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“Jeux d'influence”, une nouvelle série tournée dans le Nord à partir de ce jeudi soir sur Arte

Arte diffuse à partir de ce jeudi "Jeux d'influence", une série politique tournée dans le Nord.

Par EM avec AFP

Glyphosate, corruption, maladie, procès, politique... Tels sont les ingrédients que l'on peut retrouver dans la nouvelle série diffusée à partir de ce jeudi soir sur Arte. Elle s'intitule "Jeux d'influence". 

En voici le pitch : "Le directeur marketing d’une grande entrerpise de l’agrochimie est découvert noyé dans la Seine. Un député et son assistant parlementaire bataillent pour l’interdiction d’un pesticide toxique. Un agriculteur porte plainte contre la multinationale qu’il accuse d’être à l’origine de la terrible maladie qui le frappe…"

Les six épisodes de 52 minutes ont été tournés début 2018 dans le Nord à Lille, Roubaix et Villeneuve-d’Ascq notamment. Le tout avec le soutien de Pictanovo, la structure régioanle d'aide à la production audiovisuelle.

Déjà disponible sur le site d'Arte, la série arrive sur les écrans peu après des révélations sur le fichage d'élus et journalistes pour le compte de Monsanto, la firme américaine qui produit le glyphosate. 

"Jeux d'influence" est écrite et réalisée par Jean-Xavier de Lestrade (3x Manon, The Staircase, Un coupable idéal). Au casting, on retrouve Laurent Stocker de la Comédie française qui joue le député engagé, le metteur en scène Jean-François Sivadier interprète un lobbyiste glaçant, Alix Poisson ("Parents mode d'emploi", "Les Revenants") une journaliste au jeu trouble. 
 
Jeux d'influence : Rencontre avec Alix Poisson et Pierre Perrier

La série "est à la fois un divertissement et un outil formidable pour raconter des histoires qui soulèvent des questions essentielles au fonctionnement de notre société et permettent le débat", souligne de son côté le producteur Matthieu Belghiti. 


"Puissance financière extraordinaire"

Quand Jean-Xavier de Lestrade commence à s'intéresser au sujet en 2013, c'est parce que son père, agriculteur, lui a parlé de Paul François, ce céréalier qui a obtenu la condamnation de Monsanto par la justice française après son intoxication en 2004 par un désherbant de la société. 

Le journaliste raconte avoir grandi dans une ferme, "avec les pesticides", à une époque où ils étaient vus comme "un miracle qui améliorait le rendement". Depuis qu'il s'est lancé dans le projet avec le scénariste Antoine Lacomblez, il a mené avec son équipe un marathon d'entretiens avec des députés, des attachés parlementaires, des journalistes et, "au bout de la chaîne, quelques lobbyistes, qui rechignent à raconter leurs méthodes". 


"Le public peut donner du crédit à cette fiction! Sur les méthodes, et la manière dont ça se passe, on est tout à fait justes", assure Jean-Xavier de Lestrade. "Mais dans la série, il y a un mort. Et on n'a pas d'exemple concret où l'on pourrait clairement prouver que quelqu'un a été assassiné, même si des personnes ont été détruites psychologiquement". 
Le personnage du député joue un rôle particulièrement positif dans la série, à une époque où les élites politiques nagent en pleine défiance. 

"Le spectacle politique quotidien est affligeant mais il y a aussi des gens qui travaillent énormément pour leurs concitoyens", souligne Jean-Xavier de Lestrade. Face à "des empires à la puissance financière extraordinaire", le pouvoir politique "essaie de travailler mais, sans soutien citoyen, c'est impossible", poursuit-il.  Début juin, les députés ont ajouté à leur règlement la publication obligatoire de tous les cadeaux ou invitations d'une valeur supérieure à 150 euros qu'ils reçoivent.  Des limites encore jugées toutefois insuffisantes par des associations et certains parlementaires. 

 

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