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© France 3 Picardie / Sébastien Ramassot
© France 3 Picardie / Sébastien Ramassot

Pour sa dernière chronique, Jean-Marie François a choisi de nous raconter en picard et en partenariat avec l'Agince pour ech picard, l'histoire de Sainte Cécile, patronne des musiciens qui vivait à Rome au IIIe siècle. 

Par Gontran Giraudeau

Selon la légende, Cécile avait vu le jour à Rome au début du IIIe siècle au sein d'une famille de la haute société. Elle avait donc été convenablement instruite et éduquée. Elle réussissait en tout, en particulier dans la musique. De surcroît, elle était d'une beauté incroyable : tous les jeunes hommes tombaient amoureux, dès qu'elle apparaissait. Seulement, Cécile avait décidé, dans sa tête et dans son coeur, de consacrer sa vie au dieu des chrétiens et de préserver son innocence sa vie entière.

Mais son père avait dans l'idée de la marier à un jeune homme de bonne famille romaine : Valérien. Or, à cette époque, les filles n'avaient pas à discuter, il devaient obéir. Le soir des noces, dans la chambre nuptiale, lorsque Valérien s'approcha d'elle, elle lui déclara :

« - Ecoute, je vais te dire quelque chose : tu ne le vois pas, car il est invisible, mais il y a un ange du bon dieu qui est toujours à côté de moi. Si jamais tu poses la main sur moi, l'ange ne le supportera pas et il te changera en vieillard ridé et boiteux.
- Tu n'as qu'à me faire voir ton ange et je te croirai.
- Si tu te fais baptiser, tu le verras. »


Et c'est ainsi que Valérien devint chrétien à son tour. A partir de ce moment, Cécile et Valérien vécurent dans l'innocence totale. Toute la journée, Cécile chantait et jouait de la musique.

Mais, à cette époque, l'empereur romain persécutait les chrétiens. Cécile fut dénoncée et condamnée à être suffoquée dans sa baignoire. Seulement voilà : la chaleur et la vapeur ne réussirent pas à en venir à bout. Son ange protecteur la rafraîchissait au fur et à mesure.

Les autorités se résolurent à lui faire trancher la tête. Lorsque le bourreau leva son bras, une musique céleste descendit du ciel et Cécile se mit à chanter. Le bourreau, troublé, en manqua son coup : une fois, deux fois, trois fois. Il n'y eut pas de quatrième fois, car c'était défendu par la loi romaine. Cécile pourtant perdit son sang et trois jours plus tard, le 22 novembre de l'an 230, son âme monta tout droit dans les étoiles.

Une histoire de picard - Pïcardie Matin (02/06/2016)