La France en vrai

Le lundi à partir de 22h45, deux documentaires, pour porter un regard sur des histoires remarquables, des histoires de société, des histoires de France.
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DOCUMENTAIRE. Janine : de la Biélorussie au Nord, un retour chargé d'histoire

Née Janine à Lallaing, elle revient Janina sur sa terre natale après avoir vécu en Biélorussie. / © Produit par L'Atelier de Vladimir Bokun
Née Janine à Lallaing, elle revient Janina sur sa terre natale après avoir vécu en Biélorussie. / © Produit par L'Atelier de Vladimir Bokun

Elle est née Janine, à Lallaing en France en 1930, de parents polonais immigrés en France entre les deux Guerres. Mais depuis 72 ans, elle est Janina et vit en pleine campagne biélorusse, proche de Grodno. À 89 ans, c’est le retour à Lallaing dans le Nord.

Par JM & MM

Une promesse de Staline

Entre les deux guerres, nombreux furent les habitants russes et polonais à émigrer en France. Dans les corons et toutes les villes ou villages du Nord Pas-de-Calais, les noms polonais et à consonances slaves ornent encore les sonnettes des anciennes habitations de mineurs.

À l’inverse, nombreux sont ceux qui crurent à une promesse de Staline : du travail, un logement, une éducation gratuite en cas de retour en URSS. Mais surtout la possibilité de faire marche arrière à tout moment.
 
Janine enfant / © Production : L'Atelier de Vladimir Bokun
Janine enfant / © Production : L'Atelier de Vladimir Bokun

Des camps de rapatriement sont installés en France, sous la houlette d’un ancien chef du renseignement soviétique, le général Golikov.

L’appel au patriotisme lancé par Staline se solde par des wagons à bestiaux en guise de train de retour, un abandon à eux-mêmes des familles et surtout la confiscation de tous les papiers français, interdisant ainsi tout retour en France.


J’attendrai toujours, ton retour

Vladimir Bokun, réalisateur de ce documentaire a rencontré quelques-uns de ces émigrés/immigrés - on ne sait plus trop - qui n’ont bien souvent eu d’autre choix que de suivre leurs parents.

Il y a Stépan, 20 ans à l’époque du retour. Il y a vu une occasion de voir du pays et pour lui, ce fut une chance. Sa connaissance du français l’a amené à l’enseignement et à la traduction d’œuvres ou de documents officiels.

Didier Canesse, consul de France en Biélorussie travaille à la reconnaissance de la double nationalité de ces habitants de Biélorussie nés en France et leur fournit des papiers... Ceux que Staline n’aurait jamais dû subtiliser.
 

Et puis il y a Janina, fil rouge du film. Rouge comme le rouge des matriochkas à laquelle elle ressemble. 90 ans à l’état civil, mais une âme de jeune fille. Elle s’apprête à revenir à Lallaing dans le Nord, son village de naissance quitté après la guerre. Les 1 600 km qui séparent Grodno de Valenciennes ne l’effraient pas le moins du monde.

Depuis 72 ans, elle prie en français et chante La Marseillaise ou J’attendrai, sans accent "pour ne pas oublier la langue".
 
Janine au moment de son départ en Biélorussie / © L'Atelier de Vladimir Bokun
Janine au moment de son départ en Biélorussie / © L'Atelier de Vladimir Bokun

Janine a appris le russe, s’est mariée, a eu des enfants, des petits-enfants. Elle a été couturière, à la main, s’il-vous-plaît ! Elle avait le goût du travail bien fait.

Et puis c’est le retour à Lallaing, la mairie, les registres avec le nom de ses parents à leur arrivée et le coron de son enfance. La maison existe toujours et ses habitants lui offriront même un morceau de brique rouge.
 

Allez, on vous laisse découvrir le reste de ce "pèlerinage"... Et le sourire de Janine/Janina.

Quand on vient dans le nord, on pleure deux fois : une fois quand on arrive, une fois quand on repart parce qu’on ne veut plus le quitter, un peu comme Janine.


VOIR LE DOCUMENTAIRE 
 
Janine : de la Biélorussie au Nord



Un documentaire de Vladimir Bokun, produit par L'Atelier de Vladimir Bokun.