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Documentaires : Qui sommes-nous ?

Le lundi après le Soir 3, deux documentaires, à 23h30 et 0h30, pour porter un regard sur des histoires remarquables, des histoires de société, des histoires de France.
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Documentaire : “Les oubliés chinois de la Grande Guerre”

 Arrivée de travailleurs chinois dans la cour de la gare de Lunéville en 1917 - Photo d'archive / © France Télévisions, Tang Media et Cinquillo films
Arrivée de travailleurs chinois dans la cour de la gare de Lunéville en 1917 - Photo d'archive / © France Télévisions, Tang Media et Cinquillo films

À partir de 1917, 140 000 Chinois débarquent en France pour creuser des tranchées ou déminer les champs. Dans ce documentaire, le réalisateur Régis Prévot enquête auprès d’historiens et de descendants sino-français qui se battent pour la reconnaissance du statut de ces travailleurs oubliés.
 

Par Elise Benoit

Avec ses 335 habitants et son petit cimetière militaire anglais, Ayette est un village des Hauts-de-France comme il en existe beaucoup dans la région. 

Son cimetière, c’est l’Indian and Chinese Cemetery. 80 tombes, dont certaines d’entre elles dévoilent des stèles gravées de noms Chinois. 

À y regarder de plus près, il ne s’agit pourtant pas de militaires morts au combat, mais de travailleurs civils de la Première Guerre mondiale.

Qui étaient-ils, ces jeunes Chinois inhumés dans le Pas-de-Calais si loin de chez eux ?
 
Le réalisateur Régis Prévot a sillonné les Hauts-de-France pour comprendre comment ces travailleurs chinois ont pu se retrouver là, lors de 14/18.
 

Imaginez ces Chinois, venus travailler ici. Même s’ils étaient à l’arrière du front, ça devait chauffer. Leurs armes, c’étaient la brouette et les pelles pour transformer les champs de patate en tranchées. Ça n’a pas dû être simple, confie le réalisateur à La voix du Nord.

 
Camp de travailleurs chinois où le nom de chaque homme est inscrit sur une banderolle. British official photo - 26 mai 1918. / © France Télévisions, Tang Media et Cinquillo films
Camp de travailleurs chinois où le nom de chaque homme est inscrit sur une banderolle. British official photo - 26 mai 1918. / © France Télévisions, Tang Media et Cinquillo films

Ce film "Les oubliés chinois de la Grande Guerre" aborde donc l’un des épisodes les moins connus de la Grande Guerre. Il s’agit du recrutement de travailleurs chinois venus renflouer les rangs de la main d’œuvre ouvrière française.

 
Extrait du journal du travailleur chinois Shun Gan sur son arrivée en France

Au total, 140.000 travailleurs chinois rejoignent le front franco-anglais dès 1917 jusqu'en 1922. Leur condition de vie est rude.

Ils travaillent 7 jours sur 7, 10 heures par jour et sont logés dans des camps vétustes.

Employés à creuser des tranchées ou à déminer, ils seront un bon nombre à y laisser la vie.  

Ils partaient sans trop savoir ce à quoi ils pouvaient s'attendre, d'autant que nombre d'entre eux ignorait que le pays était en guerre. Ça ne leur été pas annoncé, explique l'auteur Yves Tsao.

Une fois la guerre terminée, certains décident de rester en France. Dans les Hauts-de-France, deux cimetières regroupent les tombes de ces travailleurs morts durant 14/18 : : celui d’Ayette près d’Arras dans le Pas de Calais,  et le plus vaste avec ses 849 tombes à Nolette, sur la commune de Noyelles-sur-mer, en Baie de Somme.


Le professeur à le retraite, Jean-Michel Ly, regarde les tombes dans le cimetière d'Ayette avec beaucoup d'émotion.

Pour moi, c'est un grand moment d'émotion parce que je m'appelle Ly, L.Y. et c'est la première fois que je vois exactement l'orthographe comme nom.

Le témoignage du petit-fils d’un travailleur chinois au Cimetière d’Ayette

Régis Prévot a enquêté auprès d’historiens professionnels ou amateurs ainsi que de descendants sino-français qui se battent pour la reconnaissance du statut de ces travailleurs oubliés.


Dans cet extrait vidéo, Michel Galiani -conférencier bénévole au cimetière de Nolette- raconte les conditions de vie des travailleurs chinois :

" Il y avait quand même un petit peu de joie, c'est ce qu'on appelle la fête du Pinyin, la fête du Nouvel An chinois. C'était le seul jour de repos dans l'année."

 
"Les oubliés chinois de la Grande Guerre"
Cimetière de Nolette/Noyelle-sur-Mer (80). Avec le conférencier bénévole du cimetière - Co-prod : Francetv/Tang Media/Cinquillo Films - Réal. : Régis Prévot


Les gens d'ici nous sont totalement différents que ce soit au niveau des manières ou encore de la tradition. Chacun de nos mouvements est différent comme notre façon de manger, de nous tenir, de nous déplacer. Tout est nouveau pour nous autres. 

Dans chaque équipe, il n'y a qu'un seul traducteur ce qui crée des tensions entre nous et les occidentaux, concernant les travaux qui nous sont demandés même s'il s'agit de tâches simples.
 Extrait du journal du travailleur Chinois Shun Gan

Les oubliés Chinois de la Grande Guerre

Réalisé par Régis Prévot
Production France Télévisions, Tang Media et Cinquillo films
 

Les travailleurs chinois venus en France, ce sont des simples gens, des pauvres gens. Ils ont consacré leurs âmes pour sauvegarder un peu la liberté du peuple français à cette époque-là. Donc il ne faut pas les oublier, Régis Prévot.

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