Le voyage chez DSK de l'ex n°1 de la police

© AFP/F3 NPDC
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Le Monde publie aujourd'hui de larges extraits de l'audition de l'ex-n°1 de la police du Nord, Jean-Claude Menault.

Par Emmanuel MAGDELAINE

"Comment Jean-Claude Menault, policier aguerri de 62 ans, nommé par la droite à la tête de la plus grande DDSP de France, a-t-il pu se retrouver dans une chambre d'hôtel de Washington, à la mi-décembre 2010, en compagnie du patron du Fonds monétaire international (FMI), du numéro trois de la police de Lille, le commissaire Jean-Christophe Lagarde, mais aussi de deux jeunes femmes, spécialement dépêchées du nord de la France ? Pourquoi s'est-il laissé offrir son voyage ? Est-il vraiment cet ambitieux que l'on raconte aujourd'hui, cet homme dit "de gauche" qui misait sur la victoire de la gauche en 2012 ?". Voilà la question que pose le journal Le Monde ce jeudi.

Pour y répondre, le journal retranscrit une partie de l'audition de Jean-Claude Menault, ex-n°1 de la police du Nord, le 27 octobre 2011 devant la "police des polices" (IGPN).

Il raconte comment, via Fabrice Paskowszki, entrepreneur ami de DSK, il a été amené à se rendre au FMI. Officiellement, il s'agit pour lui d'être consulté sur les questions de sécurité par le futur candidat à l'élection présidentielle :  "J'ai été très honoré (...) vu la stature politique de l'individu à l'époque et estimé pouvoir donner suite à cette demande."

Il indique également qu'il pensait que DSK prenait en charge les frais de ce voyage. En fait, il n'en était rien, c'est Fabrice Paszkowski et David Roquet, deux entrepreneurs qui s'en chargeaient. Pour cette raison, Jean-Claude Menault pourrait être à nouveau entendu et éventuellement mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux.

Il raconte sa visite à Washington :   "Mais le soir, il se rend compte qu'il est pris au piège : "J'ai tenté d'aborder des sujets sérieux, raconte-t-il, mais, très vite, j'ai compris que ce n'était pas le moment. Une des jeunes femmes a commencé à frotter son pied sur le mien." "J'ai dit à l'une des deux filles que je préférais faire ces choses-là à deux, dans l'intimité." Quand "la blonde" toque à sa porte , "(s)a morale et (son) mode de vie" lui font décliner toute avance ."

Le Monde cite enfin la conclusion de cette histoire : "Je leur ai dit, une fois mais pas deux, et que l'on ne m'y reprendrait plus."

La publication de cet article intervient le jour-même où devait avoir lieu le pot de départ de Jean-Claude Menault.

Ce pot de départ devait avoir lieu jeudi. Environ 300 personnes étaient attendues pour cette "cérémonie officielle". Les cartons d'invitation mentionnaient même la présence du Préfet du Nord. Un pot pour marquer le départ de Jean-Claude Menault, directeur départemental de la sécurité publique, le patron de la police du Nord, mis en garde à vue dans l'affaire Carlton et muté à Paris il y a trois semaines.
 
Le syndicat Alliance avait alors protesté : "On trouvait ça forcément déplacé, nous a indiqué Benoît Lecomte, représentant de ce syndicat. On pensait que notre hiérarchie aurait un plus de retenue, vu le contexte actuel. Jean-Claude Menault a été "viré", il faut appeler un chat un chat. Et là c'était quasiment une mise à l'honneur."
 
Hier, le pot de départ a finalement été "officiellement reporté". Sans doute pour éviter les remous déjà importants dans la police lilloise. La rumeur d'une possible nouvelle garde à vue de Jean-Claude Menault a peut-être également eu une influence. On parle également de la mise en cause d'un autre policier dans les prochains jours. Ambiance pesante à l'hôtel de police de Lille...

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