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© France 3 Picardie
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Symboles ou utilitaires, les plantes ont écrit leur part de l'histoire de la Première Guerre mondiale, comme nous l'explique Olivier Cardon, botaniste.

Par France 3 Picardie

Les fleurs de la Grande Guerre - Picardie Mati (10/11/2016)
Symboles ou utilitaires, les plantes locales ou exotiques, ont écrit leur part de l'histoire de la Première Guerre mondiale, comme nous l'explique Olivier Cardon, botaniste.



Les symboles

© D.R.

Le coquelicot (papaver rhoeas) 
Le coquelicot a été associé au XXe siècle dans les pays du Commonwealth au souvenir des combattants et tout spécialement des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale.

Selon Wikipédia, cette allégorie du coquelicot découle d'un poème datant du printemps 1915, écrit par le lieutenant-colonel John McCrae, un médecin du Corps de santé royal canadien qui fut témoin de la terrible seconde bataille d'Ypres. Il s'intitule In Flanders Fields (Au champ d'honneur). En fait, les coquelicots fleurissaient dans les pires champs de Somme et des Flandres, et leur couleur rouge était un symbole approprié pour le bain de sang de la guerre de tranchées.


© D.R. Le bleuet (cyanus segetum)
Selon l'association Le bleuet de France, cette fleur sauvage a été choisie pour incarner le symbole national du Souvenir, car « elle serait un héritage des tranchées, un souvenir de ces jeunes nouveaux soldats arrivés dans leurs uniformes bleu horizon et baptisés « bleuets » par leurs aînés Poilus.

Le bleuet est une fleur des champs dans le chaos des hommes puisque le bleuet, malgré l’horreur des tranchées a continué de pousser sur les champs de bataille. Enfin, le bleuet est un hommage au bleu, couleur de la Nation, première couleur du drapeau tricolore.


Le fourrage


© D.R. Renouée du Japon (reynoutria japonica)
Arrivée en Europe en 1825, elle fut réintroduite dans le nord de la France par l'armée anglaise pendant la Première Guerre mondiale. Des années auparavant, des cavaliers de l'armée anglaise avaient remarqué en Inde (alors colonie anglaise) son développement rapide et ses qualités fourragères pour les chevaux. Ils en avaient prélevé, puis conservé, des graines dans le but de nourrir leurs chevaux sur d'autres champs de batailles où leur présence serait assez longue.

© D.R. Bermudienne des montagnes ou herbe aux yeux bleus (sisyrinchium montanum)
Elle se retrouve encore aujourd’hui dans certains endroits, où stationnèrent les troupes américaines. Nos alliés étaient soupçonneux sur la qualité et la quantité du fourrage que la France pouvait fournir. Ils prirent leurs précautions et amenèrent la nourriture pour leurs montures de leur pays. Et, ils dispersèrent quelques graines d’espèces d’outre-Atlantique autour des lieux de stockage.
  
Elle est actuellement en voie d’extinction en Picardie.

Le textile et la sparterie

© D.R. Ortie (urtica dioica)
Jadis, les fibres d’ortie étaient largement utilisées pour fabriquer des cordages, des fils et des vêtements. Durant la Première Guerre mondiale, les Allemands les ont utilisées pour fabriquer des tentes, des sacs à dos, des maillots de corps et des chaussettes ; 85 % de leurs vêtements étaient fait de fibres d’ortie.

La couleur naturellement verte de la fibre d’ortie était appréciée de l’armée pour confectionner des vêtements de camouflage. Dans les années 1940, pour la production textile, l’Allemagne et l’Autriche consacraient 500 ha et la Grande Bretagne 70 ha à la culture de l’ortie à fibre. Malheureusement, l’industrie de la fibre d’ortie a été abandonnée pour des raisons de techniques et de coûts.

D'autres plantes ont été utilisées pour le textile ou la sparterie (fabrication d'objets en fibres dures, en particulier issues de la noix de coco, du sisal, du jute et de la ronce) :
  • houblon
  • écorce de saule
  • roseau (typha)
  • guimauve officinale & guimauve faux-chanvre

© D.R. Laîche fausse-brize (carex brizoides)
Cette herbe originaire d’Europe centrale, également dénommée crin végétal servait de bourrage aux paillasses des soldats allemands de la première guerre mondiale. Les paillasses laissées sur place après la défaite ont libéré les graines de cette plante que l’on trouve sur les anciens emplacements d’abris militaires. Aujourd’hui il est parfois difficile de distinguer les stations naturelles des stations créées par le passage des troupes.
  Carex brizoides
Forêt du nord de la République tchèque
→ De nos jours, elle est présente en forêt d’Eu.

Alimentaire et médicinal

De nombreux jardins ont été créés, ils étaient destinés à diminuer la pression sur l’approvisionnement des populations et des soldats :
  • rutabagas, l’ortie, fanes de légumes, topinambours, choux-raves, jeunes trèfles
  • le pain était composé de farine de blé, de seigle, de maïs, d’orge, de sarrasin de fèves ou de fèveroles, suivant les disponibilités
  • les plantes des États-Unis : lentilles, pois, haricots, riz
  • la capselle bourse à pasteur a employée en Allemagne pour arrêter les hémorragies consécutives aux blessures
  • la grande gentiane