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© France 3 Picardie
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Il est possible, très tôt, de constater certains signes de précocité, notamment dans le développement de l’enfant et ses apprentissages. Une précocité qui peut mettre l'enfant en décalage avec son environnement. Comment aider son enfant précoce ? Marylène Govin, psychologue, nous répond.

Par Marylène Govin

Différent sur les plans intellectuel et affectif

Sur le plan intellectuel, l’enfant surdoué se distingue par la forme particulière de son intelligence.  La différence est qualitative, et non quantitative. Ainsi, alors que l’être humain lambda favorise l’hémisphère gauche de son cerveau, il est scientifiquement prouvé qu’un enfant surdoué utilise de façon privilégiée son cerveau droit, ce qui lui confère une intelligence plus intuitive que raisonnée.

On sait aussi que les informations y sont traitées plus rapidement, car elles sont redistribuées dans toutes les zones du cerveau, ce qui se traduit par une réelle hyperactivité neuronale. On pourrait aussi ajouter que sa perception sensorielle est extrêmement performante (sa vue est plus large, son ouïe lui permet d’écouter plusieurs conversations en même temps, son odorat est ultra-sensible…).

Sur le plan affectif, l’enfant surdoué est avant tout un être hypersensible, chez qui les émotions sont exacerbées : son amour, sa colère, sa susceptibilité ou sa peur sont d’une intensité peu commune. Ses sens exaltés lui permettent aussi de ressentir des choses imperceptibles et l’empathie, cette capacité à ressentir les émotions d’autrui, est son sixième sens.

Il est particulièrement sensible à la justice, mais surtout à l’injustice qui le révolte. Sa quête de vérité est une nécessité absolue, ce qui en fait un enfant très actuel, en quête de sens, humain et généreux. S’il porte un regard lucide sur son environnement, ses désillusions sont souvent très douloureuses, et ce, même si elles lui servent de moteur pour avancer. Intelligent, sensible, créatif et clairvoyant : l’enfant surdoué, malgré les difficultés, à toutes les cartes en main pour bien grandir et réussir.

Mon enfant est précoce, comment l’aider ? - Picardie Matin (07/10/2016)


Comment détecter une précocité?

Les signes qui peuvent être constatés dès la petite enfance :
  • bébé très tonique
  • bébé scrutateur: éveillé et curieux
  • bébé petit dormeur, qui peut se contenter de nuits courtes
  • enfant qui parle très tôt, ou plus tardivement mais tout de suite de façon correcte
  • enfant dont le vocabulaire est rapidement très riche
  • enfant qui, une fois entré dans le langage, se met tout de suite à poser beaucoup de questions et commence à s’interroger, bien avant les autres, sur des questions existentielles (sur la vie, la mort, le monde…)
  • enfant désireux d’apprendre très jeune à lire et à écrire (seul ou avec l’aide des adultes)

Il est possible, très tôt, de constater certains signes de précocité, notamment dans le développement de l’enfant et ses apprentissages.  Mais il y a des raccourcis à ne pas prendre. Un signe de cette liste ne suffit pas à poser le diagnostic, que seul un bilan complet réalisé chez un psychologue peut confirmer.

Et l’inverse aussi est vrai : on ne peut affirmer qu’un enfant surdoué sera absolument conforme à tous les aspects énoncés.

Il existe certains signes caractéristiques d'un enfant précoce. L’enfant présente généralement plusieurs signes conjoints mais rarement tous :
  • éveil : certains indices peuvent mettre la puce à l’oreille des parents Votre enfant est d’abord un bébé éveillé. Il marche la plupart du temps à 12 mois au lieu de 14, parle aisément à 2 ans au lieu de 3 et sait lire dès l’entrée au CP
  • langage : s’exprime très bien sans forcèment passer par la phase du « parler bébé ». Un vocabulaire riche et étonnant pour son âge
  • lecture : apprentissage de la lecture seul et tôt, 90 % des enfants précoces savent lire avant le CP
  • facultés d’apprentissage : compréhension très rapide, instantanée
  • déteste la routine : L'enfant précoce supporte mal l’échec et manque de ténacité face aux difficultés
  • curiosité : l’enfant précoce est très curieux. Il pose d’innombrables questions, s’intéresse à des sujets qui ne sont pas forcèment de son âge (origine homme, préhistoire, astronomie) et épuise le sujet jusqu’au bout puis change de centre intérêt
  • beaucoup de questionnements philosophiques : La mort, la vie, Dieu, l’espace…
  • relations sociales : difficulté à s’insérer socialement. L’enfant précoce est rarement le leader du groupe, il préfère passer inaperçu. En règle générale, il est plus à l’aise avec des enfants plus âgés ou plus jeunes
  • fréquemment hypersensible et anxieux : Il ne peut pas supporter l’injustice qu’elle soit envers lui ou envers un autre
  • dyssynchronie : chez les enfants précoces on observe un décalage entre la pertinence de leurs remarques et la maladresse dont ils peuvent faire preuve (ils ont un raisonnement de grand et comportement de bébé)
  • situation d’urgence : sa timidité maladive peut l’empêcher d’agir, il s’en voudra ensuite de ne pas être intervenu alors qu’il aurait du le faire
  • imagination fertile : l’enfant précoce se crée un univers imaginaire (et un ami imaginaire parfois) pour satisfaire son besoin de s’évader
  • grand sens de l’humour : cela lui permet de se distancier des évènements
  • esprit critique : face à lui-même et face aux autres, adultes compris. Il n’hésite pas à reprendre son interlocuteur s’il se trouve face à une défaillance
Mais quoi qu’il en soit, un enfant qui présente certains de ces signes n’est pas forcement précoce. Seul le passage de test auprès de psychologue qualifié aura valeur de confirmation de vos soupçons.


École et surdoués ne font pas toujours bon ménage

Ainsi, dès la maternelle, un contraste entre les jeunes surdoués et les autres enfants se dessine parfois. En décalage avec les enfants de leur âge, avec qui ils ne se trouvent pas de points communs, les enfants précoces se lient souvent d’amitié avec des enfants beaucoup plus âgés, ou à l’inverse, beaucoup plus jeunes.

Certains ne voient pas l’intérêt de ce que la maîtresse leur demande, ou ne décodent pas les implicites de l’école. Résultat : ils répondent à côté de ce qu’on leur demande, voire apportent des réponses beaucoup trop complexes. Ils s’ennuient (notamment pour ceux qui ont déjà appris à lire et/ou à écrire) et s’agitent. C’est le premier moment d’alerte.

En primaire, les surdoués, qui apprennent très vite, ont donc tendance à ne pas travailler. Si certains s’en sortent avec de très bons résultats néanmoins, ce n’est le cas de tous. Les difficultés sociales deviennent de plus en plus pesantes.

Les jeunes surdoués ont beaucoup de mal à se lier d’amitié avec leurs camarades. Leur rapport aux adultes et aux enseignants, par qui ils se sentent souvent incompris et rejetés, devient problématique et les enfants passent souvent pour des insolents, des impertinents.

Au collège, il semble que les jeunes surdoués parviennent à composer avec leur intelligence jusqu’en cinquième sans trop d’échec. C’est en quatrième, lorsqu’il devient nécessaire de mettre en œuvre de vraies stratégies d’apprentissage qu’ils n’ont pas acquis jusque-là, que tout s’écroule. Ils ont beau avoir les réponses aux problèmes, ils sont incapables d’expliquer comment et de développer leur réponse, ce que leur demande les professeurs.

C’est là que les décrochages les plus spectaculaires sont observés. Avec certains ados surdoués qui vont alors se mettre à faire les imbéciles pour se sentir exister et d’autres qui vont sérieusement se déprimer. C’est en général à cet âge que le plus grand nombre de surdoués sont, tardivement, repérés.

Quant au lycée, la plus grande difficulté à laquelle ils vont être confrontés est l’orientation. Eux qui auraient voulu exercer tous les métiers du monde lorsqu’ils avaient 10 ans, il leur faut faire un choix.
Et donc renoncer aux autres possibles. C’est ce cap de l’orientation, qui leur semble bien souvent insurmontable, qui les pousse à saborder leur scolarité pour repousser autant que possible le moment fatidique du choix.


De l’importance pour l’enfant de savoir qui il est

Quel que soit l’âge auquel l’enfant est repéré, il est alors nécessaire de lui faire passer un bilan auprès d’un psychologue habilité. Il permet à l’enfant et à ses parents de mieux comprendre les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et d’envisager, si nécessaire, une aide efficace et adaptée. En aucun cas, ce bilan n’a pour but d’étiqueter l’enfant et de l’enfermer dans un profil.

Outre les problèmes, il met aussi en lumière les ressources et les compétences de l’enfant. C’est sur elles qu’il pourra s’appuyer pour avancer, mais aussi, dans certains cas, pour retrouver l’estime de soi, parfois anéantie par des années d’échec scolaire.
Le bilan psychologique peut être réalisé en seulement quelques heures. Il se compose de tests d’intelligence (avec évaluation du QI) et de tests cognitifs (bilan de personnalité).

Une fois le diagnostic posé et suivant les difficultés rencontrées, le psychologue pourra proposer des pistes de travail : rebooster l’image de soi, travailler sur les implicites de l’école, trouver une solution aux troubles connexes (dyslexie, hyperactivité…).
Il pourra aussi proposer un suivi psychologique et, si besoin, rediriger la famille vers un psychiatre ou un neurologue.

Avec le soutien et l’aide nécessaires, de nombreux enfants apprennent à vivre avec leur différence et à en faire une richesse. Ceux qui s’en sortent le mieux témoignent généralement d’avoir pu s’appuyer sur trois éléments essentiels : un milieu affectif stable (un entourage familial concerné), des rencontres qui ont fait la différence (sur le plan médical mais pas seulement) et le sentiment d’avoir été compris et pris en considération (d’où l’importance d’un dépistage précoce).


Comment l'aider ?

Une fois le diagnostic de précocité posé, il est primordial pour les parents de prendre conscience des particularités de leur bambin (tant sur le plan intellectuel qu’affectif) et d’en informer les professeurs.
  • le faire identifier rapidement : il met un nom à son mal être, cela sécurise l'enfant précoce et pourra lui permettre d’éviter un échec scolaire
  • lui faire comprendre et accepter ses différences
  • le stimuler intellectuellement
  • satisfaire son insatiable curiosité : l’aider à assouvir ses soifs de questionnements en encourageant ses passions
  • concernant les enfants les plus sociables, il est possible de les laisser dans un circuit général et de leur faire sauter une ou plusieurs classes, avec un accompagnement spécifique. Vous pouvez y ajouter aussi des cours supplémentaires à distance
  • une avance d’un à 2 ans peut permettre à l’enfant précoce de se retrouver dans la classe d’âge qui lui correspond et de trouver des repères rassurants, l’impression de se trouver a sa place…Même au milieu de camarades plus âgés que lui, le fait de « sauter une classe » peut l’aider à atténuer le décalage entre lui et les autres enfants. Le saut de classe doit être effectué de préférence en maternelle ou en primaire. Il est déconseillé au collège. Si cela est vraiment nécessaire préférer le faire en 6 ème ou en 5 ème
  • parfois, il faut privilégier une solution alternative en l’orientant l'enfant précoce vers des classes ou des établissements spécifiques quand l’enfant a de trop grandes difficultés à intégrer le système classique. Il peut être intégré une classe spécifique pour EIP au collège, avec des programmes enrichis et encadrés par une équipe spécialisée
  • autre solution : les camps de vacances pour enfants précoces. Le but étant qu’ils se rencontrent et fassent ensemble des activités stimulantes (sciences, informatique, dessin…), pour pallier à l’ennui
  • un accompagnement psychologique peut être recommandé afin d’aider l’enfant précoce à s’exprimer et à s’épanouir au quotidien


























Pour les enfants précoces : Que faire ?
Une fois le diagnostic de précocité posé, il est primordial pour les parents de prendre conscience des particularités de leur bambin (tant sur le plan intellectuel qu’affectif) et d’en informer les professeurs.
• Le faire identifier rapidement : il met un nom à son mal être, cela sécurise l'enfant précoce et pourra lui permettre d’éviter un échec scolaire.
• Lui faire comprendre et accepter ses différences.
• Le stimuler intellectuellement.
• Satisfaire son insatiable curiosité : l’aider à assouvir ses soifs de questionnements en encourageant ses passions.
• Concernant les enfants les plus sociables, il est possible de les laisser dans un circuit général et de leur faire sauter une ou plusieurs classes, avec un accompagnement spécifique. Vous pouvez y ajouter aussi des cours supplémentaires à distance.
• Une avance d’un à 2 ans peut permettre à l’enfant précoce de se retrouver dans la classe d’âge qui lui correspond et de trouver des repères rassurants, l’impression de se trouver a sa place…Même au milieu de camarades plus âgés que lui, le fait de « sauter une classe » peut l’aider à atténuer le décalage entre lui et les autres enfants. Le saut de classe doit être effectué de préférence en maternelle ou en primaire. Il est déconseillé au collège. Si cela est vraiment nécessaire préférer le faire en 6 ème ou en 5 ème.
• Parfois, il faut privilégier une solution alternative en l’orientant l'enfant précoce vers des classes ou des établissements spécifiques quand l’enfant a de trop grandes difficultés à intégrer le système classique. Il peut être intégré une classe spécifique pour EIP au collège, avec des programmes enrichis et encadrés par une équipe spécialisée.
• Autre solution : les camps de vacances pour enfants précoces. Le but étant qu’ils se rencontrent et fassent ensemble des activités stimulantes (sciences, informatique, dessin…), pour pallier à l’ennui.
• Un accompagnement psychologique peut être recommandé afin d’aider l’enfant précoce à s’exprimer et à s’épanouir au quotidien.

Retour sur le 18 mai et l'au revoir d'Anne-Sophie Roquette au LOSC

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