hauts-de-france
Choisir une région
© France 3 Picardie
© France 3 Picardie

Aconits, belladones, colchiques d'automne ou encore digitales ont en commun d'être communes dans nos jardins et mortelles ! Mais on peut aussi les utliser pour se soigner, comme nous l'explique le botaniste Olivier Cardon.

Par France 3 Picardie

Certaines plantes, pour se défendre, fabriquent des toxines. De ces toxines (aconitine, atropine, colchicine, digitoxine etc.), l'homme a développé des poisons ou des médicaments. 

Des plantes mortelles mais soignantes de nos jardins - Picardie Matin (22/09/2016)
Aconits, belladones, colchiques d'automne ou encore digitales ont en commun d'être communes dans nos jardins et mortelles ! Mais on peut aussi les utliser pour se soigner, comme nous l'explique le botaniste Olivier Cardon.

© D.R.

L'aconit (aconitine)

L'aconit napel est l'une des plantes les plus toxiques de la flore d'Europe tempérée (la plus toxique de France). L'empoisonnement par cette plante a été décrit dès 1845.

Toute la plante est vénéneuse. Les molécules toxiques sont des alcaloïdes diterpéniques. L'alcaloïde principal est l'aconitine. L'aconitine entraîne la mort par paralysie des différents systèmes vitaux, elle engendre également entre autres symptômes des sueurs, une mydriase, une hypersalivation jusqu'à la mort.

Il n'existe aucun antidote à cette toxine. On considère qu'une ingestion de 2 à 3 g de racine est suffisante pour entraîner la mort.

 

© D.R.

La belladone (atropine)

Poison mortel, la belladone fut aussi utilisée pour parfaire la beauté des femmes de la Renaissance.

Les Italiennes élégantes appliquaient sur leurs yeux une pommade à base de belladone qui avait pour effet de dilater leurs pupilles et de leur donner de profonds yeux noirs. D'où l'expression belladonne, c'est-à-dire « belle femme » en italien.

Bien dosé, le poison peut aussi être un médicament. La belladone est un calmant et un puissant antidouleur, ce qui la fit employer pour anesthésier les malades (notamment dans le cadre d'une opération chirurgicale).

 

© D.R.

Le colchique (colchicine)

Le colchique contient de la colchicine (pour l'homme, troubles à partir de 10 mg, mortelle à partir de 40 mg) et il arrive fréquemment au bétail d'être intoxiqué.

La colchicine, bien qu’utilisée en thérapeutique est un poison bloquant la division cellulaire.

L’intoxication par ingestion se manifeste par des troubles digestifs violents, des troubles sanguins et neurologiques. L’issue peut être dramatique.


 

© D.R.

Les digitales (digitoxine)

Ces plantes peuvent être très toxiques. L'absorption d'environ 8 g de feuilles s'avère être létale sur un sujet humain de corpulence moyenne.

C'est William Withering (1741-1799), médecin et botaniste britannique, qui découvrit un peu par accident la digitaline en 1785, substance contenue dans les feuilles de digitales.

L'utilisation thérapeutique moderne de cette molécule sera rendue possible grâce aux travaux de cristallisation du pharmacien et chimiste français Claude-Adolphe Nativelle (1812-1889).


 

© D.R.

Le ricin commun (ricine)

Les graines et les coques de ricin contiennent des produits toxiques, le principal étant la ricine.

Elles renferment également un allergène plus difficile à rendre inactif que la ricine et pouvant provoquer une hypersensibilité chez les humains en contact avec ce produit. Cet allergène semble peu nocif pour les animaux.


 

© D.R.

L'if commun (taxole)

Toutes les parties de l'arbre, sauf l'arille rouge entourant la graine, sont très toxiques car elles contiennent des alcaloides (taxine). De nombreux cas d'empoisonnements mortels sont signalés dans la littérature.

De nombreux herbivores sont intoxiqués (parfois des troupeaux entiers). Le cheval, qui en est friand, est très sensible.
 

© D.R.

Le tabac (nicotine)

La plante contient un alcaloïde très toxique : la nicotine (dose mortelle entre 30 et 60 mg ) qui est un insecticide très puissant (50 fois plus toxique que le DDT).

Les récolteurs de feuilles de tabac sont parfois intoxiqués, car la nicotine passe à travers la peau (maladie du tabac vert).

Il y a rarement intoxication par consommation directe de la plante.

En campagne, il faut protéger les animaux des plantations car ils supportent généralement mal de manger des feuilles de tabac.


 

© D.R.

La consoude officinale (pyrrolizidine)

Cette plante contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques toxiques pour le foie à haute dose.

La tradition prête à la racine de consoude des propriétés hémostatiques, anti-inflammatoires, astringentes, cicatrisantes et émollientes.