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© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau
© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau

Le rire est inné et ne nécessite pas forcément de raison particulière. Ses vertus pour notre corps et notre santé sont nombreuses : prévenir les maladies cardiovasculaires, chasser le stress, amélioration des fonctions cognitives. Il permet de réduire la perception de la douleur.

Par Gontran Giraudeau

Pour Freud, le rire est un moyen d’atteindre une autre dimension de soi et de satisfaire la notion de plaisir. Le rire a donc également des effets bénéfiques sur la santé psychologique et émotive de l’individu.

Enfin, le rire est un moyen d’aller vers l’autre. Il créé du lien social.

De nombreuses thérapies se développent aujourd’hui autour du rire : pour accompagner certains traitements ou simplement pour trouver son penchant jovial.

Psycho - Picardie Matin (01/04/2016)

L'humour dope l'amour de soi

Une plaisanterie qui fait mouche est une véritable création. Mieux : c’est un moment de gloire. Les mots remplis d’humour sont le mot d’esprit ou la bonne blague, nos egos se gonflent de fierté. D’autant plus qu’ils ont vaincu la censure, transgressé les lois de la logique.

Ce sentiment est encore plus intense quand nous réussissons à plaisanter d’une situation angoissante ou déprimante. Non seulement un sentiment de bien-être nous envahit, mais nous nous sentons soudain plus intelligents.

Avantage supplémentaire : celui qui détient le précieux pouvoir d’amuser met la foule des rieurs de son côté.

L'humour est un anti-dépresseur

Toutes les catastrophes ou presque entraînent rapidement un déferlement de bonnes histoires.
Ce phénomène très humain rappelle le rôle cathartique de l’humour. Un bon mot et nos tensions disparaissent.

Les «  histoires-blagues » basées sur l’autodérision nous apprennent à rire de nous-mêmes et de la cruauté de la vie et à mieux appréhender la réalité de la vie.

L'humour nous rassemble

C’est l’effet empathique de l’humour. Notre rire est une façon de dire : « Au-delà de nos différences, nous sommes tous semblables. Moi aussi, je suis comme ça, avec mes préjugés, mes croyances, mes faiblesses. »

L’humour incite à la réflexion sur soi, sur l’existence, sur l’humanité. C’est un moyen de communiquer, de désamorcer les conflits.

L'humour s'apprend à tout âge

Nous sommes inégaux face à l’humour. À ceux qui en sont dépourvus, les spécialistes des thérapies comportementales et cognitives (TCC) prescrivent des exercices consistant à imaginer des situations cocasses, insolites, là où justement le bât blesse – au bureau, à la maison, dans les relations amoureuses.

Il s’agit d’apprendre à interpréter les événements autrement afin de prendre du recul. Une stratégie pour soulager ses tensions internes et « dénégativer » les situations anxiogènes.

L'humour soigne le corps et l'esprit

Un bon mot doit produire un bel éclat de rire, sinon il a raté son but. Malheureusement, expliquer le mécanisme du rire est tout sauf amusant. Voici la description du rire : sur le plan physiologique, le rire est la contraction de quelque quinze muscles faciaux, et la stimulation conjointe des muscles de l’inspiration et de l’expiration, ce qui provoque des spasmes respiratoires et une explosion d’ordre phonique.

Le rire a des effets bénéfiques sur la santé : oxygénation du sang, diminution du stress, renforcement du système immunitaire et, bonne nouvelle, allongement de la durée de vie.
  1. le rire permet d’évacuer le stress : quand on rit, notre corps sécrète des endorphines, des hormones qui réduisent la production de l’adrénaline générée par le stress. Entre autres, rire nous permet de détendre nos muscles et d’oxygéner notre cerveau, nous aidant à mieux nous relaxer !
  2. le rire réduit la tension artérielle : en améliorant la circulation sanguine et l’oxygénation du cœur, le rire réduit les risques de caillots et diminue la tension artérielle au bout de quelques minutes. Si vous souffrez d’hypertension, vous avez une raison supplémentaire pour vous accorder un fou rire quotidien.
  3. le rire renforce le système immunitaire : le rire augmente le taux d’anticorps présents dans notre organisme, en particulier au niveau du nez et des voies respiratoires. Ce renforcement général permet de mieux résister aux cancers, aux maladies cardiovasculaires, aux migraines, aux dépressions et aux insomnies.
  4. le rire réduit la douleur : les interventions régulières des clowns au sein des hôpitaux en sont la preuve : l’humour permet d’atténuer la douleur. En produisant cette fameuse endorphine, le rire agit sur le corps un peu comme de la morphine en augmentant le seuil de souffrance.
  5. le rire augmente la confiance en soi : cela peut paraître une évidence, mais le fait de rire aide à positiver. S’accorder une pause-détente en riant vous donne confiance en vous et à lier avec votre entourage. Et l’auto-ironie nous permettrait de mieux accepter nos erreurs.

Le rire est un soleil qui illumine notre quotidien, ce qui nous permet de nous coucher le soir et de se souvenir du bienfait vécu de la journée passée ; il nous apaise sereinement. Le rire tisse le lien, alors que l’on peut être totalement étranger l’un à l’autre, le fait de rire ensemble nous permet de créer un lien qui procura un « merveilleux » souvenir.

Le rire est contagieux et incontrôlable, comme les bâillements, mais en plus gai ! Il suffit de regarder et d’écouter des personnes rire aux éclats pour commencer à sentir ce chatouillement dans l’abdomen qui contracte le diaphragme en rythme et prend le contrôle de notre respiration, de notre voix et des muscles de notre visage. C’est là tout le plaisir, comme lorsque nous faisons l’amour : sentir notre être s’abandonner à un autre état. Un état de légèreté, d’énergie, de joie. Si simple et pourtant si satisfaisant en même temps.

Et l’humour chez les enfants

Plusieurs théories décortiquent les étapes du développement du sens de l’humour. En voici les grandes lignes.

La première étape qui se caractérise par l’aptitude d’attribuer un usage inhabituel aux objets apparaît généralement vers l’âge de deux ans. L’enfant pose par exemple un bol sur la tête de son père, en prétendant qu’il s’agit d’un chapeau.

Quand les mots remplacent peu à peu les gestes et que l’enfant peut inventer de petits jeux de mots, c’est le signe qu’il a atteint la deuxième étape ; il maîtrise petit à petit les liens entre les mots.

À la troisième étape, l’enfant de quatre ou cinq ans peut placer les objets et les situations dans des catégories; il est maintenant en mesure de reconnaître une situation anormale ou inhabituelle (un homme tout habillé dans son bain par exemple). Il commence aussi, entre cinq et sept ans, à apprécier les blagues teintées d’exagération.

La quatrième étape du développement du sens de l’humour chez l’enfant (vers l’âge de sept ans) marque sa capacité de transformer une situation ou un objet en fonction de ses propres désirs. C’est alors qu’il commence à épater la galerie avec ses devinettes et ses jeux de mots. Ou à tout le moins, à essayer de le faire!

Votre enfant vous fera rire avec un humour de plus en plus subtil à partir de l’âge de 10 ans; les bouffonneries maladroites et de premier niveau feront place aux blagues un peu plus étoffées…
C’est toutefois aussi à cet âge qu’il tentera, souvent malhabilement, de provoquer la rigolade avec des farces à contenu sexuel.

Luka Elsner en conférence de presse avant le match de l'ASC face au LOSC