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Veillée d'armes à SeaFrance : ferries à quai

© F3 NPDC
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En attendant le jugement du tribunal de commerce, Seafrance a décidé d'interrompre le trafic de ses ferries.

Par Virna SACCHI (avec AFP)

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SeaFrance : les bateaux à quai au port de Calais

Les ferries de la compagnie transmanche Seafrance n'ont pas pris la mer ce matin. La direction a décidé de les maintenir à quai pour "garantir la sécurité des passagers et du personnel". Demain, le tribunal de commerce de Paris doit se prononcer sur l'avenir de l'entreprise.

SeaFrance, filiale de la SNCF, a interrompu mardi le trafic de ses quatre ferries entre Calais et Douvres par crainte de "troubles" sociaux, à la veille d'une décision cruciale sur son avenir que doit prendre le tribunal de commerce de Paris.
 Cette interruption a été décidée "afin d'accueillir le jugement du tribunal de commerce de Paris dans la plus grande sérénité et pour garantir la sécurité des passagers et l'intégrité du personnel et des biens", a indiqué la société à l'AFP.
 Effective depuis 04H00, elle courra "jusqu'à nouvel avis", a-t-on précisé.  A Calais, comme à Douvres, où était arrimé l'un des navires de SeaFrance, une majorité des salariés ont refusé de descendre à terre, et ils s'apprêtaient mardi soir à passer la nuit à bord. "Ils attendent pour travailler, ce n'est pas une grève, c'est la direction qui nous bloque", a expliqué Stéphane Humetz, secrétaire fédéral de la CFDT.


 A Calais, un important dispositif policier (CRS et de gendarmes mobiles) a été mis en place devant le terminal SeaFrance, bouclé "pour éviter un blocage total du port et des débordements de salariés de SeaFrance, qui pourraient générer des troubles importants à l'ordre public", a indiqué une source policière.
 "Au tribunal de commerce, des menaces de couler les navires ont été proférées", a expliqué à l'AFP Vincent Launay, directeur général adjoint de SeaFrance. "Quand
on travaille dans le milieu maritime (...) on est obligé de prendre au sérieux de telles menaces".

Mercredi : reprise ou liquidation ?


 "Les marins ne vont pas casser leur entreprise, leurs bateaux alors qu'ils ont présenté un projet de Scop", qui permettrait aux salariés de reprendre le groupe, lourdement déficitaire, avait affirmé mardi matin M. Humetz, en jugeant "inadmissible" l'arrêt du trafic.
 Le tribunal de commerce de Paris doit annoncer mercredi quel projet il a retenu pour SeaFrance, qui emploie 880 personnes en CDI et jusqu'à 220 CDD selon les saisons:
une liquidation avec ou sans poursuite de l'activité, ou alors une reprise, par les salariés ou une société privée.
 "Chacun de ces choix aura des conséquences très lourdes pour le personnel et pour
l'entreprise", a prévenu SeaFrance, qui connaît des difficultés en raison de la concurrence du tunnel sous la Manche et de la baisse de l'activité de transport de fret dans le détroit avec la crise.


 L'interruption préventive du trafic est une nouvelle illustration du manque de confiance entre direction et syndicats de SeaFrance, où le dialogue social est grippé depuis plusieurs années.
 "Il n'y a plus aucun dialogue entre la CFDT et la direction" et cela depuis... 2009, année de la première grève des salariés, reconnaît M. Humetz. En 2010, le trafic avait été paralysé par la grève pendant au moins neuf jours.
 Le tribunal de commerce avait examiné le 25 octobre les deux offres encore en lice pour sauver la société, qui a enregistré en 2010 une perte nette de 240 millions d'euros et où 725 emplois ont déjà été supprimés.
 La première offre de reprise étudiée par le tribunal associe Louis Dreyfus Armateurs
(LDA) au groupe de ferries danois DFDS. Elle prévoit de garder 460 emplois et trois
navires.
 La seconde est un projet de Scop (Société coopérative et participative) présenté par la CFDT, syndicat majoritaire de l'entreprise, qui prévoit de conserver l'intégralité des 880 emplois.
 L'offre de la direction de SeaFrance, qui prévoyait une recapitalisation à hauteur de 160 millions d'euros via notamment un prêt de la SNCF, a été retoquée par la Commission européenne, qui l'a jugée contraire aux règles de la concurrence. Elle ne figure donc plus dans les options présentées au tribunal de commerce.

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