Migrants de Calais: Xavier Bertrand partisan d'une réponse judiciaire plus forte

Au lendemain d'un week-end de tensions à Calais, épicentre de la question migratoire en France, les responsables politiques locaux dont le nouveau président de Région ont exigé lundi une réponse ferme de l'État et de la justice.

Xavier Bertrand échange avec un syndicaliste de la compagnie de ferry P&O, aux côtés de la maire de Calais Natacha Bouchart (Les Républicains), le 25 janvier 2016.
Xavier Bertrand échange avec un syndicaliste de la compagnie de ferry P&O, aux côtés de la maire de Calais Natacha Bouchart (Les Républicains), le 25 janvier 2016. © Denis Charlet / AFP
Celle-ci se penchait au même moment à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), à moins de 40 km de là, sur le cas de six migrants et deux militants No Border qui se sont infiltrés sur un ferry après l'invasion du port de Calais (Pas-de-Calais) samedi.
 
Xavier Bertrand (Les Républicains), tout nouveau président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, s’est exprimé au sortir d'une "réunion de crise" à Calais avec la maire de la ville portuaire Natacha Bouchart, également vice-présidente de l'exécutif régional, et le patron du port Jean-Marc Puissesseau.
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Réunion de crise à Calais ©France 3 Nord Pas-de-Calais
"Il faut la tenue d'un conseil ministériel ou interministériel pour se rendre compte de la souffrance et de tout ce qui se passe à Calais", a lancé X. Bertrand, lors d'une conférence de presse devant le terminal voyageur du port.

Il a également invité le président de la République à "venir sur place, pas pour qu'on aille lui expliquer, pour qu'il se rende compte, qu'il entende les responsables économiques, qu'il entende la population de Calais", qui vit un "drame terrible sur tous les plans: humanitaire, économique et social".

Des tensions au port de Calais tout le week-end

Samedi, 2.000 personnes étaient venues "exprimer leur solidarité" avec les migrants et exiger "des conditions d'accueil dignes". C'est à l'issue de cette action que, évènement exceptionnel, 50 d'entre eux se sont introduits illégalement à bord du ferry de la compagnie britannique P & O, "Spirit of Britain", qu'ils ont bloqué durant trois heures avant d'être délogés dans le calme par la police.


Le procès en comparution immédiate de six d'entre eux et de deux militants du collectif No Border a débuté lundi après-midi à Boulogne-sur-Mer. Tous sont poursuivis pour "infraction au code des transports" et risquent une amende de 3.750 euros et six mois de prison. L'audience au fond pourrait toutefois être renvoyée: quatre prévenus ont demandé un délai supplémentaire pour préparer leur défense et le procureur Jean-Pierre Valensi a lui aussi également demandé un délai.

L’armée en renfort autour du camp de la « jungle »

En écho à ces tensions, Xavier Bertrand s'est déclaré lundi partisan d'une réponse judiciaire plus forte: "Tant qu'il n'y aura pas de peines beaucoup plus lourdes, il n'y aura pas d'aspect dissuasif", a-t-il expliqué, réitérant sa volonté de voir l'armée effectuer "de la dissuasion et de la prévention" autour du camp de la "Jungle".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait réaffirmé dimanche de son côté la "détermination totale du gouvernement à assurer l'ordre public à Calais".

Mais selon Xavier Bertrand, une solution ne pourra être trouvée aussi que "si les Anglais prennent leur part de responsabilité". Selon lui, les accords de 2003 du Touquet (instituant la frontière avec la Grande-Bretagne à Calais, ndlr) étaient "obsolètes et dépassés".
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