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© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau
© France 3 Picardie / Gontran Giraudeau

La rivalité dans la fratrie est normale et constructive : elle permet au petit de s’apercevoir qu’il n’est pas seul au monde. C’est le début de son intégration dans les réseaux sociaux qui deviendront son quotidien.

Par Gontran Giraudeau

Les jalousies et rivalités entre frères et sœurs sont-elles inévitables ?

La rivalité entre frères et sœurs fait allusion à des affrontements physiques, à des chamailleries et à de la jalousie entre eux. Elle semble provenir du fait que chaque enfant rêve de monopoliser l’attention de ses parents; il tolère donc mal la présence d’un frère ou d’une sœur. Ce genre de rivalité est quasiment inévitable dans les familles de plus d’un enfant.  

Il est probable qu’elle est plus intense quand moins de trois ans séparent les petits. Toutefois, les frères et les sœurs peuvent apprendre à bien s’entendre et généralement ils se défendent mutuellement quand d’autres enfants essaient de leur faire mal.
Il est important de se rappeler qu’après les relations avec ses parents, les liens entre frères et sœurs, établis tôt, sont habituellement ceux qui comptent le plus et qu’ils peuvent avoir un impact profond sur la manière de se percevoir.


Comment traiter les bagarres et les chamailleries ?

Bien qu’il soit naturel que les enfants d’une même famille rivalisent pour attirer l’attention de leurs parents, qu’ils se disputent et même qu’ils se frappent, cela peut être ennuyeux, voire dangereux.

Pour limiter les bagarres entre frères et sœurs, il faut :
  • ne pas tout répartir de façon égale : expliquez à vos enfants que ce sera parfois le tour de l’un d’avoir quelque chose et parfois le tour de l’autre. Se montrer équitable envers chacun d’eux et répondre à leurs besoins ne veut pas nécessairement dire faire preuve d’égalité sur tous les plans.
  • éviter de les comparer et de relever que l’un d’eux est supérieur à l’autre dans un domaine. Ne leur faites pas porter d’étiquette (comme « celui qui est le plus intelligent » ou « celui qui est timide »). Ces comparaisons ne font pas qu’alimenter les rivalités : elles peuvent les pousser à ressembler encore plus à l’étiquette que vous leur mettez.
  • essayer de passer des moments en tête à tête avec chacun d’eux : un enfant sent qu’il compte vraiment beaucoup pour son père ou pour sa mère s’il se retrouve seul avec lui ou avec elle de temps en temps.
  • inciter vos enfants à parler de leurs sentiments ensemble et à essayer de régler leur différends par des mots et non par des actes. Expliquez-leur l’importance de s’écouter les uns les autres.
  • imposer une règle de non-violence chez vous qui s’applique, entre autres choses, aux bagarres entre vos enfants. Ceux-ci apprendront bien vite que vous ne tolérez pas qu’ils portent la main l’un sur l’autre et qu’ils se blessent!
  • éviter de vous impliquer dans chacune des disputes de vos enfants. Essayez de ne pas devenir leur arbitre attitré et de ne pas avoir l’œil rivé sur leurs jeux. Veillez, cependant, à ce qu’aucun d’eux ne soit constamment la cible de taquineries, de dénigrements ou de violence physique de la part de son frère ou de sa sœur.
  • séparer vos enfants, quand une bagarre se déclenche. Toutefois, si vous vous sentez d’attaque et si la dispute ne s’est pas encore intensifiée, vous pouvez profiter de l’occasion pour prendre le rôle du médiateur et leur apprendre à résoudre des conflits et des problèmes. Demandez à chacun d’expliquer son point de vue sur ce qui vient de se produire; puis, demandez-leur comment ils pensent pouvoir résoudre le conflit. Vous serez surpris de constater que, bien que les enfants avancent parfois des solutions complètement folles, ils sont capables d’en proposer certaines très novatrices.
  • éviter de vous enfermer dans le rôle de l’arbitre : vos enfants doivent apprendre à régler leurs désaccords entre eux, de plus en plus souvent à mesure qu’ils grandissent. Quand vous pensez qu’ils sont prêts à le faire, restez à proximité d’eux au cas où ils auraient besoin de vous, mais dites-leur que vous pensez qu’ils peuvent résoudre leur conflit eux-mêmes.
  • ne prendre parti pour personne en cas de dispute, surtout si vous n’étiez pas là pour voir ce qui s’est passé. Envoyez-les passer quelques minutes chacun de son côté pour qu’ils puissent se calmer, puis demandez-leur de revenir, et parlez ensemble de la situation.
  • faire très attention à la manière dont vous gérez les désaccords avec votre partenaire ou avec vos enfants. Réglez-vous le problème avec feu, bien que sans violence? Jurez-vous et sortez-vous de la maison? Levez-vous la main physiquement? Ignorez-vous la personne qui vous a énervée (ce qui vous amène à ne rien régler)? Ou respirez-vous profondément et essayez-vous de résoudre le problème en en discutant? Rappelez-vous que votre façon de réagir sert de modèle à vos enfants.
Psycho - Picardie Matin (02/10/2015)

 

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