Il n'y aura pas de camp de Roms à Cysoing

© France3 NPDC
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Le préfet renonce au projet d'implantation d'un camp de Roms sur un terrain de Cysoing, jugé trop peu sécurisé.

Par Mickaël GUIHO

 

Le directeur du cabinet du Préfet a contacté mardi le maire de Cysoing, Benjamin Dumortier, pour lui faire savoir que sa commune ne serait pas choisie pour accueillir un camp de Roms. Le Préfet a signé un courrier expliquant qu'il ne donnerait pas suite à la proposition d'implantation d'un tel camp sur un terrain de la commune.

Le propriétaire du terrain en question, Réseau ferré de France, avait rendu lundi au Préfet une étude technique mettant en lumière des problèmes de protection, de sécurisation et de pollution du terrain. Le coup des travaux nécessaires était estimé à 500.000€.

"Soulagement" pour le maire de Cysoing, qui prévoit que les tensions vont désormais s'apaiser. "Pour moi, c'est une décision conforme aux arguments qu'on avait développé depuis le début". La municipalité se battait depuis un mois contre ce projet. Il avait lancé une pétition qui a recueilli près de 10.000 signatures (Cysoing compte à peine 4.500 habitants) et muliplié les manifestations aux côtés des habitants. La dernière avait rassemblé 700 à 1500 personnes selon les estimations, samedi à Lille.

Martine Aubry a-t-elle diffamé le Maire de Cysoing ?

Une manifestation à laquelle la maire de Lille a vivement réagi. Lundi, juste avant un conseil municipal et devant la presse, Martine Aubry aurait utilisé les termes "démagogie" et "irresponsabilité" pour juger cette mobilisation. Elle aurait expliqué que cette "fronde anti-roms" consistait à "soulever les foules pour gagner des voix" et que c'était "pire que du racisme".

Des "déclarations inacceptables", s'insurge le maire de Cysoing, qui refuse le terme "anti-roms" et l'analyse stratégique qui va avec. Benjamin Dumortier ne comprend pas et condamne cette réaction de Martine Aubry. "Il n'est pas impossible que j'entame une procédure, je ne peux pas laisser dire ça, c'est à la limite de l'insulte".

Les deux maires se rejoignent au moins sur une constat : il va être remps de trouver une solution pour les Roms expulsés cet été de leurs camps de la métropole lilloise. Martine Aubry a confié regretter "d'avoir cru le préfet de police au mois d'août qui me disait qu'il trouverait des terrains dans la semaine. Depuis, nous avons toujours trois réunions par semaine, et il ne se passe rien. Ça suffit ! Il faut agir, d'autant que l'hiver arrive. Mais ce n'est pas à moi de trouver des terrains, c'est à l'État".

"Je pense que le problème des Roms reste entier", estime pour sa part Benjamin Dumortier, "beaucoup de gens sont sous des tentes en ce moment et l'hiver approche". Près de 200 personnes attendent une solution.

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