La pyschologue Marylène Govin nous dit tout sur cette expression de notre visage, activée par quinze de nos muscles zygomatiques, souvent assimilée à de la joie. Mais le sourire peut avoir plusieurs sens. Il est un langage à part entière.

Par Julien Guéry

Sourire, oui, mais pourquoi ?

Le sourire est un mécanisme cérébral qui est l’expression d’une émotion, d’un sentiment.
Il existe différentes manières de sourire, pour exprimer diverses émotions. Ainsi, le sourire en coin, peut manifester tout aussi bien l’agacement que la timidité.

Combien de fois sourions-nous par jour ? Impossible de le dire, tant cela dépend des personnalités et des instants choisis. Mais sourions-nous toujours pour exprimer le plaisir ?

A la naissance, nous ne savons pas sourire. Notre envie de sourire nait en voyant l'expression sur le visage de nos parents et de nos proches.
Il apparaît chez le bébé entre son 30ème et son 45ème jour, au plus tard à 3 mois, pour exprimer un contentement à la vue d’une personne familière, à l’écoute d’un son mélodieux ou après un repas. Le sourire est un comportement d’attachement, il est l’interaction entre l’enfant et sa mère, c’est un outil de communication
L’apprentissage par imitation va ensuite jouer son rôle et donner tous ses sens au sourire.

Le sourire peut avoir un vrai effet sur notre moral et notre humeur : tout d’abord, on obtient un sourire en échange du notre ce qui rend les rapports agréables.
Le sourire permet de donner une image plaisante de soi. C'est un échange de communication ; un vrai lien social positif !

Le sourire est très efficace dans les relations interpersonnelles gratifiantes ; il est évident que l’on a tendance à privilégier les personnes souriantes aux personnes moroses.

Un sourire est aussi un moyen d’apaiser les tensions, même si cela en vérité sont de faux sourires ! c'est l’expression de nos émotions positives.
Sourire aide en effet « à voir la vie du bon côté » grâce à un phénomène psychologique que l’on appelle la dissonance cognitive : nos actes influenceraient plus nos pensées que ces dernières n’auraient de pouvoir sur nos actes.

C’est la plus subtile des expressions humaines mais aussi la plus énigmatique. Le sourire séduit, mais, s'il est contraint ou automatique, peut provoquer un sentiment de malaise.

Mais à chaque type de sourire ses muscles spécifiques !

Ainsi, le sourire de politesse, simple plissement des lèvres, met en jeu la contraction du grand zygomatique, alors que le sourire de joie, large et éclatant, fait intervenir l’orbiculaire palpébral, le muscle des paupières.

Il y a celui-ci ne s’active qu’involontairement lors de sensations agréables : impossible de confondre un rictus contraint et un sourire de bonheur !
Le sourire est un autre langage, un moyen de traduire ce qui, en nous, reste muet.

Il existe différents sourires, avec des significations bien spécifiques.

Le sourire de bienvenue

Celui qui nous accueille. Le sourire de bienvenue ou de politesse, à la fois proche et distancié, met spontanément à l’aise, même si l’on n’a aucun lien avec celui qui nous l’adresse.

Le sourire gêné,

C'est celui qui nous excuse : loin de toujours exprimer le plaisir, le sourire peut aussi marquer notre volonté de prendre de la distance : un sourire gêné peut nous monter aux lèvres lorsque nous venons de commettre un impair et que la honte nous submerge. C’est le sourire commentaire, celui qui marque le désarroi.

« Le sourire est un trésor. Il n’est pas nécessaire qu’une personne soit jolie ; il faut qu’elle soit aimable. L’habitude d’un sourire peut refaire un visage ». Ernest Ouellet

Le sourire du lien social

C’est le sourire qui met la joie. Il ne s’adresse pas forcément à qui nous sommes mais il y a quelque chose d’universel en nous.

Le sourire complice

celui qui nous rassemble. Un sourire complice exprime l’appartenance à une même histoire. Il révèle une entente étroite, une connivence avec certains êtres choisis. Il capte la complicité des regards

Le sourire séducteur

Celui qui désarme. Le sourire est partagé dans la plupart des rites de séduction à travers le monde.
En France, le sourire est toujours ce que les femmes apprécient le plus chez un homme (37 %), avant le regard (13 %) (Sondage Baileys-Ifop, 2005) 

Le sourire assure et rassure à la fois.

Le sourire défensif

Celui qui nous préserve. Face à l’inconnu, le sourire est notre première arme, une forme de lâcher-prise destiné à paralyser nos pulsions agressives et à neutraliser celles que l’autre peut ressentir à notre égard. C’est un signe d’apaisement que nous partageons avec toutes les civilisations.
On rentre dans une pièce où on ne connait personne, alors on sourit spontanément, comme pour se protéger de l’inconnu.

Le sourire audacieux

Celui qui nous donne de l’assurance. S’obliger à sourire nous entraîne à retenir les aspects positifs, à mettre en avant nos succès plutôt que nos échecs.

Le sourire nous aide à mieux gérer notre stress, à faire face aux changements avec davantage de sérénité.  Un sourire crée du sourire…

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