La justice belge se penche sur la mort suspecte d'un homme d'affaires à Moscou

Publié le Mis à jour le
Écrit par Q.V avec AFP

Bruno Charles de Cooman était l'un des vice-présidents du groupe sidérurgiste russe NLMK.

La justice belge a ouvert une enquête sur le décès, survenu fin août à Moscou, de Bruno Charles De Cooman, vice-président pour la recherche et le développement du sidérurgiste russe Novolipetsk Steel (NLMK).

Le dirigeant avait été retrouvé au pied de son immeuble dans la capitale russe et la justice belge veut notamment auditionner son chauffeur, témoin de la chute mortelle. 

"Le chauffeur est belge. Ça nous semble logique qu'on fasse entendre le chauffeur quand il rentrera à la maison", a affirmé Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral, sans être en mesure de donner une date.
 
Il a expliqué que le parquet fédéral avait ouvert une enquête comme c'est l'habitude en cas de "mort violente" d'un ressortissant belge à l'étranger.

 

Coopération avec la police russe


"On va prendre contact avec les enquêteurs russes, on a un protocole avec le parquet de Moscou", a poursuivi M. Van Der Sypt.

Bruno Charles De Cooman, ancien professeur d'université à Gand puis en Corée du Sud, était depuis 2017 un des vice-présidents de NLMK, en charge de la Recherche-développement.

Il a été retrouvé mort le 29 août à la mi-journée au pied de l'immeuble historique dans lequel il vivait dans le centre de Moscou, non loin du Kremlin.

 

Suicide ou guet-apens ?


En Russie, la thèse du suicide est pour l'instant "la version privilégiée" des enquêteurs, selon l'agence de presse officielle TASS. D'après la police russe, le corps présentait les marques d'une chute d'une grande hauteur et aucune trace de lutte n'a été découverte dans l'appartement.

En Belgique, la famille de l'homme d'affaires ne veut pas croire au suicide et a réclamé l'audition par les enquêteurs belges de son chauffeur, qu'elle présente comme un témoin clé du drame, susceptible d'invalider cette hypothèse. 

 

Le chauffeur, témoin-clé


En repassant par son domicile à l'improviste en pleine journée, le dirigeant "a dit à son chauffeur de l'attendre cinq minutes" en bas, a expliqué son frère, Pierre De Cooman, à des médias flamands.

"Quelques instants plus tard, il est tombé de sa fenêtre du neuvième niveau. Le chauffeur a vu Bruno tomber", a-t-il ajouté. C'est ce que le chauffeur a expliqué également aux enquêteurs à Moscou, selon des médias russes.
 

Je veux connaître la vérité et ça c'est dans les mains de Poutine


La mère du défunt s'est dite de son côté convaincue que son fils était attendu par plusieurs individus en haut. "Ils l'ont assommé et l'ont jeté par la fenêtre", a affirmé Marie-Madeleine Meunier à la chaîne flamande VTM.

"Je veux connaître la vérité et ça c'est dans les mains de Poutine", a-t-elle ajouté en allusion au président russe Vladimir Poutine.

NLMK, qui appartient à Vladimir Lissine, l'un des plus hommes les plus riches de Russie selon le magazine Forbes, emploie près de 2.500 personnes en Europe, dont un millier en Belgique.
 
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