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Mal classée mais distinguée, Lille 1 retrouve sa place au classement de Shangai

Certes en queue de peloton, l’université de sciences et technologies Lille 1 figure cependant de nouveau au palmarès des meilleures universités de la planète.
L'université Lille 1 figure au classement de Shangai - Photo d'illustration
L'université Lille 1 figure au classement de Shangai - Photo d'illustration © MAXPPP
Depuis sa première parution en 2003 sur le site de l'université Jiao Tong de Shanghai, c’est le palmarès de référence.

Officiellement appelé "classement académique international des universités", le classement de Shangai distingue chaque année un top 500 des meilleures universités du monde.

Secondairement, il établit aussi un classement de la 500ème à la 800ème place : c’est là qu’on retrouve Lille 1, coincée entre la 701ème et la 800ème sans qu’on puisse en savoir plus.

Après le top 500, le classement ne distingue plus les universités rang par rang mais par groupe de 99 places.
Après le top 500, le classement ne distingue plus les universités rang par rang mais par groupe de 99 places. © France 3 Hauts-de-France


En 2012 déjà, elle avait figuré dans le classement par thématiques : elle apparaissait alors dans le top 200 en mathématiques. En 2007, elle affleurait le si convoité top 500.

Un classement souvent chahuté


Scruté, ce classement est pourtant régulièrement critiqué, notamment pour les critères qui servent à départager les universités.

"Quel crédit faut-il accorder à ce classement ? Est-il un instrument pertinent et fiable permettant de répondre à la question de savoir quelle est la meilleure université au monde ?"  se demandent en 2010 Daniel Bouyssou, de l’université Paris-Dauphine et deux autres chercheurs.

Six critères servent à classer les universités :

© France 3 Hauts-de-France

Cette base de calcul pose un certain nombre de problèmes. D’abord, la définition qui est donnée d’une université.

"En France, se côtoient des universités publiques, des grandes écoles et des instituts de recherche. Ces institutions ne fonctionnent pas de la même façon, elles n'ont pas les mêmes objectifs et ne sont pas soumises aux même contraintes en termes de budget ou de gouvernance." relève Daniel Bouyssou dans sa publication.

Résultat : le classement, pendant une période, reconnaissait le Collège de France comme une institution universitaire, alors qu’il n’a pas d’élèves et ne délivre pas de diplôme.

Ensuite, les données sont récoltées par internet, et ne sont jamais rendues publiques. Une université qui référence mal ses articles peut donc par exemple en être pénalisée, sans même le savoir.

Parmi les autres critiques, pêle-mêle : les sciences humaines et sociales y sont méprisées, la pédagogie et l’accompagnement des étudiants ne sont pas pris en compte, les points attribuées en cas de Prix Nobel sont donnés à l’université actuelle du lauréat, quand sa découverte a pu se faire des années auparavant dans une autre université…

Un avantage pour recruter


Alors quel intérêt de de figurer dans ce classement ? Attirer les talents venus de l’étranger, selon un article paru dans Le Monde.

S’il est rare en France de se fier à un classement pour choisir son université, aux Etats-Unis par exemple "les étudiants sont habitués à les consulter pour choisir leur établissement dans un marché très concurrentiel", selon Ghislaine Filliatreau, déléguée à l’intégrité scientifique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et citée dans l’article.

Et ce qui fonctionne avec les étudiants fonctionne aussi avec les enseignants-chercheurs : figurer dans le classement de Shangai donnerait un avantage au moment du recrutement.

Pour les universités lilloises, des paramètres en changement


Lille 1 piètrement classée, Lille 2 et Lille 3 jamais distingués, les universités lilloises sortent les rames face aux grosses structures qui voguent en tête de classement.

Mais deux changements majeurs à venir pourraient peut-être augmenter leurs chances. C’est, d’abord, la fusion des universités, votée en mars et qui sera effective en 2018.


Si le dossier est plus controversé que quand on l'aborde dans un épisode de Dragon Ball Z, il créera tout de même le deuxième plus important complexe universitaire de France, avec 72 000 étudiants. Avoir une meilleure visibilité internationale était d’ailleurs un des objectifs avoués de la nouvelle "Université de Lille".

Par ailleurs, en février, la Communauté d'universités et d'établissements de Lille, frémissement de l’alliance entre les universités, a été récompensée en février dernier du label I-site.


I-Site est l’acronyme de  "Initiatives Science – Innovation –Territoires – Economie". Décerné par le ministère de l’Education Nationale, ce label a pour but de sélectionner et d’aider des universités qui valorisent des thématiques scientifiques reconnues à l’international.

Cette distinction est synonyme de financements supplémentaires : en tout, 500 millions d'euros seront attribués au projet, à raison de 15 millions d'euros par an. 

Autant de changements qui pourraient devenir un coup de pouce pour le fameux classement de Shangai. 


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