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Le désir d’enfant semble souvent simple, mais en fait, il est très complexe, parfois contradictoire et ambivalent, intense ou inquiétant... Il vient de très loin.

Par France 3 Picardie

Comment apparaît le désir d’enfant ?

Le désir d’enfant s’appuie sur des images, des vécus, des envies ou des peurs provenant des grandes étapes de la vie. Il peut être conscient et inconscient.

Il vient déjà de la petite enfance (jeux avec des poupées), où l’on s’identifie à un parent admiré ou redouté. On pressent parfois qu’il peut aussi réveiller des vécus difficiles de l’enfance, des peurs d’être enfermé, dépendant, des angoisses de perdre de sa liberté.

A l’âge adulte, c’est le plaisir d’être un couple, d’être deux et de devenir trois. C’est la satisfaction de réaliser des désirs anciens : devenir un parent et s’identifier à eux, fonder une famille et avoir des responsabilités. Désirer un enfant, c’est retrouver le passé et se projeter dans l’avenir.

Chez les hommes comme chez les femmes ?

La maternité est plus corporelle, sensorielle et utérine chez la femme, la mère. C’est presque un désir physique, sensuel. On n’a pas les mêmes places.

L’homme a un rôle de protection, de sécurisation de ce groupe pour que s’accomplisse le contentement du bébé et de la mère.

C’est l’image de soutien, le désir de sécuriser et de protéger l’enfant et sa mère. Il nous montre que, bien souvent, dans son désir de devenir père, il rêve aussi à l’après et à l’avenir : quand il pourra faire du foot et du vélo, apprendre à l’enfant et l’éduquer.

Une décision difficile pour beaucoup de couples ?

Les mentalités ont changé. Avant, avoir un enfant était le fait de l’absence de contraception. On faisait attention mais il y avait beaucoup de bébés « surprises » et l’on s’adaptait.

L’enfant est aujourd’hui programmé, planifié. Il y a souvent des résistances inconscientes derrière les prétextes, comme ne pas replonger dans un voyage vers l’enfance qui nous a fait souffrir.

Avoir un enfant, c’est retrouver ce monde d’autrefois où l’on a soi-même été enfant dans une famille. Et certains ont peur de reproduire dans les confusions ou la parentalité confuse.

Une inquiétude particulière derrière le désir d’« être prêt » ?

C’est parfois un prétexte pour ne pas s’engager. Les inquiétudes sont là, mais pas forcément conscientes. Derrière, se cache l’inquiétude de savoir « serai-je une bonne mère, un bon père ? », « ne vais-je pas reproduire ce que j’ai subi ».

La parentalité apporte de grands bonheurs mais certains peuvent aller jusqu’à la redouter, car elle est aussi chargée d’angoisses, de responsabilités qui peuvent paraître parfois insurmontables, lorsque la sécurité et la solidité personnelles ou conjugales sont fragiles.

Savoir « s’autoriser » psychiquement d'avoir un enfant

Les parents doivent nous permettre de prendre notre place dans la filiation, c’est accepter que des générations se succèdent. Ils ont eu un devoir de nous consolider, de nous donner une sécurité.

Il y a des personnes à qui l’on n’a pas donné ce sentiment ni le droit de prendre la place de parent. Des blocages peuvent aussi venir des représentations qu’on se fait de l’enfance.

Quelqu’un qui a eu une enfance traumatisante peut ne pas vouloir d’enfant. D’autres, au contraire, se précipitent pour réparer inconsciemment leur enfance dans un besoin personnel, mais c’est souvent au détriment des besoins de l’enfant.

Parfois l'un veut, l'autre pas...

On peut tenter de supporter cette situation, mais cela dépend des cas. Parfois, l’arrivée de l’enfant n’est pas si urgente que ça ; sinon, c’est un besoin vital pour le sujet et il faut se poser la question de pourquoi cela presse tant. Il faut être patient, mais lucide.

En revanche, passé un certain âge, chez les femmes notamment, il faut agir. L’horloge biologique tourne. Il faut alors en parler ensemble, trouver les raisons profondes et différentes de chacun, accepter d’écouter la façon différente de chacun pour en parler, et comprendre ce qui arrive à celui qui a des craintes, éventuellement en parler avec des psychologues spécialisés dans la parentalité et la famille.

Le moment idéal, une utopie ?

Avoir des images idéales qui nous poussent, nous donnent des ambitions, c’est très beau. L’image d’un enfant comblé par des parents aisés, sans soucis, merveilleux et irréprochables est un joli rêve qui peut donner des ailes pour faire au mieux.

Mais la réalité doit reprendre le dessus, sinon, on rêve sans réalisation. La famille parfaite et idéale n’existe pas.