hauts-de-france
Choisir une région

Séraphine Louis était femme de ménage à Senlis au début du XXe siècle. Peintre autodidacte, il a attiré l'attention d'un collectionnaire d'art allemand, qui avait joué un rôle important dans le développement du cubisme et de l'art naïf. Une chronique en partenariat avec l'Agince pour ech picard.

Par France 3 Picardie

Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis, est née à Arsy dans l'Oise en 1864 dans une famille de paysans pauvres. Elle perd sa mère à l'âge d'un an, son père à sept et c'est sa sœur aînée qui s'occupe d'elle.

Très croyante, Séraphine va tous les jours à la messe du matin ; après l'école elle garde le petit troupeau de bêtes de la ferme voisine et se plait beaucoup dans la nature.

À 17 ans, elle est placée comme domestique chez les Sœurs à Clermont. Plus tard, elle fera des ménages dans les familles bourgeoises de Senlis et s'installe en 1902, à 38 ans, dans une petite pièce sombre inconfortable, sans meuble, où elle s'éclaire à la bougie. C'est là qu'elle commence à peindre. 

Autodidacte, son style est plutôt naïf et ses motifs préférés - fleurs, fruits, plumes, arbres -  sont peints avec du Ripolin mélangé avec du sang, de la terre et d'autres substances "secrètes". Ils donnent à ses tableaux beaucoup de lumière et de couleurs et traduisent l'état psychique fragile de Séraphine pour qui ces motifs sont divins. Elle est souvent en état de transe quand elle peint.

Elle vivote ainsi jusqu'en 1912 quand le collectionneur  allemand Wilhelm Uhde, installé à Senlis, découvre ses peintures. Udhe achète des Braque, Picasso, Derain, alors inconnus et découvre le douanier Rousseau. Il soutient Séraphine mais quitte la France en aout 1914 pour ne revenir qu'en 1927 pour une exposition à Senlis où trois grandes toiles de l'artiste sont présentées. Udhe les achète et la critique Parisienne parle d'elle.

L'ancienne petite fille pauvre est plus à l'aise financièrement mais l'argent lui file entre les doigts et quand la crise de 1929 survient, Udhe ne l'aide plus. Séraphine qui approche les 70 ans est perturbée ; elle a peur des démons et des humains et s'enferme chez elle de peur qu'on l'empoisonne. Elle sombre alors dans la folie, et on l'interne en 1932 à l'hôpital psychiatrique de Clermont où elle refuse de peindre.

Abandonnée dans cet asile où s'entassent plus de 4000 malades crevant la faim et mangeant l'herbe du jardin pour survivre, Séraphine meurt en décembre 1942.

Udhe étant recherché par la Guestapo se cache dans le midi de la France et personne n'assiste à son enterrement dans la fosse commune. En 2005 l'hôpital de Clermont lui rendra hommage en lui offrant une sépulture digne de l'artiste.

Il ne reste que 70 toiles de Séraphine ; certaines sont visibles au musée Maillol de Paris, au Centre Pompidou-Metz et dans des musées d'art à Senlis, Nice, Laval et Villeneuve-d'Ascq.

En 2008, le film "Séraphine" d'Alain Provost récolte une moisson de distinctions lors de la 34e cérémonie des César ; nous nous souvenons en particulier du césar de la meilleure actrice de Yolande Moreau qui crève l'écran dans le rôle de Séraphine.



Pour aller plus loin :