© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau
© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau

Originaire de Pampelune dans le royaume de Navarre au milieu du IIIe siècle, Firmin était un grand voyageur. Il prit un jour sa besace et son bâton et partit à l'aventure pour semer « la bonne parole ». Ses pas le menèrent à Beauvais puis à Amiens, où il devint le Ier évêque de la ville.

Par Gontran Giraudeau

Firmin était un « toucheu » : il guérissait, par imposition des mains, les furoncles et les maladies de peau. C'est ainsi qu'il a commencé à convertir la population gallo-romaine (les Ambianis) : selon la légende, il en aurait évangélisé trois mille en trois jours.

C'est pour cette raison que le préfet Romain Rictiovarus le fit décapiter le 25 septembre de l'an 303. Son corps fut découpé en morceaux et enterré en catimini, de nuit, dans l'église Notre-Dame des Martyrs, première cathédrale d'Amiens, à Saint-Acheul.

Trois cents ans plus tard, Saint-Sauve, évêque d'Amiens au VIe siècle, eut l'idée de translater ses reliques dans la nouvelle cathédrale (à l'emplacement actuel). Pendant trois jours et trois nuits, on chercha dans l'église St-Acheul : en vain.

Au matin du quatrième jour, ils aperçurent une tache de lumière, au sol, étincelante, éblouissante. Ils fouillèrent et découvrirent un coffre contenant les reliques. Lorsque l'on souleva le couvercle, un parfum de roses, de miel et de pain d'épices s'en échappa et se répandit dans l'air, dans l'église, dans la ville et même au-delà : à ce qu'on dit, on put sentir cette odeur parfumée à Montdidier, à Péronne, à Beauvais, à Noyon, à Saint-Quentin, à Arras, à Tournai et même jusqu'à Orléans, où Simon le Croisé aurait été guéri de la gangrène rien qu'en la respirant à sa fenêtre.

C'était un 13 janvier. Il gelait à pierre-fendre. À peine les reliques furent-elles chargées sur une charrette, l'atmosphère se réchauffa. Au fur et à mesure que la procession avançait vers Amiens, les arbres fleurissaient, les branches chargées de fruits cassaient sous leur poids, les pâtures reverdissaient et les oiseaux chantaient.

Comme on n'a plus jamais revu cela, on a baptisé cet événement « le miracle de Saint-Firmin ». Aujourd'hui encore, lorsqu'il fait beau au milieu du mois de janvier, les Picards parlent de «l'été de la Saint-Firmin ».

Kamini revit la Belle Epoque à Mers-les-Bains