Lille : nouvelle plainte après la mort de Brahim Moussa, tué par un policier

Brahim Moussa est décédé des suites du tir d'un policier au 222 rue Solférino, à Lille. / © GOOGLE
Brahim Moussa est décédé des suites du tir d'un policier au 222 rue Solférino, à Lille. / © GOOGLE

Les avocats de la famille de Brahim Moussa, mort le 31 décembre 2018 après avoir été touché par un tir de policier à Lille, ont annoncé ce mardi 15 octobre, le dépôt d'une nouvelle plainte, déplorant "le caractère figé' de l'information judiciaire ouverte en janvier. 
 

Par AFP

Dénonçant le "caractère figé" de l'information judiciaire ouverte en janvier suite à la mort de Brahim Moussa, les avocats de la famille ont à nouveau porté plainte ce mardi 15 octobre. 

Le jeune homme de 24 ans est mort dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, des suites des blessures causées un mois plus tôt par un tir de la police lors d'une intervention de la Brigade anti-criminalité (BAC)
 

Une information judiciaire ouverte en "recherche des causes de la mort" depuis janvier


Les avocats de la famille de Brahim Moussa, Me Abderrahmane Hammouch, Me Benoît Cousin et Me Alice Cohen-Sabban, avaient déposé plainte contre X mi-janvier pour violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner par agent dépositaire de l'autorité publique. Le parquet de Lille avait annoncé fin janvier l'ouverture d'une information judiciaire en "recherche des causes de la mort". 
 


Dans ce cadre, les avocats ont notamment sollicité la réalisation d'une reconstitution des faits, une expertise balistique, ainsi que plusieurs auditions des proches de la victime. Mais "près de dix mois après la commission des faits, aucun des actes sollicités n'a été réalisé", déplorent les avocats dans leur plainte, dont l'AFP a obtenu copie, confirmant une information de la Voix du Nord. 
 

"En neuf mois, aucun interrogatoire ni mise en examen"


"La famille ne comprend pas que depuis neuf mois, il n'y a pas eu d'interrogatoire ni de mise en examen", a expliqué Abderrahmane Hammouch auprès de l'AFP. "Elle peut légitimement avoir des interrogations sur la façon dont ce dossier est pris au sérieux."

Estimant que leur première plainte "n'a été suivie d'aucune poursuite de la part du Parquet de Lille", les avocats s'estiment "fondés à déposer plainte avec constitution de partie civile contre X". 

Dans cette nouvelle plainte, ils pointent le "caractère restreint" des actes d'investigation contenus dans le dossier, selon eux uniquement constitué de l'audition, par l'IGPN, d'un officier de police, et dans laquelle ils pointent une "contradiction majeure". 
 

"On sait très bien de quoi Brahim Moussa est mort et qui est le tireur"


Selon eux, l'officier a expliqué avoir fait feu en voyant le véhicule de la victime "venir dans sa direction", alors que l'autopsie réalisée sur la victime mentionne que le point d'entrée de l'ogive "s'est fait par la droite, par un tireur situé au-dessus de sa victime". 

"L'information judiciaire est toujours ouverte sur recherche des causes de la mort, or on sait très bien de quoi Brahim Moussa est mort et qui est le tireur", a soulevé Me Hammouch. 

Sollicité, le parquet de Lille n'était pas joignable dans l'immédiat. 

 

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