Un dépistage expérimental des cancers bronchopulmonaires par tomodensitométrie thoracique à faible dose sera prochainement mis en place dans la Somme. Cela peut permettre de proposer un traitement chirurgical rapide et d’éviter des traitements palliatifs lourds et couteux.

Par France 3 Picardie

Ce projet d'expérimentation du dépistage individualisé coordonné des cancers bronchopulmonaires par tomodensitométrie thoracique à faible dose est coordonné par le Dr Leleu, pneumologue au Centre hospitalier d’Abbeville, géré par Adema 80 et financé par l’ARS des Hauts-de-France.

Le cancer bronchique est la première cause de mortalité par cancer en France et dans le monde. Avec environ 39 500 nouveaux cas en 2012 en France métropolitaine, le cancer du poumon arrive en quatrième position en termes d’incidence des cancers tous sexes confondus.

Il est également en 2012 à l’origine du plus grand nombre de décès annuels par cancer (environ 30 000 décès) selon les données de l’Institut National du Cancer (INCA). Véritable problème de santé publique, son incidence ne cesse d'augmenter et son pronostic reste plutôt sombre.

Le département de la Somme présente une surmortalité de 18% par rapport à la moyenne nationale pour le cancer du poumon qui reste en France la première cause de mortalité par cancer. Si l'on sait que la fumée de tabac en est le principal facteur de risque, l’autre particularité de ce cancer est qu’il est souvent diagnostiqué à un stade évolué où les traitements sont limités.

Proposer un test de dépistage par tomodensitométrie thoracique à faible dose (TDM-LD) a pour but de détecter ce cancer à un stade précoce, alors éventuellement éligible à un traitement curateur. Le dépistage par TDM-LD a en effet montré une diminution de la mortalité de 20% du cancer du poumon dans une importante étude américaine, l’objet de ce projet est de vérifier dans notre région l’impact en termes de survie d’un tel dépistage.

Si ce test de dépistage a pour but de diagnostiquer à un stade précoce les cancers du poumon, il met également fréquemment en évidence des anomalies bénignes nécessitant des explorations complémentaires (dans environ un quart  des cas) : scanner thoracique à 3 mois, fibroscopie bronchique, TEP scan, exploration chirurgicale. Ces examens seront décidés de façon collégiale si nécessaire par un chirurgien thoracique, un pneumologue, un radiologue et le médecin traitant.

La découverte précoce d’un cancer va permettre de proposer un traitement chirurgical rapide afin d’améliorer la survie de cette pathologie et d’éviter une prise en charge tardive par des traitements palliatifs lourds et couteux.

Les personnes participant au dépistage seront sensibilisées à l’arrêt du tabac. Il s'agit de fumeurs ou d'anciens fumeurs, âgés de 55 à 74 ans, sans maladie évolutive grave ni infection pulmonaire récente, entre autres critères.

Compte tenu de l’aspect expérimental et novateur de cette action, les résultats pourront être présentés lors de réunions scientifiques et traduits sous forme de publications. En fonction des résultats de ce projet pilote, une extension au niveau régional et national de ce dépistage pourra être discutée.