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Notre humeur change en fonction des événements, de la température, du moment de la journée, de l’année, puis elle revient assez naturellement à une certaine constante. Pour une personne bipolaire, l’intensité des humeurs est telle qu’elle génère une grande souffrance.

Par Eugénie Adam

Le trouble bipolaire est ce qu'on appelait auparavant la psychose maniaco-dépressive.

Nous connaissons tous des variations d’humeur au cours d’une journée. Notre humeur change en fonction des événements, de la température, du moment de la journée, de l’année, puis elle revient assez naturellement à une certaine constante.

Pour une personne qui est atteinte de trouble affectif bipolaire, l’intensité des humeurs est telle qu’elle génère une grande souffrance et peut avoir d’importantes conséquences sur sa vie personnelle, professionnelle et sociale.

Description du trouble

Il apparait généralement entre 15 et 25 ans. On décrit classiquement un cycle qui comprend une alternance plus ou moins rapide entre des phases maniaques et des phases dépressives, entre ces deux phases la personne retrouve une humeur « normale », cette période de rémission tend à diminuer avec l’évolution de la maladie en l’absence de prise en charge.

Lors des phases maniaques (durant au moins 4 jours consécutifs) :
  • l’humeur est exaltée, euphorique parfois délirante (la personne est désinhibée exubérante peut se mettre en danger).
  • la pensée va très vite (les idées s’enchainent très rapidement passent du coq à l’âne).
  • hyperactivité motrice (en phase maniaque la personne entreprend beaucoup de projets en même temps, elle n’a plus de limite n’est jamais fatiguée ne prend pas le temps de manger. Elle peut dépenser beaucoup d’argent compulsivement, jouer au casino, avoir une libido exacerbée).

Lors des phases dépressives :
  • l’humeur est triste (la personne n’a plus goût à rien, se culpabilise, se dévalorise, a des idées noires). Le nombre de suicide est 30 fois plus élevé que dans la population « normale ».
  • ralentissement moteur (fatigue intense, peut rester couché toute la journée, perte de plaisir et d’energie).
  • la pensée est également ralentie (troubles de la mémoire et de la concentration, soutenir une conversation peut représenter un effort trop intense).

L’on décrit également une forme mixte, c’est à dire une coexistence de symptômes maniaques et de symptômes dépressifs.

Malheureusement, le diagnostic est difficile et souvent fait très tardivement après en moyenne 8 à 10 ans d’évolution du trouble, de nombreuses consultations de psychiatres, parfois des séjours en psychiatrie et une réelle atteinte de l’estime de soi du patient.

Prise en charge

Elle doit être pluridisciplinaire et demande une prise de conscience du sujet et de ses proche. Elle nécessite :
  • un traitement médicamenteux pour aider à stabiliser l’humeur.
  • un travail psychothérapeutique afin de développer une bonne connaissance de sa maladie (psycho-éducation). Permet d’accepter la maladie, de développer une bonne connaissance des symptômes annonciateurs d’une phase maniaque ou dépressive et de favoriser l’adhésion au traitement.