Près de Cambrai, un EHPAD teste des protections connectées pour mieux savoir quand changer ses résidents

Photo d'illustration. / © MAXPPP
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Cet établissement basé près de Cambrai est le premier en France à les tester.

Par Quentin Vasseur

C'est une première en France. Le domaine des Edelweiss à Neuville-Saint-Rémy, près de Cambrai (Nord), teste depuis le 1er juin des protections connectées pour une partie de ses patients, qui souffrent d'incontinence.

"Ce n'est pas forcément un sujet sexy" concède Frédéric Van Herwegen, directeur de l'établissement qui compte près de 80 résidents. "Les personnes arrivées en EHPAD ont généralement plus de 85 ans", parmi lesquelles environ la moitié est concernée par ce problème.

 

Premier test en France


"C'est une société danoise qui a développé le change connecté", actuellement testé en Europe du Nord, aux États-Unis... et désormais dans le Cambrésis... "Notre fournisseur, avec lequel on collabore depuis dix ans, nous a proposé de les tester." Dix patients sont pour l'heure concernés, mais "le but n'est pas de les généraliser"

Ces protections – dans le milieu médical on préfère ce terme à celui de "couches" – coûtent "à peu près 25% plus cher" que les protections ordinaires, mais ne sont "pas du tout utiles pour tout le monde".

Elles s'appliquent à ceux qui ne peuvent pas forcément alerter le personnel de leur état, et sont particulièrement utiles pour les personnes qu'il est difficile de changer, soit parce qu'elles sont récalcitrantes, soit parce qu'elles sont difficiles à manipuler du fait de leur morphologie, soit parce que ce sont des personnes en fin de vie. "On ne veut pas être geek pour être geek, il faut vraiment que ça ait du sens".

Comment fonctionnent-elles ? "Une application va indiquer aux aidants l'état de chacune des protections, avec différents niveaux d'alerte" indique Frédéric Van Herwegen. Vert, si tout est en l'ordre, orange si la protection est humide et rouge si elle saturée, auquel cas les aidants doivent changer la personne dès qu'ils le peuvent.
 
© ABENA-NOVA
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"Faire le bon geste au bon moment"


"Cela permet, pour les personnes, de faire le bon geste au bon moment, d'éviter les gestes inutiles. On ne gagne pas forcément du temps, mais on gagne en efficacité." Il cite en exemple le cas des résidents qui sont récalcitrants lorsqu'il faut les changer, et que les aidants dont ils sont dépendants doivent les changer.

"Plutôt que de les solliciter plusieurs fois dans la journée" et de se voir envoyer paître – "ce qui n'est pas sain pour les deux" – "les capteurs permettent de savoir à quel moment la situation devient critique. Ça permet d'attendre le dernier moment et de leur dire : 'Désolé, on sait que ce n'est pas agréable pour vous, mais il faut le faire'.

 

Des retours positifs


Les résidents ont fait peu de retours, mais ceux des aidants sont positifs... tout comme ceux de certaines familles qui constatent une meilleur hygiène chez leurs proches d'ordinaire opposés aux changes.

Plusieurs autres EHPAD se sont montrés "curieux ou intéressés", jeudi 19 septembre, au cours d'une réunion destinée à faire part de leur expérience.

Et côté high-tech, Frédéric Van Herwegen a un autre projet, "en collaboration avec l'ARS des Hauts-de-France", pour mettre en place la télémédecine et la téléconsultation à l'intérieur de l'établissement. Et de rappeler que "les EHPAD sont des établissements de vie où l'on soigne, pas des établissements de soin où l'on vit".
 

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