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Perroquets gris du Gabon / © MaxPPP
Perroquets gris du Gabon / © MaxPPP

Que vous ayez un de ces perroquets ou que vous en vouliez un, le vétérinaire de 9h50 le matin, Frédéric Vlaemynck, de la clinique CaduVet, répond à vos questions.

Par Dr Frédéric Vlaemynck, clinique CaduVet

Quelques chiffres concernant mon espèce
Nom latin : Psittacus erithacus
Poids adulte : 370-550 g.
Maturité sexuelle : 4 à 6 ans.
Saison de reproduction : début du printemps.
Durée d'incubation : 26-28 j.
Nombre d'oeufs par couvée : 3-4 oeufs.
Sortie du nid : 50-65 j.
Age au sevrage : 100-120 j (75-90 élevé à la main).
Espérance de vie : 50 à 60 ans.

M’identifier pour me protéger
L'identification des perroquets se réalise en général par l'éleveur, en enfilant une bague fermée à la patte des oisillons âgés de 8-10 jours. On y trouve l'année de naissance, le matricule de l'éleveur, le sigle de l'organisme fournisseur de la bague, un numéro d'ordre et le diamètre. Il est très fréquent que ces dispositifs soient la cause de blessure grave de la patte et que l'on soit obligé de couper la bague. Il existe dorénavant l'identification électronique, réalisée grâce à l'implantation d'une puce électronique (de la taille d’un grain de riz) dans les muscles du bréchet sous une anesthésie de quelques minutes. Elle contient le code identifiant personnel de votre animal. Cet acte inoffensif permet une identification rapide et stable dans le temps. N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire traitant.

Bien me nourrir c’est important
La malnutrition est la cause de 90% des problèmes de santé et des décès chez les oiseaux de compagnie.
Souvent, ce problème passe inaperçu car il est très difficile d'en reconnaître les signes précoces, et lorsque l'on s'en rend compte, il devient urgent de consulter votre vétérinaire traitant.

Il existe de nombreux types d'aliments pour les perroquets :
Tout d'abord les mélanges de graines : même si elles contiennent des vitamines, elles ne correspondent pas au besoins nutritionnels de base. Par exemple, des céréales comme le millet, le tournesol, l'avoine ou le maïs sont déficients au moins pour 32 nutriments essentiels, avec le risque qu'elles soient contaminées par des pesticides, des conservateurs ou des champignons. De plus, les graines favorisent le tri de l'animal, qui ne mange pas tout, notamment les cosses. Le problème est que bien souvent les oiseaux en sont fous et qu'il est très difficile de les faire changer de régime ! Demandez conseil à votre vétérinaire traitant afin de vous aider à changer les mauvaises habitudes alimentaires de votre oiseau !

Il existe aujourd'hui des gammes d’aliments spécialisés de qualité, équilibrés, sans colorant, arôme artificiel ou autre produit chimique. Vous gagnerez ainsi du temps et de l'argent : pas de vitamines à acheter, pas de nourriture à stocker, à laver et à préparer, et surtout beaucoup moins de salissures dans la cage !

Votre vétérinaire traitant est à votre service pour étudier l’alimentation (présentation, quantité et fréquence des repas) la plus adaptée à votre compagnon.

Aliments à éviter :
avocat, persil, oignon, pomme de terre, pépins de pomme, pois, viande, café, chocolat, alcool, sucre, gras, sel

Ce tableau représente le gain de poids de l'éclosion jusqu'au sevrage de gris du Gabon élevés à la main. Il ne s'agit là que de valeurs indicatives, qui peuvent varier en fonction de l'individu, du sexe, de l'activité, de l'alimentation, des conditions d'élevage... Les individus se positionnant plutôt dans les poids inférieurs doivent être surveillés car potentiellement plus sensibles aux maladies, et les individus au dessus de ces normes risquent de présenter un surpoids au sevrage (à mettre en corrélation avec la conformation et la condition physique de l'oiseau).

Au-delà du contrôle de la bonne croissance du jeune, le recueil régulier du poids d’un perroquet adulte aide votre vétérinaire traitant à prévenir certaines maladies, la courbe de poids aidera à prendre les mesures correctives qui s’imposent. N’hésitez pas à demander à votre vétérinaire traitant les moyens simples de mettre en place cette étude du poids de votre compagnon.
Présentation du perroquet gris du Gabon

Me protéger des parasites
Votre perroquet peut héberger des vers intestinaux sans que vous vous en rendiez compte, surtout s'il s'agit d'un individu importé, s'il a un accès de temps en temps à l'extérieur ou bien s'il a des contacts avec d'autres oiseaux. En effet, l'infestation est souvent inapparente mais ces parasites affaiblissent votre compagnon, pouvant lui causer un amaigrissement important et le rendant plus vulnérables aux maladies. La vermifugation est l’acte qui consiste à détruire ces parasites internes. Chez le jeune, elle doit être réalisée au moment du sevrage et être répétée 10-15 j après, de même pour un oiseau importé durant sa période de quarantaine. Chez le perroquet adulte, il est primordial de maintenir une protection régulière tout au long de sa vie. Votre vétérinaire traitant vous accompagnera dans le choix des produits et protocoles à utiliser.

Les acariens sont des parasites de la peau très fréquent chez les oiseaux. Ils peuvent être à l'origine de démangeaisons voire de maladies plus graves. Une protection adaptée doit donc être mise en place dès le plus jeune âge et doit être spécifique à votre animal et à son environnement (autres animaux présents, type d’habitat…), le protocole se réalise aussi en 2 applications à 10-15 j d'intervalle (possibilité de regrouper avec le vermifuge).

Votre vétérinaire traitant est le spécialiste qui vous guidera dans le choix de spécialités adaptés à votre compagnon et à vos demandes (mode d’administration, facilité d’emploi, démonstration…).

Me garantir une bonne hygiène
Les perroquets nécessitent une petite douche quotidienne, tiède, à l'aide d'un brumisateur, ce qui aide à entretenir le plumage et limiter la formation d'écailles et de poussière de plumes dans l'air. Il existe dorénavant des solutions spéciales en spray, à base d'eau distillée additionnée d'agents hydratants et adoucissants. Un bain complet est aussi très important pour le bien être physique et mental du perroquet. Selon l'individu, il peut être pris de différente manière : dans un grand bac, sous la douche du propriétaire, sous la pluie... Essayer de le laisser sécher naturellement à l'extérieur si le temps le permet, pour encourager un comportement de toilettage normal. La longueur du bec et des griffes doit être évaluée régulièrement et il ne devrait normalement pas y avoir besoin de les limer. Dans ce cas, le problème viendrait de l'alimentation ou bien des conditions environnementales : carences, animal âgé, trouble hépatique... Souvent, le propriétaire pense que les griffes sont trop longues car elles sont pointues et lui font mal quand il prend son oiseau sur le bras, alors qu'elles sont tout à fait normales et permettent justement à l'animal de bien se tenir sur son perchoir.

Concernant la coupe des ailes, elle peut être utile dans certains cas, non pas pour empêcher l'oiseau de voler, mais pour éviter qu'il ne se blesse (porte ouverte, fenêtre, miroir, ventilateur, casseroles...) ou ne s'échappe. Cela permet aussi d'aider les premières phases de l'éducation, en limitant ainsi le territoire de l'oiseau, il apprend que les relations avec les humains peuvent être plaisantes et qu'il n'y a pas de raisons d'avoir peur. Cette technique de renforcement positif contribue à établir une relation de confiance et d'amitié avec votre oiseau


Home Sweet Home
Un gris du Gabon peut loger soit en volière extérieur, en fonction de ses origines et de ses habitudes, soit à l'intérieur. Dans ce cas, la cage doit être assez spacieuse : les ailes doivent pouvoir être déployées dans toutes les directions sans toucher les barreaux, et la queue ne doit pas être en contact avec le sol ou quoique ce soit lorsque l'oiseau est perché.

Les perchoirs (2 en général) ne doivent pas être trop encombrant. Préférez les en bois naturel et de taille assez large, si possible irrégulière, pour favoriser l'usure des griffes, du bec et la bonne santé des articulations. Ne jamais utiliser de perchoirs recouverts de papier sablé, irritants pour la face plantaire. Un perroquet ayant tendance à garder toujours la même place sur un perchoir, il s'agit de le tourner de temps en temps ou de le changer. Plus l'oiseau est lourd et peu actif, plus il a de risque de développer des maux de patte. Supprimez la balançoire s'il y en a une. Les perchoirs ne doivent pas trop se superposer et encore moins être au dessus de la nourriture et de l'eau pour éviter de les salir.

Positionnez la cage le long d'un mur, de préférence dans un coin, à l'abri des courants d'air et du soleil, dans un endroit très calme permettant à l'oiseau de faire ses nuits de 10 h dans le noir et sans interruption. Couvrir la cage ne suffit pas si il y de la lumière et la télévision allumée. Ne pas la mettre dans la cuisine, à cause des vapeurs dangereuses (notamment celles causées par les poêles en Téflon®), des accidents possibles avec des instruments, de l'huile bouillante...

Les perchoirs sur pieds sont très pratiques, intégrés ou non à la cage, permettant un peu de liberté à l'oiseau, sous surveillance (attention notamment aux plantes toxique).
Les récipients d'eau et de nourriture doivent être en inox plutot qu'en plastique, étant donné le bec destructeur des perroquets, et fixés à la cage (ils aiment bien jouer et jeter leurs gamelle au sol !).
Les jouets sont très importants, surtout si l'oiseau est seul. Dans tous les cas, ils doivent être facilement lavables, résistants et non toxique (sans métal : faites le test de l'aimant pour vérifier la sécurité des jouets, barreaux, gamelles...).

Les perroquets en général, et les gris du Gabon en particulier, nécessitent un accès quotidien aux UVB (soleil ou lampe spéciale). Cela leur permet de synthétiser de la vitamine D3, nécessaire à la fixation du calcium dans les os, l'hypocalcémie étant une des première maladies du gris du Gabon. N'hésitez pas à suspendre tout de même un os de seiche, surtout si l'oiseau ne veut pas encore de ses granulés équilibrés ! Attention tout de même car l'hypercalcémie aussi est possible.

La reproduction
Quasiment tous les psittacidés sont monogames. Même si les perroquets aiment vivrent en collectivité, le couple garde le lien tout au long de l'année et souvent pour toute la vie. Le gris du Gabon devient pubère entre 4 et 6 ans. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel, et le sexage doit se réaliser soit par l'ADN d'une plume ou d'un peu de sang (plus fiable), soit par endoscopie : méthode très rapide, fiable et donnant le résultat immédiatement mais se réalisant sous anesthésie générale. Cette méthode permet par la même occasion de statuer sur l'activité sexuelle des organes reproducteurs, ainsi que de vérifier le bon état des organes internes (foie, poumons, reins...). La saison de reproduction a lieu dans la nature lorsque les conditions naturelles deviennent favorables, soit au début du printemps . La parade nuptiale se déroule plusieurs semaines avant la ponte. Le couple choisit un nid, en général dans un trou d'arbre, dont ils grattent les parois intérieurs pour constituer une litière. Les dimensions peuvent être de 30x30cm au sol par 50 cm de haut (pensez à le retirer à la fin de la saison de reproduction si vous voulez qu'il reste un facteur stimulant pour les oiseaux).

La femelle peut pondre 3 à 4 oeufs maximum (souvent 2), assez petits, blanc, avec 2 à 5 jours entre chaque. Seule la femelle couve, en général à partir du 2e ou 3e oeuf. Après 8 jours d'incubation il devient possible de mirer les oeufs pour voir s'ils sont fécondés ou clairs. Retirer ces derniers pour ne pas fatiguer inutilement la maman. Une deuxième ponte de remplacement devrait avoir lieu peu de temps ensuite.
Les jeunes naissent avec un petit duvet, et sont entièrement dépendant de leurs parents pour la nourriture et la chaleur. Les 2 parents sécrètent « du lait de perroquet » au niveau du proventricule, qu'ils régurgitent aux jeunes pour les nourrir.

L'incubation artificielle et l'élevage à la main demandent des connaissances et une expérience pratique très importantes.
Si une couvée est désirée, votre vétérinaire traitant pourra vous aider dans le choix du moment opportun, le suivi de l'élevage des petits, la mise en place d’une alimentation pour la maman et pour les oisillons si besoin.

Mon comportement
Un perroquet passe environ :
• 20-60% de se temps à se toiletter (d'où la difficulté de déterminer le moment où celui-ci devient excessif) ou à toiletter ses congénères,
• 40-60% à chercher sa nourriture (!),
• 2-5% à vocaliser,
• 10-40% à interagir socialement.

D'où la nécessité d'enrichir l'environnement de l'animal, surtout s'il vit seul, notamment grâce à des jouets et à des dipositifs très faciles à créer pour cacher et disperser la nourriture. Cependant, cela ne suffira jamais à remplacer l'interaction avec les humains et l'entrainement. En effet, toute cette énergie non dépensée à chercher sa nourriture va se transformer en mal être général, d'où des problèmes de santé et de comportement. N'hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire traitant sur ce sujet.

Le gris du Gabon est le perroquet qui a le plus de dispositions pour apprendre à parler. De courtes séances quotidiennes valent mieux qu'une séance de rattrapage le week end ! Les mots doivent être simples, à 1 ou 2 syllabes, avec la même intonation à chaque fois.

Des postures particulières sont à reconnaître pour ne pas se méprendre sur les intentions de l'oiseau. Par exemple, le comportement de territorialité se démontre par un hérissement des plumes, la constriction et la dilatation des pupilles, la queue en éventail et un déploiement des ailes.
De même, un oiseau qui est posé sur votre bras mais qui a le bec entrouvert avec le corps en retrait signifie de la nervosité ou de la peur.
Un perroquet qui vous tend sa tête basse est en fait un signe de dominance : il donne un ordre et si vous y répondez, cela peut à court terme entraîner des morsures et à long terme une situation conflictuelle. Dans ce même cadre, vous ne devez jamais autoriser votre oiseau à monter sur votre épaule ou pire votre tête, il ne doit jamais dépassez le niveau de votre bras. Vous risqueriez de le faire devenir dominant et agressif, mais surtout terriblement stressé car cela devient pour lui un challenge de tous les jours pour garder sa première place !

Particularités des perroquets élevés à la main :
L'acclimatation des oiseaux au contact physique humain et à la manipulation a bien évidemment fait partie du processus d'élevage à la main, et c'est pourquoi cela permet d'obtenir des oiseaux plus attaché à l'homme et avec plus d'interactions positives... tout du moins au début ! En effet, le contact émotionnel et social de ces animaux est bien évidemment diminué par le manque d'interaction avec des congénères semblables. Des comportements non acceptables et exagérés comme des cris excessifs, du picage et des morsures sont fréquents chez beaucoup d'oiseaux élevés à la main, mais rarement dans les populations prélevées dans la nature, ou bien de jeunes nés en captivité mais élevés par leurs parents. C'est ce que l'on nomme le « syndrome des orphelins » ou hyper-attachement, comme chez les enfants privés d'affection et de stabilité pendant leurs premiers mois et années de vie

Beaucoup de propriétaires établissent un lien très fort avec leur oiseau, qui sort juste du nid et a été élevé à la main. Enormément de problèmes de santé et de comportement découlent de ce lien anormal, notamment les agressions territoriales puisque l'oiseau considère l'humain comme un de ses congénères et qu'il n'en a pas peur. Le jeune oiseau doit se socialiser lorsqu'il est jeune, c'est-à-dire rencontrer d'autres oiseaux ou animaux domestiques, des humains, diverses situations afin de ne pas en avoir peur par la suite.

La stimulation de l'oiseau est importante dès son plus jeune âge. On peut par exemple placer sa cage de manière à ce qu'il puisse voir par une fenêtre (en évitant bien sûr le soleil direct ou les courants d'air).

Les problèmes de picage surviennent souvent sur des oiseaux dont les propriétaires s'occupent très bien : environnement stable, propre, accès constant à une nourriture suffisante et à l'eau, jeux multiples... Ces personnes sont particulièrement sensible lorsque leur animal commence à se piquer, et pensent qu'il doit manquer de confort ou a besoin de quelque chose...alors qu'il s'agit souvent du contraire. Ces oiseaux sont en sécurité et tous leurs besoins sont assouvis, sans dépense d'énergie physique ou mentale. Ils n'ont pas de stimulis mentaux ou physiques, ni besoin de chercher leur nourriture, de se défendre contre des prédateurs, de chercher un abri ou un congénère, de faire un nid et d'élever leur petits... Le plus commun des problèmes en captivité est finalement l'ennui. Eviter aussi d'entretenir avec l'oiseau tout comportement pouvant être considéré comme d'ordre sexuel par l'oiseau : nourrir à la bouche, le câliner...


Entraîner votre perroquet :
Les séances d'entraînement peuvent être difficile à concilier avec la vie sociale et familiale. Cela devient plus facile lorsque l'on sait l'importance que cela représente, et surtout lorsque le propriétaire et l'oiseau en ressentent du plaisir. Ce renforcement positif ne fait qu'améliorer les performances de l'animal au fur et à mesure.

Pour commencer, apprenez lui à monter sur le bras ou sur un perchoir d'entraînement sur commande et à autoriser à ce que vous posiez le pouce sur les pattes pour éviter qu'il ne s'envole.
Réalisez les séances d'entraînement dans un endroit neutre, comme une petite salle de bains par exemple. Félicitez le énormément lorsqu'il est sur votre main ou bras sans mordre. Gardez au maximum un contact visuel avec lui. S'il essaye de vous mordre, tournez la main ou le perchoir d'un quart de tour pour forcer l'oiseau à se rétablir et en oubliant par là même de vous mordre. Si jamais il vous pince, ne le laissez pas s'en aller et surtout ne criez pas, cela les encourage !
Les échelles ou les perchoirs d'exercice sont utiles avec un oiseau qui mord dès que l'on approche la main. Des gants ou des serviettes peuvent être utilisés pour diminuer l'appréhension et la sévérité des morsures, mais ils peuvent aussi provoquer des réactions de peur chez certains oiseaux.
A aucun moment la punition physique n'est acceptable ou productive sur les oiseaux. En effet, les interactions normales entre perroquets ne sont jamais physique, sauf pour la toilette mutuelle. Ils comprennent donc d'autres moyens de communication : les vocalisations, la position dans l'espace, la nourriture... Les humains ont tendance à se servir en premier de leurs mains, alors que les oiseaux interagissent plutôt avec leur bec. Ils ne comprennent pas, malgré leur intelligence, les actes ou gestes réalisés avec nos mains et bras. Pour les réprimander, mettez vous face à eux, les points sur les hanches, en prononçant un « NON » ferme, sans crier.

Etablir une relation saine entre le propriétaire et son oiseau relève souvent du challenge. Il n'existe pas de relation type, idéale, entre un oiseau et son propriétaire, tout dépend de l'espèce, de la personne et du perroquet en lui même.


La visite annuelle
Tout animal récemment adopté doit faire l'objet d'une première visite chez le vétérinaire. Il s'agit en effet d'une période critique et stressante, favorisant l'apparition de nombreux problèmes. De plus, cela vous permettra de déceler certaines maladies, pour l'instant inapparentes, mais qui pourront se déclarer plus tard, pour certaines plusieurs années après. C'est l'occasion de voir si l'oiseau est en bonne santé, et de faire le point sur les conditions de maintenance idéales pour qu'il le reste !

La quarantaine est bien évidemment de rigueur lors de l'introduction d'un nouvel individu dans une collectivité, et est valable uniquement si elle est correctement réalisée. Un déparasitage interne et externe est nécessaire. L'animal est isolé une trentaine de jours à l'écart des autres, en évitant toute contamination via le matériel ou les mains : occupez vous en en dernier, une fois que les soins sont faits sur les oiseaux sains.

L'examen clinique annuel est fortement conseillé, toujours dans l'idée de prévenir plutôt que de guérir ! Il permet de vérifier l'état général du plumage, le poids, les narines et les yeux, la cavité buccale ainsi que le bec et les griffes, sans oublier l'auscultation cardiaque et pulmonaire. A cette occasion, amenez si possible un échantillon de fientes, afin de pouvoir vérifier l'aspect et l'absence de parasites. Les analyses de sang permettent aussi la détection précoce de certaines maladies.

Est-ce que je vais bien ?
Le moindre changement dans le comportement, les habitudes ou la personnalité de votre perroquet est anormal, parlez en immédiatement avec votre vétérinaire traitant. En effet, instinctivement un oiseau malade va essayer de se montrer le plus normal possible, c'est-à-dire en pleine forme, pour ne pas attirer les prédateurs (même s'il n'y en a pas dans la maison ! ). Un oiseau malade, comme on le décrit classiquement (plumes ébouriffées, léthargie, yeux clos...), est un animal qui n'a même plus la force de cacher son état et qui est en train de décompenser, une visite en urgence chez votre vétérinaire s'impose.

Vérifier que votre oiseau est en bonne santé :
• les muscles pectoraux dépassent légèrement le bréchet mais sans plus,
• le bec est lisse et brillant,
• les narines sont propres,
• l'oiseau se tient bien droit et alerte sur son perchoir,
• la respiration est douce, régulière, sans bruits anormaux,
• les fientes sont humides, l'urine claire et l'urate blanc,
• les plumes sont lisses, entières, de couleur normale , régulièrement répartie sur tout le corps,
• Les pattes serrent fortement le perchoir de manière égale, les écailles sont régulière, sans point de pression, les griffes ne sont pas trop longues,
• la peau sur les pattes et la face est douce, lisse, légèrement brillante, sans signe de floconnement,
• il n'y a pas de signe de gonflement ou de saignement sur le corps,
• l'oiseau est calme, ne crie pas, ne mord pas et n'a pas un comportement agressif.


Signe d'alerte devant vous amener à consulter votre vétérinaire :
• perte d'appétit (même sur une journée), perte de poids, vomissement, régurgitation,
• respiration difficile,
• élargissement abdominal,
• faiblesse, dépression,
• fracture, brûlure, attaque,
• perte d'équilibre, paralysie,
• temps de sommeil allongé,
• prolapsus du cloaque,
• diarrhée ou fientes anormales,
• toux, éternuement, bruits respiratoires,
• une aile ou une patte sert plus que l'autre,
• saignement, traumatisme,
• manque d'intérêt, ne joue pas,
• position au sol dans la cage,
• plumes ébouriffées.

Maladies les plus fréquentes

  • Aspergillose
Il s'agit de champignons microscopiques logés dans les sacs aériens et les poumons, causant des difficultés respiratoires. La contamination se fait souvent par l'intermédiaire de graines de tournesol contaminées. C'est une maladie très grave et souvent mortelle. La forme localisée au tube digestif présente plus d'espoir de guérison, sa détéction précoce passe par une analyse de selles et permet le traitement avant que le champignon n'envahisse le système respiratoire.
  • Chlamydiose
Appelée aussi Ornithose – Psittacose ou Chlamydophilose, cette maladie est due à une bactérie intracellulaire qui provoque des troubles respiratoires et digestifs. Bien souvent, le tableau clinique est vague : amaigrissement, fatigue, plumes ébourrifées... Le diagnostic se réalise grâce à une prise de sang et le traitement avec des antibiotiques. Attention cependant car il s'agit d'une zoonose, c'est-à-dire que la maladie peut se transmettre plus ou moins gravement à l'homme, principalement par voie respiratoire. Il s'agit d'une maladie à déclaration obligatoire si un cas est découvert, obligeant à la mise en quarantaine de l'éleveur ou de l'animalerie ayant fourni l'oiseau.
  • Polyomavirus
Il s'agit d'un virus touchant souvent les oiseaux non sevrés ou très jeunes. Il se transmet par contact, soit lors du nourrisage par les parents ou par l'éleveur avec des seringues contaminées. Même si les parents sont porteurs de la maladie, ils ne développent pas de symptômes et il faut réaliser un test sanguin pour le dépister. Les signes chez le jeune sont : un abdomen distendu, un retard de croissance des plumes et bien souvent une mortalité aigüe. Il n'existe malheureusement pas de traitement contre ce virus.
  • Maladie de Pacheco
Il s'agit d'un herpesvirus, se déclarant souvent à la faveur d'un stress comme une autre maladie par exemple. On constate de la diarrhée jaune ou hémorragique ou des troubles respiratoires violent causant la mort. Il n'existe pas de traitement actuellement.
  • Sinusite infra-orbitaire
Certains perroquets peuvent présenter des éternuements voire des petits abcès qui se forment derrière les narines. Le traitement peut nécessiter une légère intervention chirurgicale, ainsi que des soins locaux et généraux. Le pronostic est assez bon, mais la maladie cache souvent un problème de malnutrition sous jacent plus grave auquel il faut remédier rapidement, voire une maladie plus grave.
  • Vaccination
Les psittacidés seraient a priori sensibles à certaines souches de paramyxovirus, comme par exemple celui de la maladie de Newcastle, mais aucun vaccin ne dispose actuellement d'une Autorisation de Mise sur le Marché en France.

Autres maladies fréquentes

  • Le picage
On regroupe sous le nom de picage un ensemble de symptômes ayant de multiples causes :
- causes médicales : acariens, endoparasites, trouble hépatique, folliculite primaire (bactérienne, fongique, virale), hypothyroïdie, allergie, intoxication au zinc légère...
- mauvaise alimentation : déficits en certains acides aminés entrant dans la composition des plumes et carence en vitamine A de la peau entrainant des démangeaisons et une irritabilité.
- manque d'exposition au soleil, hygrométrie insuffisante, photopériode inadaptée, mauvaise ventilation.
- tabac, aérosols, encens, vapeurs de cuisine...
Un oiseau qui atteint sa maturité sexuelle va souvent débuter ce genre de problème, comme exutoir à son augmentation d'énergie et d'agitation.
Une fois le picage installé, la corrections des causes sous jacentes ne suffit pas toujours à stopper le processus, et une gestion complète de l'animal est nécessaire.
  • La goutte
Il s'agit de la formation de dépôts d'acide urique, au niveau des organes internes ou des articulations. Dans ce dernier cas, on constate des nodules blanchâtres au niveau des pattes, qui sont gonflées et très douloureuses. L'origine peut être assez diverse : infectieuse, rénale, alimentaire, physique...
  • Hyperparathyroïde et hypocalcémie
Les psittacidés, et en particulier le gris du Gabon, sont très sujet à cette maladie. Il s'agit d'une carence en calcium d'origine alimentaire (rapport phosphocalcique beaucoup trop faible de la majorité des graines, fruits et légumes). Les symptômes peuvent être assez impressionnant : faiblesse, chute du perchoir... Le traitement passe par des injections de calcium et une modification de l'alimentation. La prévention de cette maladie passe par l'analyse alimentaire de la nourriture de votre perroquet, notamment par une vérification du taux de calcium qu'elle contient.
  • Rétention d'oeufs
Entre autres problèmes de reproduction, la rétention d'oeufs peut être assez fréquente pour de multiples raisons : génétique, âge, peur, alimentation deséquilibrée, obésité, variation de photopériode et d'humidité... Le traitement nécessite une hospitalisation, soit pour des injections stimulant la contraction de l'utérus, soit pour une césarienne. Le pronostic est plutôt bon si l'animal est pris en charge à temps.
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Enquêtes de région : “Notre cher patrimoine”