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© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau
© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau

Avoir une maladie ou gagner au loto, pour un cartésien, chance ou malchance sont toujours des événement aléatoires. Parfois, on est incapable de modéliser les causes d'un événement :c'est toujours un aveu d'impuissance.

Par Gontran Giraudeau

Qu’en est-il de la chance ?

Pour le cartésien, la chance n'existe pas, et « avoir de la chance » ne veut rien dire. Chaque fois qu'on lance les boules du loto, toutes les combinaisons ont une probabilité de sortir. Si certains gagnent, c'est simplement dû au hasard. Gagner au loto, c'est vivre un événement parmi plusieurs millions possibles. Au sens scientifique, cela ne devrait pas se réaliser.

Psycho - Picardie Matin (13/05/2016)

Quelle différence retenez-vous entre la chance et le hasard ?

La manière de voir les choses ! Au loto, on parle de hasard quand le gros lot est attribué à un inconnu et de chance quand on suppose que l'individu est « choisi ».

La chance appartient au domaine de la croyance. C'est rassurant de se dire qu'on vit dans un système régulé plutôt que dans un monde ou le hasard domine... mais la vision du scientifique est très différente.
Pour lui, chanceux ou pas, tout le monde peut gagner.

 

La chance se provoque-t-elle ?

La chance se provoque, et jouer est la seule manière de gagner. Mais un turfiste qui connaît bien les chevaux a plus de chance de gagner que celui qui joue la date de naissance de sa grand-mère ! 

Il y a donc une manière rationnelle de jouer ?

Bien sûr ! Mais certaines règles doivent être respectées. Première chose : il faut cesser de croire à sa bonne étoile et évaluer les risques des événements.
Ensuite, il faut considérer que les pertes sont nulles.

Quelle est la fonction des superstitions ?

C'est un mécanisme de défense devant l'incertitude.
Et pourquoi pas ? Si toucher du bois rassure, où est le mal ? Ce qui est plus ennuyeux, c'est lorsque les rituels conjuratoires deviennent contraignants.

Certaines superstitions ne sont pas complètement absurdes... Beaucoup d'entre elles reposent même sur un fond de vérité : passer sous une échelle peut en effet être dangereux. Elles ont donc une réelle fonction protectrice. Mais surtout, il y a des croyances qui nous tiennent, qui fondent notre identité. S'attacher à certaines superstitions peut être une manière de rendre hommage à sa culture.

Décryptage : la malchance, un symptôme ?

« Je n'ai pas de bol », « Je n'ai jamais de chance... » : cette conviction d'être maudits, voués au malheur. Certains d'entre eux, en effet, enchaînent les coups du sort dans une série invraisemblable : maltraitance, trahison, panne électrique, catastrophe naturelle, maladie grave, cambriolage.

« Or, rien n'est plus auto-prédictif que de croire à notre malchance ! ». Car, alors, nous nous entourons des mauvaises personnes, nous prenons les mauvaises décisions, nous nous exposons à des risques inutiles, nous ne prenons pas assez soin de nous, comme si nous avions admis, une fois pour toutes, ne pas mériter mieux.

Cette relation pathologique à la chance, fondée sur une mauvaise image de soi, fait le lit de la superstition - on croit au mauvais œil, on s'en remet à des grigris ou à des nombres fétiches, on consulte les augures (voyance, numérologie...).

Et des conduites ordaliques : convaincu d'être réprouvé, on tente de valider son existence par des comportements à risques (jeu excessif, saut de la mort, roulette russe, rapports non protégés...) dans l'espoir de gagner, enfin, les faveurs divines.

La thérapie permet alors, sans magie aucune, de conjurer la malchance « en réparant l'estime de soi, en prenant la mesure de l'importance des croyances qui nous gouvernent, en restaurant la volonté d'agir de manière constructive plutôt qu'en suivant ses pentes habituelles... ».

Comment se remettre sur une voie chanceuse ?

Seul un état d’esprit adéquat peut faire pencher la balance du bon côté, un comportement attrape-chance qu’ il nous est possible de développer :
  1. faire preuve de confiance en soi : inutile d’espérer avoir de la chance si vous êtes d’ores et déjà persuadée qu’elle vous a définitivement oubliée. Les malchanceux partent souvent battus d’avance. Ils pensent ne pas avoir convaincu lors d’un entretien d’embauche, qu’ils ne trouveront jamais le compagnon idéal. Au contraire, les chanceux pensent toujours que ça va marcher pour eux.  Une vision des choses capitale dans la réalisation de leurs projets. Aussi, cessez de vous considérer comme malchanceuse et pratiquez l’autopersuasion : c’est en vous répétant que vous avez autant de chance que n’importe qui que vous parviendrez à vous forger une solide confiance en vous, clé de la bonne fortune.
  2. se créer un bon réseau relationnel : on l’a toutes déjà remarqué : ceux qui ont su trouver un appartement sympa ou un emploi de rêve l’ont souvent eu par l’intermédiaire d’un ami. Tout simplement parce que, grâce à un caractère affable et optimiste, ils s’attirent la sympathie des gens. Ils ont ainsi un nombre de connaissances bien supérieur à la moyenne, ce qui augmente considérablement leur chance de trouver de bonnes occasions.
  3. être à l’affût de tout : les chanceux sont des personnes qui mettent tout en œuvre pour parvenir à leurs fins. Si vous êtes à la recherche d’une maison pour vos prochaines vacances, il vous faut être à l’affût de tout : intéressez-vous aux petites annonces, appelez les agences, faites marcher vos relations. Et surtout, ne laissez pas passer la moindre occasion sous prétexte que c’est trop beau pour vous ! C’est en vous en donnant les moyens que vous parviendrez à réaliser les projets qui vous tiennent à cœur.

N’oubliez pas cette citation : la chance sourit aux audacieux !