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“Doux à Graincourt, c'est fini. Je suis écoeuré”

© F3 NPDC
© F3 NPDC

Jacques travaillait à l'usine Doux depuis 22 ans. Comme lui, une vingtaine de salariés se sont déplacés à Quimper.

Par Frédérique BEAL avec AFP

Casquette rouge CGT vissée sur la tête, Jacques Cartier n'y croit plus. "Depuis trois mois, on nous donne des espoirs, mais depuis lundi l'usine est en cessation d'activité".

Devant le tribunal de commerce de Quimper, une vingtaine de salariés de Graincourt ont fait le déplacement. Tous partagent le même sentiment d'abandon. "On a tout donné, résultat : on a été abandonnés". Avec leurs collègues de Bretagne, ils arrêtent les voitures qui passent devant le tribunal pour leur expliquer leur situation. Les offres de reprise partielle de groupe sont examinées cet après-midi par le tribunal de commerce.


Plusieurs offres dénoncées.

Après des espoirs d'investissements Iraniens, puis Ukrainiens, le site de Graincourt va finalement fermer. Aucune proposition n'a été retenue pour éviter aux 253 salariés d'être licenciés.

"Dans les frigos, tout a été vidé. Il n'y a plus de volaille, il n'y a plus rien. Il n'y a même plus nos affaires personnelles, tout a été jeté, mis à la benne", assure Jacques. Ouvrier de découpe, il dit n'avoir "aucun diplôme, aucun brevet". "C'est triste de se retrouver dehors, comme ça, du jour au lendemain. Ca va être dur de retrouver du travail", assure-t-il. Père de trois grands enfants, sa femme travaille à mi-temps.

"On est morts, on le sait"

Christophe Delaby, 43 ans, est lui aussi venu de Graincourt. "On est morts, on le sait" explique-t-il. Lui aussi est ouvrier de fabrication chez Doux depuis 20 ans. "Je faisais 3.000 poulets à l'heure, c'est un travail dur".
"Je suis en colère, je suis révolté. J'ai honte d'avoir travaillé toutes ces années pour un voleur", assure-t-il, visant le patron éponyme, Charles Doux. "J'ai perdu 20 ans de ma vie". "Il a eu des subventions de l'Etat et avec ça il n'a pas réussi à faire marcher la boutique".
A son arrivée au tribunal, en début d'après-midi, le patriarche est la cible de tirs d'oeufs tandis que retentissent les cris de "lâche!".

Sylvie Bretez, 39 ans, est venue avec son mari. Tous deux travaillent depuis une
vingtaine d'années à Graincourt. "Ca fait mal, vraiment, ça fait mal", dit-elle pudiquement. "Au début, j'étais en colère, maintenant...", soupire-t-elle, sans terminer sa phrase. "C'est dur à digérer".

Le compte à rebours

Dans cinq jours, la liquidation judiciaire du site sera effective. Et l'usine fermera définitivement.

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