Municipales dans le Nord et le Pas-de-Calais : quatre choses à retenir du 2nd tour

Abstention, Aubry, stabilité et RN : on fait le point sur le 2nd tour des élections municipales dans le Nord et le Pas-de-Calais.

© F.GILTAY

1. Une abstention record

On pensait avoir vu le fond au 1e tour le 15 mars dernier. Mais l'abstention a encore augmenté ce dimanche pour le 2nd tour. Et le cornavirus ne peut expliquer à lui seule cette désaffection massive. Un peu plus de 50% de participation dans le Pas-de-Calais, moins de 40% dans le Nord.

Tous les résultats qui suivent sont donc aussi à regarder à l'aune de cette donnée majeure : de nombreux maires ont été élus par 10 à 20% des électeurs inscrits dans leur ville.

2. Les Verts ne gagnent pas Lille


Un 4e mandat arraché sur le fil : Martine Aubry rempile à Lille pour 227 voix devant l'écologiste Stéphane Baly. , événement majeur dans les Hauts-de-France où le RN a aussi légèrement renforcé son implantation dans l'ex-bassin minier en conquérant Bruay-la-Buissière.
   
Face au conseiller municipal de sa propre majorité, Mme Aubry, donnée perdante dans les premières estimations, a longtemps tremblé dans un coude-à-coude qui a laissé loin derrière la macroniste Violette Spillebout, son ex-directrice de cabinet (20,59%). Les derniers bureaux de vote, notamment ceux de la commune associée de Lomme, ont finalement donné l'avantage à l'ancienne ministre emblématique de la gauche plurielle. Elle l'emporte avec un peu moins de 40% des suffrages - soit une différence infime de 227 voix - sur fond d'abstention record. 
 
A 69 ans, Mme Aubry dit aussi avoir "entendu le message" sur "la nécessité de la transition écologique", que son adversaire a ainsi traduit : "Le vent du changement a soufflé, il est puissant, il ne s'arrêtera pas". 

3. Une nouvelle ville pour le RN : Bruay-la-Buissière

Pas de poussée RN majeure dans le Nord et le Pas-de-Calais. Mais un événement majeur : le parti de Marine Le Pen dirige désormais une deuxième ville dans le Pas-de-Calais : Bruay-la-Buissière. Le jeune député et conseiller régional Ludovic Pajot (26 ans) s'empare de Bruay-la-Buissière
(22.000 habitants). La gauche s'était lancée dans la bataille en ordre dispersé, le RN finit avec 52% des voix. 

Après Hénin-Beaumont, où Steeve Briois, élu depuis 2014, avait été reconduit triomphalement le 15 mars (74,3%), le RN espérait un triplé dans cette région. Mais Marles-les-Mines (5.600 habitants) reste à gauche (47,37%), malgré sa désunion, alors que le parti de Marine Le Pen (45,13%) avait
bénéficié du ralliement d'une liste apolitique ayant recueilli 14,4% au premier tour. 

4. Beaucoup de stabilité

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, on votait ce dimanche dans 246 communes sur 1538. De nombreux sortants ont été réélus, signes d'une certaine stabilité locale, déjà observée au 1er tour où de nombreux maires d egrandes villes avaient été réélus (Calais, Dunkerque, Valenciennes...)

A Roubaix, très largement en tête au premier tour (41,9%) devant une gauche en ordre dispersé, Guillaume Delbar (DVD) l'a emporté au second, mais dans des proportions plus fines, avec 56,21%, face à Karim Amrouni. Le divers gauche Gérard Caudron, maire de 1977 à 2001, puis de 2008 à 2020, rempile à Villeneuve-d'Ascq avec 51,09% lors d'une triangulaire. 7ème mandat. Même stabilité à Douai, Armentières... Au Touquet, Daniel Fasquelle a réussi à reprendre son fauteuil de maire. A noter tout de même, quelques changements de majorité. A Seclin, la ville, communiste depuis 90 ans, est reportée par le Divers droite François-Xavier Cadart. A Bailleul, le maire sortant a été renversé par la liste Divers gauche menée par Anthony Gautier et à Lambersart, la majorité sortante a été battue par un candidat Divers Centre. A Hautmont, le fils Wilmotte succède au père. Marly passe à droite après le décès de son maire communiste Fabien Thiémé.   
    
 
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