Affaire Carlton : et maintenant DSK ?

Son nom revient sans cesse dans l'affaire Carlton. Dominique Strauss-Kahn va-t-il être bientôt entendu ?

Par Emmanuel MAGDELAINE

DSK. A la lecture de certains PV d’auditions de protagonistes de l’affaire Carlton, ces initiales reviennent souvent. « Voyages » aux Etats-Unis, « soirées » à Paris, « amitiés », un point commun : Dominique Strauss-Kahn.

Qui sont les « amis de DSK » ?

David Roquet, 43 ans, chef d'entreprise du BTP (Matériaux enrobés du Nord, filiale d'Eiffage à Annay-sous-Lens) s'est dit lors de son audition à la PJ "fasciné par DSK". C'est pour lui, qu'il aurait co-organisé des "soirées coquines" aux frais de son entreprise "Au dos des factures, j'indiquais DSK".
Selon lui, DSK ne payait rien. "Vous savez, dans ce métier, pour accéder à certaines personnes on les invite. DSK, c'était dans cet esprit." (Lepoint.fr). David Roquet a connu DSK par le biais de Fabrice Paszkowski : "En fait c'est Fabrice P. qui m'a dit qu'on avait l'occasion de déjeuner avec monsieur Strauss-Kahn aux enquêteurs, et qu'il apprécierait que je ramène des copines, en fait des prostituées. ". (Lefigaro.fr).


Fabrice Paszkowski, 44 ans, gérant de sociétés de matériel médical. Selon Le Figaro, c’est donc lui qui « a présenté Dominique Strauss-Kahn au commissaire Jean-Christophe Lagarde et au représentant d'Eiffage, David Roquet ».
Fabrice Paszkowski, célibataire et sans enfant, aurait été initié par DSK aux soirées libertines. En 2007, il aurait été un des fondateurs du club DSK dans le Pas-de-Calais avec un des fils de Jacques Mellick.
Il aurait confirmé aux policiers avoir payé une partie des frais au nom de sociétés dont il est le gérant. Notamment les chambres d'hôtel à Paris, et à Washington.

Jean-Christophe Lagarde, 47 ans, commissaire divisionnaire, chef de la sûreté départmentale du Nord, parlait depuis plusieurs années ouvertement de son « amitié » pour Dominique Straus-Kahn. Ses collaborateurs à l’hôtel de police savaient depuis longtemps qu’il entretenait des liens étroits avec l’ancien directeur du FMI.

Que se passait-il dans ces « soirées » avec DSK ?


Le dossier parle de 3 « soirées » à Paris et de 3 voyages aux Etats-Unis. A l'hôtel Murano sur les Grands Boulevards, les filles étaient "fournies" par "Dodo la Saumure" à la demande de René Kojfer, le chargé des relations publiques de l'hôtel Carlton.
"Il y avait Fabrice et Jean-Christophe Lagarde, a raconté Roquet face aux enquêteurs. (...) Nous avons mangé dans la chambre puis nous avons eu des relations sexuelles tarifées. Chacun était avec sa copine, moi j'étais avec Jade, DSK avait aussi sa copine (...)." Des dires confirmés par Mounia, une prostituée présente ce soir là, selon Libération.

Il y aurait eu également 3 voyages aux Etats-Unis. David Roquet était présent à ces voyages. Le commissaire Lagarde aussi. La présence de prostituées venues de France ou de Belgique semble désormais établie. Au programme notamment : une visite privée du Fonds Monétaire International. Selon Lepoint.fr, ces voyages ont eu lieu en décembre 2010, février 2011 et en mai 2011 (juste avant l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn).

Que risque DSK ?


Dominique Strauss-Kahn est décrit dans le dossier comme un "simple client". Il a demandé dimanche dernier à "être entendu le plus vite possible par les juges". Pour lui, il s'agit "d'insinuations hasardeuses et malveillantes".
Vendredi, la rumeur d’une audition de DSK, a circulé à Lille. Une salle aurait même été préparée à cet effet à la gendarmerie de Lille.
S’il est entendu (la semaine prochaine ?), DSK le serait à titre de simple « témoin ».
Mais selon Le Parisien, les bénéficiaires, dont Dominique Straus-Kahn, pourraient être inquiétés pour « recel d’abus de biens sociaux ».

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