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© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau
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Nous nous construisons tous avec notre propre regard, mais aussi avec celui des autres. Et le diplôme du baccalauréat concrétise le regard de la collectivité. Il marque l'entrée dans la vie sociale, universitaire ou professionnelle. Il représente une sorte de passage initiatique à la vie adulte.

Par Gontran Giraudeau

Le stress est donc très important et très intimement lié aux épreuves du bac. Le niveau de connaissances va être testé, mais également la personnalité du candidat. C'est très vrai pour les oraux, souvent plus redoutés.

Le mécanisme d'anxiété sociale est généré par la peur du jugement que l'on va recevoir. Lors d'une épreuve écrite, ce jugement est différé. Mais dans un oral, le face-à-face avec l'examinateur, la sensation d'être « en direct », sans filet de protection, donnent à beaucoup le sentiment de vivre une situation de jugement terrible. Certains perdent leurs moyens, d'autres, au contraire, sont électrisés par cette notion de “danger”.

C'est ainsi qu'agit le stress : à dose raisonnable, il rend plus efficace et plus performant. A dose trop importante, il paralyse !

Psycho - Picardie Matin (03/06/2016)

 

Comment apprend t- on à gérer son stress ?

Le stress est lié à deux facteurs. Une perception très subjective de l'importance de la situation, et l'idée que l'on a de ses capacités à y faire face. Celui qui fait de son examen un enjeu vital, et qui considère comme nulles ses chances de le réussir, s'enferme dans un stress puissant.  

A contrario, celui qui se soucie peu de ses épreuves et de ses révisions, a un niveau de stress trop bas, qui ne le rendra pas efficace. Il faut à tout prix se situer entre les deux. Pour cela, il est important de travailler sur quelques attitudes mentales bien précises :

  • transformer ses exigences en préférences : “ce serait mieux si je réussis” plutôt que “si je rate, c'est la catastrophe”
  • pour celui qui ne se fait pas assez de souci, travailler sur ses motivations réelles en écrivant sur une feuille blanche, d'un côté tous les avantages à ne pas réviser, de l'autre tous les avantages à réviser.


Il faut déterminer dans quel sens sa conscience balance. Et agir en conséquence !
 

Gérer le stress de son ado !

Passer son bac ou son brevet peut être stressant pour un adolescent. Les parents doivent être compréhensifs, mais ne pas encourager ce stress, au risque de voir leur enfant se noyer dedans, en spectateurs impuissants.

La première chose à conseiller aux parents c’est de dire à leur ado : « je sais que c’est une période vraiment pénible et je comprends que tu la vives de façon difficile. Mais tes parents et ta famille n’ont pas à être le punching-ball de tes émotions. Ce n’est ni bon pour toi, ni bon pour nous. »

Conseil : ne pas encourager le stress de son enfant en posant des limites ; il est angoissé, c’est normal, mais cela ne doit pas se retourner contre nous.
 

Être calme, mais ferme

L’inquiétude des parents est parfois inévitable. Mais l’exprimer peut avoir des effets très pervers sur son enfant. D’abord parce que cela peut décupler ses propres peurs. Ensuite parce que cela peut être source de tension.

Les parents doivent autant que possible faire preuve de calme, pour donner de l’assurance à leur enfant. Cela revient à leur dire : « tu vas faire tout ce que tu peux. J’ai confiance en cela, et je vais t’y aider ».

Conseil : Ne pas exprimer son propre stress nécessite de changer son attitude globale. Il ne s’agit pas d’être calme dans ses paroles, et complètement angoissé à d’autres niveaux de communication.
 

Eviter de dédramatiser l’examen

« C’est un examen banal, tout le monde le passe, 80 % réussissent », sont autant d’arguments utilisés par les parents pour rassurer leur enfant. Mais qui ont en réalité peu de poids.

Les adolescents se trouvent, à ce moment-là, dans une sorte d’autisme émotionnel. Ils ont conscience que ce qu’ils vivent, des milliers d’autres le vivent aussi, mais cela n’a pas d’effet sur eux.

Conseil : Quel que soit le niveau de difficulté de l’examen préparé (BEP, Bac, concours d’entrée à Sciences Politiques…), il faut toujours garder à l’esprit que c’est important pour son enfant.
 

Lui proposer de se fixer de petits objectifs

Faire des programmes, des plannings de révisions, c’est la méthode préférée des étudiants. Mais la plupart du temps, ils s’étendent à trop long terme, sont trop copieux et fatalement, deviennent indigestes. Se dire qu’ils auront bouclé tout le programme d’histoire d’ici 15 jours est trop vaste. Cela leur semble inaccessible, et donc, effrayant.

Ils doivent apprendre à se fixer de petits objectifs : « aujourd’hui, j’ai tel créneau pour travailler, je vais faire ça ». C’est la politique des petits pas, qui permet à l’enfant de se projeter dans un futur proche. Ce soir, il pourra se dire : « j’ai fait ça » et lister ce qui a été fait, plutôt que ce qu’il reste à faire.

Conseil : Mieux vaut voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, cela crée du positif dans la pensée.
 

Lui parler des effets néfastes de l’anticipation

C’est l’anticipation, le fait de se projeter à la veille de l’examen ou le jour « J », qui produit les peurs. Lorsque le candidat imagine l’épreuve (chercher sa place, recevoir sa consigne…), son visage se décompose.

Anticiper, c’est se projeter dans un futur qui nous semble aujourd’hui insurmontable. Pour les rassurer, on peut leur dire : « c’est normal que cela t’angoisse d’imaginer cela, puisque tu n’es pas encore prêt ».

Conseil : l’anticipation n’est positive que lorsqu’il s’agit de s’imaginer en train de réussir une épreuve. Se dire : « ce chapitre, je l’ai bien compris, si c’est celui-ci qui tombe, je vais y arriver » ajoute une dimension émotionnelle positive à ce que l’on vient de travailler.
 

Ne pas imposer les méthodes qui nous ont aidé

« Moi je faisais comme ça » est la phrase type qui révulse la plupart des adolescents.

Ils ont le sentiment que c’est quelque chose de très arbitraire, avec un mode impératif sous-jacent (« fais des fiches », « relis trois fois ton cours »). Il vaut mieux dire : « il y a différentes manières de travailler, est-ce que tu en as essayé certaines ? Laquelle te semble être la plus efficace pour toi ? »

Conseil : laisser la porte ouverte à son enfant. Accepter qu’il puisse refuser votre aide mais lui dire qu’il peut toujours revenir vers vous s’il a le sentiment de piétiner.
 

Lui proposer d’inverser les rôles

Transposer la relation prof-élève classique à la relation parent-enfant est souvent contre-productive. La solution inverse, surtout lorsqu’elle est bien argumentée, est généralement plus appréciée des ados.

Il s’agit simplement de leur dire : « moi je ne sais pas ou je ne me souviens plus, donc apprend-moi, explique-moi ». Cela va permettre à l’étudiant de savoir s’il maîtrise ce qu’il a appris, s’il est capable de redire les choses avec ses propres mots et surtout, cela va optimiser sa mémoire.

Conseil : proposer à son enfant de nous faire la leçon, et reprendre avec lui les points sur lesquels il aurait des difficultés.
 

Ne pas parler d’un éventuel échec

Pour rassurer leur enfant, certains parents sont tentés de relativiser l’échec. De lui dire que s’il échoue, ce n’est pas si grave, qu’il repassera son examen l’année prochaine.

Ce n’est pas du tout approprié, car ce n’est pas le moment. L’idée, c’est de rester positif : « aujourd’hui, tu fais tout ce que tu peux pour réussir ». Mais il ne faut pas se fâcher, si son ado part défaitiste. C’est en quelque sorte nier ses angoisses et cela peut lui sembler très méprisant.

Conseil : si votre enfant vous dit “De toute façon je ne l’aurai pas”, il faut lui répondre que vous comprenez qu’il ait peur, mais que cela l’empêche d’être dans l’instant présent, d’être dans l’action.
 

Lui laisser le choix

Proposer son aide doit rester une offre sympathique et ponctuelle. Il est évident que les étudiants ne vont pas réviser toutes leurs matières avec leurs parents. Mieux vaut donc le laisser choisir ce qu’il souhaite réviser avec vous, plutôt que l’inverse.

Lui dire : « dis-moi ce que tu voudrais travailler et quand », c’est jouer un rôle actif tout en lui laissant le plus de marge de manœuvre. C’est ainsi qu’il prendra goût à travailler avec vous.

Conseil : si votre ado n’a pas envie de travailler avec vous ou que cela ne fonctionne pas entre vous, vous pouvez aussi lui suggérer de réviser avec un binôme, un camarade de classe. Il est aussi possible d’avoir recours, si nécessaire, à un professeur particulier.


Le laisser réviser à sa façon
Qui n’a jamais entendu un élève dire « ce chapitre- là, je l’ai relu au dernier moment et c’est celui qui est tombé à l’examen ». Même si les parents craignent que leur enfant se couche tard pour travailler, ce qui nuirait à sa concentration et à ses capacités le jour « J », il est important de le laisser faire s’il veut réviser à la dernière minute.

Et ne pas lui dire : « c’est trop tard, c’est fini, ce n’est plus le moment ». S’il a besoin de se rassurer en se replongeant dans ses révisions, ce n’est pas un mal.

Conseil  : pour ne pas qu’il passe ses nuits à bachoter, demandez-lui d’organiser son temps et de se fixer des limites : « de combien de temps as-tu besoin et à quelle heure est-ce que tu décides de t’arrêter ? »


Enfin, ce n’est pas parce que l’un de nos enfants passe un examen important que toute la famille s’arrête de respirer. En effet, il est possible de faire de sa maison un environnement de travail agréable sans pour autant mettre en place de grands changements. Les encouragements et le soutien passent très bien par de simples petites attentions du quotidien.

Préparer à son enfant son plat préféré la veille de l’examen, demander aux frères et sœurs d’écouter leur musique moins forte etc. Par ailleurs, pendant les révisions, mieux vaut éviter de se crisper sur ce qui est habituellement source de conflit, comme le rangement de la chambre. Cela risque de rajouter du stress a une situation déjà tendue et de donner au jeune un prétexte tout trouvé pour se braquer et donc, refuser toute aide parentale ensuite.

Ne pas oublier d’avoir une alimentation équilibrer et au niveau du Sommeil : Vous pouvez réduire vos loisirs, le sport, les moments de détente, mais pas le sommeil ; il y va de vos capacités de concentration et de votre rapidité. Si vous ne parvenez pas à vous endormir, ne cogitez pas dans votre lit : écrivez sur une feuille de papier ce qui vous préoccupe, ou trouvez une activité qui vous permettra de vous évader sans vous stresser (lecture, télévision…).