Massacre d'Ascq : Jean-Marie Le Pen condamné

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La cour d'appel a condamné jeudi à 3 mois de prison avec sursis JM Le Pen pour ses propos sur l'Occupation allemande.

Par Emmanuel MAGDELAINE

 La cour d'appel de Paris a condamné jeudi à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende Jean-Marie Le Pen pour ses propos sur l'Occupation allemande, une condamnation que l'ex-président du FN s'est empressé de qualifier d'"opportune" pour ses adversaires.


"Je fais un recours en cassation contre cette décision, dont je ne m'étonne pas qu'elle arrive en période électorale. Les choses sont bien faites par le système", a déclaré à l'AFP le fondateur et président d'honneur du FN, qui n'a pas assisté au délibéré.

"Ces bons magistrats ont quand même le sens de l'opportunité, sinon de l'opportunisme", a-t-il ajouté.
La cour d'appel a condamné M. Le Pen pour "contestation de crimes contre l'humanité" à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende.

Le 8 février 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu M. Le Pen coupable d'"apologie de crimes de guerre" et de "contestation de crime contre l'humanité", à la suite de propos publiés en janvier 2005 dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol.
L'ancien président du FN avait notamment déclaré: "En France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés."
Il avait également présenté une version jugée choquante du massacre d'Ascq (Nord), perpétré dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, et durant lequel 86 Français avaient été fusillés en représailles au déraillement d'un train allemand.
Le 21 janvier 2009, la cour d'appel de Paris avait confirmé la condamnation de M. Le Pen pour "contestation de crime contre l'humanité".

Elle l'avait toutefois relaxé "d'apologie de crime de guerre", sur le dossier d'Ascq et avait jugé certaines parties civiles irrecevables à agir. En revanche, elle avait confirmé intégralement les peines d'amende et de prison.


M. Le Pen et les associations déboutées s'étaient pourvues en cassation.
Le 27 avril 2011, la Cour de cassation a confirmé la relaxe de M. Le Pen pour les faits d'apologie de crime de guerre mais a annulé le reste. Le dossier a donc été rejugé.
Dans son arrêt, consulté par l'AFP, la cour d'appel a estimé que "Jean-Marie Le Pen minimise délibérément les exactions commises par les nazis sur le territoire français, tout en soulignant à l'inverse une action de la Gestapo qu'il considère comme positive mais qui (...) ne repose sur aucune réalité".

Ces propos, poursuit la cour, "tendent en réalité à réhabiliter cette organisation criminelle aux yeux du lecteur, en laissant entendre qu'elle a joué en France un rôle protecteur de la population, notamment à Ascq, les faits de déportation, notamment à l'égard des juifs, les exécutions sommaires, la pratique de la torture étant totalement occultés".

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