-Groen, qui n'a plus été associé au pouvoir au niveau national depuis 2003, compte bien être la surprise du vote, surfant sur la mobilisation des jeunes belges pour le climat, phénomène sociétal des premiers mois de 2019. Profitant de l'essoufflement des centristes et des libéraux, les écologistes progressent d'après les sondages dans les trois régions belges (Bruxelles, Flandre,Wallonie).

Ils sont même donnés en tête à Bruxelles, au-delà des 20%, et doubleraient également leur score de 2014 en Wallonie, le sud francophone du pays. De quoi envisager une place de choix dans les négociations - sans doute de plusieurs semaines - qui s'ouvriront au lendemain du scrutin pour former la future coalition, entre partis francophones et néerlandophones.
 

Jean-Marc Nollet, co-président d'Ecolo, se dit ouvert à tous les scénarios, à l'exclusion d'une entente avec l'extrême droite ou avec la N-VA, première force politique de Flandre, dont il juge les positions "rétrogrades". "L'enjeu de ces élections c'est soit le climat, soit la N-VA, les deux ne sont pas compatibles", affirme à cet élu wallon de 49 ans.

Mais la perspective d'une coalition avec les centristes et/ou les libéraux, dont Ecolo ou le Parti socialiste (première force de Wallonie) serait la colonne vertébrale, laisse sceptiques les analystes. Rien n'est moins sûr quand on constate la bonne santé de la droite en Flandre, le nord néerlandophone, dit Vincent Laborderie, professeur de sciences politiques à l'Université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL).

"On peut très bien faire un gouvernement fédéral sans écologistes", souligne cet expert, pour qui c'est la N-VA du puissant maire d'Anvers Bart De Wever qui pourrait s'avérer incontournable. D'autant plus, ajoute M. Laborderie, que ce parti "a vraiment évolué" à l'épreuve du pouvoir (jusqu'en décembre 2018 dans la coalition de Charles Michel), mettant de côté son projet indépendantiste pour lui préférer des thèmes classiques à droite : fiscalité, sécurité et surtout immigration.
 

Les questions identitaire et communautaire restent très sensibles


Les sondages créditent la N-VA de 28% des voix en Flandre, en recul par rapport aux 32% de mai 2014, mais loin devant son premier poursuivant, le parti chrétien-démocrate flamand (CD&V, autour de 16%). Classé troisième avec près de 15% dans la dernière grande enquête d'opinion, le Vlaams Belang, parti flamand anti-immigration, pourrait être une des surprises, d'après les analystes.

Des thèmes généralement favorables à l'extrême droite ont pris une grande place dans la dernière partie de la campagne. Comme celui de l'inefficacité supposée de la justice, après le meurtre, début mai à Anvers, d'une étudiante victime d'un violeur récidiviste en liberté.

A Bruxelles, un tract Ecolo favorable au port du voile à l'école et à l'abattage rituel sans étourdissement a valu aux Verts d'être taxés de clientélisme à l'égard des musulmans. La direction du parti a dû se distancier de l'élue locale à l'origine du tract. La preuve, selon le politologue de l'UCL, que les questions identitaire et communautaire restent très sensibles dans l'opinion belge.

Jan Jambon, ex-ministre de l'Intérieur et candidat N-VA au poste de Premier ministre, a d'ailleurs ravivé d'une formule malheureuse les frictions récurrentes entre Flamands et francophones. A propos de la solidarité financière entre la riche Flandre et la modeste Wallonie, il a évoqué des "milliards (d'euros) de transferts", de nature à "maintenir bien trop de Wallons dans leurs hamacs". Ces propos le disqualifient clairement pour succéder à Charles Michel, d'après plusieurs analyses.

Le CDH (centristes francophones) a fustigé "des déclarations ubuesques et choquantes" témoignant d'"un mépris total à l'égard des francophones".


 

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