Seafrance : “un scandale syndical” pour la CGT

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Selon la CGT, la CFDT a fait obstacle à un projet de reprise de la société Seafrance.

Par AFP

La CFDT de SeaFrance, compagnie de ferries en Manche menacée de liquidation, aurait refusé une offre améliorée du groupe danois DFDS, qui proposait de garder plus de 600 emplois sur 880, contre 460 précédemment, selon des informations relayées par la CGT vendredi.

Interrogé par l'AFP, le leader de la CFDT Maritime Nord (majoritaire) Didier Cappelle a catégoriquement nié: "C'est totalement faux".

La disparition de SeaFrance, placé en liquidation judiciaire avec poursuite de l'activité jusqu'au 28 janvier, mais dont les bateaux sont bloqués à quai, "est non seulement un scandale d'Etat, c'est aussi un scandale syndical", s'est indigné le délégué CGT Marc Sagot. Lors d'un comité directeur de la SNCF, maison mère de SeaFrance, vendredi, Dominique Thillaud, directeur stratégique de la SNCF, a raconté qu'un consortium (avec DFDS) proposait de sauvegarder "600-620 emplois (...) avec un pavillon français sans limite de temps", mais demandait à rencontrer au préalable la CFDT, selon un compte-rendu transmis par M. Sagot.

Informé de cette offre améliorée par un administrateur CFDT de la SNCF, M. Cappelle n'a pas donné suite, selon ce compte-rendu: "Il fallait juste écouter une heure. Une heure de votre temps!", s'est énervé M. Thillaud. "Si jamais elle avait existé, cette offre, de toute façon, on ne l'aurait pas acceptée, et les salariés, je pense, ne l'auraient pas acceptée", a réagi M. Cappelle. "On est dans la propagande".

La CFDT avait elle-même annoncé le 8 décembre qu'elle ne s'était pas rendue à une réunion à Paris sous les auspices du ministère des Transports, avec Louis Dreyfus Armateurs et DFDS sur une nouvelle offre, dont le contenu n'était pas connu. Finalement, DFDS et LDA avaient renoncé à la présenter aux administrateurs judiciaires nommés par le tribunal de commerce de Paris, lundi. Le projet de reprise par une coopérative ouvrière de la CFDT, non financé, est donc le seul en lice. Dans leur première offre, retoquée par le tribunal de commerce le 16 novembre, DFDS et LDA s'engageaient à garder 460 emplois, trois des quatre navires SeaFrance et le pavillon français pour les deux prochaines années.

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